Mai 1968 ou le début de la fin !

40 ans déjà. Le 22 mars vient de passer et avec lui l’anniversaire de ces « évènements » qui marqueront pour les historiens l’une des étapes de l’effacement de notre pays. A l’un des slogans connus de l’époque « ce n’est qu’un début », l’écho de l’histoire répond aujourd’hui « oui, le début de la fin ». La fin de quoi ? La fin de l’intelligence française !

Le premier indice réside dans le rôle joué par ce journal du soir qui est si représentatif des erreurs arrogantes, de la bêtise prétentieuse, de la désinformation apparemment savante de nos chers intellectuels « de gauche », si l’on veut bien pardonner ce pléonasme.

En 1968, VIANSON-PONTE, rédacteur en chef politique du Monde affirme dans un article que la France s’ennuie. Quelle admirable lucidité ! Comment a-t-on pu à ce point mêler autant d’ingratitude pour celui qui gouvernait la France à l’époque et autant d’aveuglement pour les vrais problèmes des français. En 1968, le Président, c’était DE GAULLE qui avait rendu l’honneur et la liberté à notre pays en 1940, et rétabli sa dignité et son existence internationale pour la seconde fois en 1958.

Certes, il avait dû dans la douleur mettre fin aux aventures coloniales dans lesquelles la IVème République, et en particulier, le gouvernement socialiste de Guy MOLLET, avait enlisé notre pays. Mais la France abordait l’avenir avec des atouts considérables. Le Premier ministre, c’était Georges POMPIDOU, synthèse si rare d’humanisme et de pragmatisme qui permettait à notre Nation de rejoindre le peloton de tête : plus importante que l’Allemagne politiquement et plus dynamique que la Grande-Bretagne économiquement, avec un PIB qui progresse de 4,7% en 1967 quand celui de nos voisins d’outre-Manche doit se contenter de 2,3%. En 1969, ce sera 6,99% pour la France et 2,05% pour la Grande-Bretagne. La France ne s’ennuyait pas. Elle travaillait, ne connaissait pas le chômage, mais voulait un meilleur partage des fruits de la croissance.

Second indice : la fascination dérisoire pour la révolution. 1968, c’est un phénomène démographique, avec l’arrivée à l’université des générations nombreuses d’après guerre, amplifié dans notre pays par une mythologie alliant les barricades romantiques des Misérables et l’idéologie marxiste, cette idéologie qui justifie les moyens violents par la fin, et fait de 1789-1794, le prélude de 1917, de Lénine, de Mao et de Castro et à l’époque de la Libération du Vietnam. Philippe LABRO et son équipe d’Edition Spéciale sont manifestement séduits par Daniel COHN-BENDIT. MALRAUX dit de lui « c’est Lénine ».

Le recul rend l’illusion comique… On sait après François Furet que la Révolution française a dérapé après 1791, qu’elle aurait dû se contenter de suivre celle d’Angleterre plutôt que de prétendre précéder celles du communisme après avoir encombré un siècle de notre histoire… Les références de nos révolutionnaires de 1968 sont aujourd’hui les dernières dictatures inhumaines du XXIème Siècle : Cuba, le Vietnam, la Chine, qui ne sont même plus vraiment communistes.

Les « révolutionnaires » de 1968 militaient contre la guerre au Vietnam. Ils étaient admirateurs des Vietcongs et des Khmers Rouges. Ils criaient « C.R.S., S.S. », sans manifestement se rendre compte que ceux qu’ils admiraient allaient être les auteurs d’un des plus grands génocides de l’Histoire.

Le drame pour la France, c’est que ce non-évènement, repoussé par la majorité du peuple lors des élections législatives ce que Raymond ARON, avec sa lucidité habituelle, appelait « la révolution introuvable », est devenu lui-même un mythe, dans un pays qui continue à subir les caprices et l’aveuglement de ses intellectuels et en particulier de ceux qui conditionnent l’opinion, dans un pays ou l’enseignement de l’économie est une catastrophe, et qui ne parvient pas à faire les réformes nécessaires en s’imaginant avoir inventé la Révolution…

2 commentaires

  1. F.T. - 26 mars 2008 22 h 17 min

    Cher Monsieur Vanneste,

    Lors d’une dernière émission télévisée relatant les évènements de Mai 68, nous avons pu entendre le fameux Daniel Cohn-Bendit dire: « Si politiquement – heureusement – nous avons perdu, socialement nous avons gagné » ! Incroyable ! ! !

    Lorsqu’à cette époque nous manifestions en voiture à Lille à grand renfort de coups de klaxon, drapeaux tricolores et croix de lorraine arborés; lorsque par la suite à Tourcoing nous défilions en scandant le slogan « Waldeck au crochet », n’avions-nous pas prévu le chômage actuel et son cortège de délinquance etc… ? Bref, avaient-ils prévu, nos blancs-becs de 68, le retour de battant frappant en pleine gueule les « profs » actuels n’ayant pas honte de réclamer le retour de la discipline que leurs prédécesseurs dénoncaient en écrivant sur les murs « Interdit d’interdire » ?

    Franchement, Mr Vanneste, vous avez très bien choisi le titre de votre article; Mai 68 c’était le début de la fin !

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  2. Louis Cypher - 28 mars 2008 9 h 46 min

    « dans un pays ou l’enseignement de l’économie est une catastrophe » —> la maîtrise de l’économie par les incompétents qui peuplent l’assemblée nationale est une catastrophe d’une ampleur incomparable : ce sont bien les orientations, les textes de lois bancals, irréfléchis, bourrés de failles rédigés et votés par 577 inutiles qui ont conduit la France dans la situation de marasme économique dans laquelle elle se trouve.

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