Rédoine Faïd, Nantes… Un pays qui marche sur la tête.

peursurlesflicsTandis que la grande kermesse mondiale du football allume ses projecteurs et fait retentir ses fanfares, la crevasse qui sépare la France réelle du pays imaginaire fabriqué par le microcosme s’élargit chaque jour davantage. Un rapport sénatorial vient ainsi de révéler que les « Forces de l’ordre » étaient en France au bord de la rupture. C’est encore plus vrai pour la police que pour la gendarmerie protégée par son esprit de corps militaire et moins impliquée dans le traitement de la délinquance des banlieues et de la violence urbaine. 21,82 millions d’heures supplémentaires non récupérées et non indemnisées, des locaux insalubres, des véhicules poussifs et fatigués, une vie de famille déglinguée par les horaires, un taux de suicide supérieur de 36% à la moyenne : tel est le triste bilan de professions qui participent à une mission archiprioritaire de l’Etat régalien. La hiérarchie relativise et minimise : elle appartient, elle-aussi, au microcosme qui voit les choses d’en-haut, et se soucie davantage des relations internes entre les pouvoirs qui le composent que de la piétaille qu’elle a sous ses ordres. Ainsi, pendant que des centaines de policiers sont à nouveau aux trousses d’un récidiviste de l’évasion, Nantes s’embrase parce qu’un individu qui voulait se soustraire à un contrôle de police a été abattu. Le premier a bénéficié  du manque d’attention du Ministère, alerté sur les risques de son maintien en détention à Réau. Si le porte-parole du Ministère, M. Youssef Badr, comme le Ministre, Mme Belloubet n’évoquent que des défaillances possibles dans une prison-modèle, la base avait alerté sa hiérarchie sur les signes qui annonçaient la tentative et sur les défaillances évidentes du système. Mais, le confort du détenu est plus important au nom du refus des « traitements inhumains et dégradants » que l’impératif de sécurité des autres citoyens. Le transfert régulier des prisonniers les plus dangereux d’une prison à une autre, pour les empêcher de préparer une évasion, est ainsi moralement condamné dans les salons du Ministère. Le souvenir de la mort d’Aurélie Fouquet, cette jeune policière tuée lors d’une action de Rédoine Faïd, y pèse beaucoup moins lourd que le respect des normes de la bonne conscience droit-de-l’hommiste.  Si demain un convoyeur de fonds ou un simple passant sont les victimes de cette inversion des priorités, c’est évidemment cette hiérarchie aveugle jusqu’au Ministre, qui en sera responsable !

A Nantes, un CRS a tiré et a tué le conducteur d’un véhicule qui avait reculé brutalement en heurtant un de ses collègues pour tenter d’échapper à un contrôle. Immédiatement, une vague de violences s’est soulevée dans le quartier du Breil-Barberie d’où était originaire le chauffard, ainsi que dans deux autres zones sensibles. Des équipements publics, des magasins, des voitures ont été incendiés au cocktail Molotov. La rapidité de la réaction et son étendue, alors que la présence policière était renforcée dans le secteur en raison de la découverte d’un blessé par arme de guerre, devraient alerter l’oligarchie qui nous dirige sur l’état du pays. Aucune interpellation n’a eu lieu. Mais, le Parquet a diligenté une enquête de l’IGPN. Il est toujours dangereux pour un policier d’accomplir son devoir ou simplement de faire son travail. Seuls ceux qui se font tuer au-delà même de leurs obligations ont le droit à la reconnaissance nationale. Le Maire socialiste de Nantes, Mme Johanna Rolland, a destiné ses premières pensées à la « victime » et à ces quartiers sympathiques où elle et ses amis ont fait venir ceux qu’ils espéraient leurs futurs électeurs. Les socialistes n’en finissent pas de rendre visite à Théo. Les journalistes parlent de heurts entre « jeunes » et policiers, comme s’il s’agissait d’un match devenu habituel alors que l’on est en présence d’une sécession devant laquelle ne pas prendre le parti de l’ordre relève de la trahison envers cette « République » dont on ne cesse de nous rebattre les oreilles alors qu’on en a perdu la signification. Béatrice Dalle avait applaudi à l’évasion de Rédoine Faïd par le biais d’un tweet qu’elle a ensuite retiré. Mais il y aura bien un « cultureux » pour en faire du cinéma, comme on en a fait sur Mesrine. Le monde du spectacle, en France, est souvent en pointe dans la décadence qui mine la société-spectacle qu’est devenu notre pays.

Nous vivons dans un pays qui marche sur la tête, ou plutôt dans un pays où ceux qui sont à sa tête marchent sur les nôtres et ça commence à faire très mal !

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4 commentaires

  1. DELAFOSSE - 4 juillet 2018 9 h 19 min

    Je souhaite bon courage aux fonctionnaires du Ministère de l’Intérieur s’ils espèrent récupérer ou se faire payer un jour, leurs ARTT.
    Avec plusieurs collègues retraités, plus de treize années d’actions en Justice furent nécessaires, pour en final, obtenir du Conseil d’Etat un simple « préjudice moral » !

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  2. kerneilla - 4 juillet 2018 13 h 55 min

    Nous vivons dans un monde d’inversion totale des valeurs; On semble avioir oublié que le corollaire des Droits de l’Homme est le devoir des citoyens, et le devoir précède le droit…Que nos gouvernants et nos « Z’élites » (sic!) soient aussi ignorants et/ou stupides me confond.
    Le président Macron, élu par défaut jette l’argent par les fenêtres pour son plaisir, et prive , notamment les fonctionnaires de police de leurs droits : des conditions de travail décents, et du travail payé normallement

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    • DELAFOSSE - 4 juillet 2018 15 h 13 min

      En effet, mais que font tous nos « premiers de la classe » et toute leur « matière grise »
      issus de nos très célèbres grandes écoles ?
      Partent-ils tous à l’étranger pour faire fortune ? Sommes-nous contraints de « nourrir » les restants, réfugiés au sein de carrières « pépères » et nous résigner à ne plus voir s’améliorer quoique ce soit ?

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  3. DELAFOSSE - 4 juillet 2018 17 h 43 min

    Entre la plainte contre l’armée qui n’a pas tiré au Bataclan et la plainte contre le CRS de Nantes qui aurait tiré trop vite, ce sont les juges qu’il va nous falloir mettre dans la rue !

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