DE GAULLE ET LE 8 MAI.

images (62)Pour un Français, le 8 Mai marque la fin d’un cauchemar national, celui de l’Occupation et de la Collaboration. Ce jour-là, le nazisme était vaincu, et avec lui une forme de totalitarisme doublement inhumaine par son mépris de la Raison et par les millions de vies sacrifiées à une idéologie absurde. Cette victoire fut obtenue par le courage britannique, la puissance américaine et l’alliance indispensable avec l’autre totalitarisme tout aussi inhumain, bien qu’apparemment moins irrationnel, du communisme. Cette demi-victoire de la liberté devait laisser la moitié de l’Europe derrière le « Rideau de Fer » pendant 45 ans, et plonger le monde dans la guerre froide des blocs, et les multiples conflits chauds qu’elle a entraînés.

Pour un Gaulliste, le mot de ce jour a été prononcé par Keitel : « Quoi . Les Français aussi ? » Malgré la plus humiliante défaite de son histoire, la France à travers la personne du Général De Lattre de Tassigny, était présente lors de la capitulation allemande. Un seul homme avait rendu possible cette résurrection du pays : le Général De Gaulle. Quelles que soient les critiques à l’encontre de celui qui fut à la tête de l’Etat à la Libération, puis entre 1958 et 1969, aucun Français ne peut se soustraire à la reconnaissance envers celui qui sauva l’honneur de la Nation, et lui permit de retrouver la liberté dans la dignité. Le 8 Mai est le jour qui donne pleinement raison à son génie politique et militaire. Il avait été le premier à percevoir les possibilités stratégiques de l’arme blindée. En 1934, dans « Vers l’Armée de Métier », il avait clairement posé le problème de l’affrontement franco-allemand et lui avait apporté la solution. Deux pays aux coeurs exposés : Paris et la Ruhr. Le premier qui atteint le coeur de l’autre avec l’épée des divisions blindées l’emporte. A part Paul Reynaud, personne ne l’a entendu…en France. Le 18 Juin, c’est avec la même claivoyance qu’il pronostiqua la victoire des Alliés, qui ne l’étaient même pas encore, mais là le politique prit le pas sur le militaire. Non seulement, l’Allemagne va être submergée par la puissance technique, mais il y va de l’honneur de la France. Elle doit respecter sa parole envers son alliée britannique, et elle ne peut prétendre être la France en se soumettant dans des conditions aussi indignes. La suite, chacun la connaît : maintien d’une France Libre, d’abord fiction entretenue essentiellement par des patriotes de droite comme Rémy ou D’Estienne d’Orves, puis fusion avec une Résistance intérieure unifiée difficilement, ralliement des territoires, constitution d’une armée et participation à la Libération.  De Paris à Berchtesgaden, la France a mérité sa place à Berlin. Elle demeure une grande puissance qui siège en permanence au Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Le 8 Mai doit nous amener à réfléchir sur la qualité des hommes qui dirigent notre pays. Parce qu’il n’était pas un politicien, mais un professionnel, un militaire, armé d’une puissance intellectuelle et d’un amour de son pays exceptionnels, De Gaulle a eu raison contre le marécage qui a règné entre les deux guerres, et préparé le désastre de 1940 par son incompétence et la médiocrité de ses vues. C’est ce marécage qui a produit la collaboration, celle de Vichy et celle de Paris, Laval, l’opportuniste, allant de gauche à droite à mesure que son aisance personnelle s’amplifiait, les radicaux pacifistes, Bergery, Bousquet, Luchaire, le socialiste Déat, le communiste Doriot et tant d’autres qui ne songeaient qu’ à leurs carrières et à leur pouvoir quelles qu’en soient les conditions pour le Pays. Un Etat prétendument français a osé salir les mots de Travail, de Famille, de Patrie dans un pays occupé, condamné à travailler pour l’Allemagne et dont les familles étaient brisées par la captivité et la déportation. Soyons lucides : sans la guerre, il n’y aurait pas eu De Gaulle ni les hommes qu’il a entraînés dans son sillage.  Avant et après, une pente naturelle, qui semble propre à la douce France et aux Ors de la République, amène et ramène la médiocrité, y compris chez ceux qui se disent encore « gaullistes ». Il n’y a de redressement possible, de « Printemps » pour la France que par une réforme intellectuelle et morale de notre pays et de ses dirigeants. Renan l’avait souhaité après 1870, Marc Bloch, après 1940. Elle est plus que jamais nécessaire au lendemain d’un désastre économique et social d’une ampleur plus grande encore que ces deux étranges défaites d’un pays qui n’y était pas préparé et que ses chefs avait maintenu dans l’inconscience des périls. Cela s’appelle l’esprit de Résistance qui anime le Rassemblement Pour la France.

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4 commentaires

  1. Thibault Loosveld - 8 mai 2013 9 h 32 min

    Quel était, en mai 1940, la dernière discussion entre Charles de Gaulle et Philippe Pétain ?

    – l’ex ambassadeur de France en Espagne:  » Tiens, vous êtes Général ? Mais, ça ne compte pas: nous sommes en défaite.  »
    – le sous-secrétaire d’Etat à la Guerre:  » Mais, vous-même, Monsieur le Maréchal, vos première étoiles, ce fut pendant la retraite d’août 1914 et après il y eut la Marne ! « 

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  2. fbastiat - 8 mai 2013 13 h 25 min

    Très beau texte.
    Vous montrez bien que la médiocrité du personnel politique conduit au désastre.

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  3. johnDeuf - 8 mai 2016 20 h 36 min

    En tant que libéral, droite libérale, j’affirme que nous ne devons rien absolument rien à de Gaulle, sinon une guerre civile et la déchéance de la France. Vous semblez occulter que cette victoire ne fut obtenue qu’avec le concours de l’armée d’Afrique et en aucun cas avec celui des 15000 combattants de la France libre. Les Américains qui débarquèrent à Alger étant en nombre trop réduit il fut fait appel aux compétences du maréchal Juin et du général Giraud pour recréer et organiser l’armée d’Afrique qui leva en Algérie 160 000 français d’Algérie. Le général Giraud écarté par des manoeuvres politiciennes fut même l’objet d’une tentative d’assassinat, le crime ne profitant qu’à de Gaulle et sa bande.C’est grâce à l’apport indispensable de cette armée et aux résistants combattants que la France se retrouva présente lors de la capitulation allemande. Il ne faut pas oublier que si les Américains n’avaient pas ouvert ce second front avec les Anglais et l’armée d’Afrique, les soviétiques auraient demandé l’armistice.
    Quant à l’efficience de l’arme blindée elle n’existe pas sans la coupler avec l’aviation qui la protège ce que le général n’avait pas vu.
    On lui doit sa lâcheté face à l’épuration organisée par les communistes français contre les collabos et ceux qui ne l’étaient pas alors qu’il avait sous la main cette armée d’Afrique qu’il pouvait utiliser contre eux.
    On lui doit d’avoir par son inculture bradé à une mafia de criminels une partie du territoire national pensant l’échanger contre la place de chef des non alignés, se parjurant et livrant aux couteaux de ces individus immondes ceux des Français qui avaient été nos plus fidèles soutiens et permis d’épargner la vie de nombreux jeunes métropolitains du contingent qui baignaient dans la décadence et la mesquinerie qui a caractérisé notre pays après 1929.
    Le retour de cet individu et de son clan a permis la mise en place d’une constitution antidémocratique en même temps que le règne d’un bipartisme qui nous a ôté la liberté et détruit l’Etat de Droit.
    Ce dont nous avons besoin ce n’est pas de politicards comme ces individus mais d’une République libérale qui rétablisse l’Etat de Droit et remette l’Etat à sa place car il est avec l’Islam l’un des 2 problèmes qu’il faudra bien solutionner .
    Au lieu de réviser l’histoire comme le fait Hollande sur la colonisation, vous feriez mieux de créer une alliance libérale et recréer une droite libérale. Vous avez un créneau difficile certes mais Ô combien captivant;

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    • vanneste - 8 mai 2019 7 h 10 min

      Tout ce que vous dîtes n’est pas inexact, mais comme vous le savez, ce qui est excessif est insignifiant. Que la préservation de l’armée d’Afrique ait été essentielle est juste sur le plan militaire, mais symboliquement la France Libre avec la IIe DB de Koufra à Strasbourg en passant par Paris a été plus importante, car le symbole donne un sens à la politique. Sans l’Appel du 18 Juin, sans l’acharnement du Général à affirmer l’indépendance de la France face aux Anglo-saxons, l’armée d’Afrique n’aurait été qu’une force d’appoint des alliés, la France aurait connu ce qui était prévu, c’est-à-dire un régime d’occupation, et sans doute une prise de pouvoir des communistes dans le sud-ouest. Elle n’aurait pas signé la capitulation allemande et ne siégerait pas au Conseil de sécurité de l’ONU.

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