Un Conseiller Général FN élu : Tempête dans un dé à coudre ou Tsunami en préparation ?

imagesL’arrivée nettement en tête du candidat du FN au 1er tour de l’élection cantonale de Brignoles dans le Var a déclenché une vague de commentaires. Mais comme le disait une électrice, son élection au second tour ne serait pas la fin du monde. Le bon sens, en effet, doit nous rappeler qu’il s’agit d’une élection locale partielle, que le candidat n’a réuni que 2717 voix soit des chiffres comparables aux résultats précédents, et notamment lorsque le candidat FN avait été élu, avant invalidation, l’année dernière. S’il y avait un Conseiller Général représentant un parti qui obtient entre 15% et 20% des voix dans le pays, cela ne serait que justice. Comme rien dans les déclarations et le comportement du candidat ou des responsables de ce mouvement ne suggère la moindre envie de remettre en cause les institutions républicaines, le prétendu « front républicain » qu’appelle la gauche et que s’empresse d’accueillir l’UMP, alors même que ses chefs y renoncent, risque d’agacer les électeurs. Je doute de l’empressement de ceux de gauche d’obéir à des consignes de partis dont l’inefficacité au service du pays et les rivalités au sommet ont depuis un an douché l’enthousiasme. La mobilisation de la droite modérée et du centre dont les états-majors sont ravagés par le choc des ambitions et le calcul des carrières ne me paraît pas non plus très probable. L’abstention, considérable, à 67,6% dit assez combien les Français sont las, fatigués d’une « droite » qui pendant 10 ans n’a pas eu le courage de procéder aux réformes nécessaires et d’une gauche, qui, comme d’habitude, les envoie dans le mur. L’alliance consternante de la gauche et de la prétendue droite, alors qu’elles n’ont aucune idée en commun, sauf celle de garder ou de conquérir le pouvoir, accrédite le slogan du Front National de  » l’UMPS ».

Evènement microscopique que les médias, toujours très mobilisés par la montée d’une « extrême-droite » qui a obtenu avec ses deux candidats près de 50% des voix, surexposent de façon outrancière ? Premier souffle d’un vent capable d’abattre le système actuel des partis ? Cela dépend pour  une grande part du parti de Marine Le PEN. Manifestement, il fait moins peur, devient plus fréquentable comme l’a avoué ce pauvre François Fillon qui donne l’impression de ne plus trop savoir où il en est. Mais l’a-t-il jamais su ? Intelligemment, la Présidente du FN récuse l’étiquette d’extrémisme, et certaines de ses propositions ne sont d’ailleurs plus de « droite ». « Ni gauche, ni droite, la France »rappelle même le discours gaulliste, et les références historiques ou les soupçons de duplicité manquent de plus en plus leur cible. Pour le moment, les électeurs restent attachés à leur famille et se contentent de déserter les urnes pour exprimer leur insatisfaction. Ce processus peut mécaniquement favoriser l’un des deux grands partis sans que la démocratie y trouve son compte. En revanche, si le FN après avoir été dédiabolisé, parvient à construire une crédibilité, à susciter chez les électeurs, le sentiment d’une aptitude à exercer le pouvoir, alors le paysage politique français pourrait être bouleversé.

Les Français connaissent majoritairement un double sentiment : celui du déclin de leur pays et de l’impuissance des politiciens à y remédier. De toutes parts montent les difficultés et les menaces : le ras-le-bol fiscal, l’emploi en berne, la baisse inédite du pouvoir d’achat, les problèmes de logement, la montée de la délinquance, l’absence de maîtrise de l’immigration. L’alternance a aggravé une situation déjà mauvaise auparavant : 30 Milliards d’impôts en plus, avant, 30, après ! Un chômage qui monte encore, à peine masqué par la création d’emplois artificiels financés par l’argent public. Les Français doivent attendre la fin du mois de Juillet pour être libérés fiscalement : un record ! Et l’Etat qui coûte si cher est incapable de les protéger : qu’un commando de « Moldaves et de Roumains » puisse attaquer en plein jour une bijouterie de la rue de la Paix est hallucinant. Les faits se déroulent à deux pas du Ministère de la Justice : quel symbole ! Ce n’est pas très loin ni de l’Elysée, ni du Ministère de l’Intérieur. Si Pasqua voulait terroriser les terroristes, le locataire actuel, en haut des sondages pour quelques vérités, ne fait vraiment pas peur aux voleurs  et n’empêche guère les délinquants originaires de l’Est de l’Europe d’être présents sur le territoire ! Certes, le vol de montres de luxe touche peu les Français, mais on imagine facilement le degré de protection dont ils jouissent dans les quartiers sensibles lorsque l’Etat ne parvient pas à faire respecter sa loi au centre de la capitale. L’alternance inutile, le remplacement d’un discours nuisible par un discours fallacieux, d’une action désastreuse par une action à peine meilleure peuvent-ils susciter un élan chez les Français ? Chirac et Sarkozy les ont déçus. Hollande les désespère. Il faut aujourd’hui qu’il y ait un sursaut : Mme Le PEN peut-elle l’incarner ou tout au moins y contribuer ? C’est toute la question et c’est à elle d’y répondre.

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5 commentaires

  1. kerneilla - 8 octobre 2013 13 h 28 min

    le désespoir des peuples favorise les extrêmes, mais pas pour leur bonheur…Néanmoins, une alternative à la Droite et à la Gauche actuelles seraient la bienvenue, si Mme le Pen rendait son parti plus fréquentable : fin des débordements, acquisition de compétences, réalisme, courage, bon sens…et un peu moins d’esprit partisan de la part des médias, et des gauchistes de tt poil: enseignants, syndicats… qui devraient se recentrer sur leur missions respectives.

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    • kerneilla - 8 octobre 2013 16 h 33 min

      …mais nous en sommes encore très loin !
      Il vaudrait sans doute mieux que la Droite classique retrouve ses valeurs et ait le courage de les mettre en pratique ((elle s’est trop laissée séduire par le « politiquement correct » omniprésent…
      Mais tant qu’elle ne fera que se se chamailler pour ses postes au lieu de construire un programme et de fédérer des compétences, elle ira droit dans le mur , malgré la nullité,l’obsolescence et l’idéologie destructrice de notre civilisation de la Gauche en place.

      La Droite devra peut être faire sortir de l’ombre des hommes nouveaux plus intéressés par le Bien Commun que par leur carrière

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  2. Thibault Loosveld - 8 octobre 2013 20 h 33 min

     » Il faut aujourd’hui qu’il y ait un sursaut : Mme Le PEN peut-elle l’incarner ou tout au moins y contribuer ? C’est toute la question et c’est à elle d’y répondre.  »

    Nicolas Sarkozy, en refusant de mettre en œuvre le référendum d’initiative populaire, a laissé en place un obstacle empêchant sa réélection en la personne du président du conseil constitutionnel Jean-Louis Debré ce qui, au passage, rendait aussi impossible l’élection de Marine Le Pen à l’Assemblée Nationale…
    Il faut alors que les Français se posent cette question simple: pour arriver au pouvoir le 22 avril 2012, qui, du PS ou du FN, s’était servi de l’autre ?

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  3. DECLERCQ RENE - 9 octobre 2013 11 h 09 min

    Si Marine Le Pen était un peu plus intelligente. Elle aurai laisser le Candidat sortant, au lieu de parachuter un Parisien. Le sortant ( enfant du pays ) a rejoins le PDF, et a fait prés de 10% . Si elle l’avait laissé comme Canddat. Peut être il y aurait un Conseiller Général.

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  4. Vincent - 13 octobre 2013 19 h 58 min

    Si cette élection cantonale partielle est un micro phénomène elle n’en est pas moins un très bon indicateur des comportements électoraux à venir, considérant le traitement médiatique réserve au FN, et de la mort du front républicain.
    En ce qui concerne le sort du candidat sortant cela démontre, s’il en était besoin, que le FN n’est pas un parti comme les autres et qu’il ne se contente pas ‘Seulement’ de stratégie électoraliste.
    Enfin ce résultat démontre tout de même que le FN est le seul aujourd’hui à pouvoir remporter une élection au scrutin majoritaire SEUL contre TOUS. Enfin le réveil français !

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