Terroristes à voiles…

islamophobieD’Athènes, « notre » Président s’est félicité qu’un attentat ait été déjoué et un réseau démantelé. Il reprenait les propos du Ministre de l’Intérieur et les précisions du Procureur Général de Paris. La majesté de l’Etat rassure toujours les Français qui sont encore nombreux à avoir pour l’Etat les yeux de Chimène. Les faits devraient nous ramener à plus de modestie. Cette affaire rondement menée par la police a pour origine une incroyable maladresse des terroristes et un coup de chance des policiers. Sans ces deux facteurs, l’attentat n’aurait pas été déjoué, une fois de plus, alors que ses auteurs étaient fichés comme « radicalisés » et avaient déjà tenté ou projeté de se rendre en Syrie. Le projecteur de l’information est braqué sur un point : les terroristes étaient des femmes. On pensait qu’elles allaient en Syrie ou en Irak pour dorloter les combattants et les voilà qui déposent une voiture près de Notre-Dame de Paris pour la faire exploser. La bombe sur roues avait le coffre bourré de bonbonnes de gaz. Une autre, vide, était visible dans l’habitacle. Des traces de gazole sur un tissu témoignaient d’une tentative d’incendie destiné à provoquer l’explosion. L’opération ayant échoué, ce qui était prévisible, ces branquignoles du djihad, ces pieds-nickelés de la terreur ont abandonné leur véhicule, feux de détresse allumés. Un barman attentif a alors prévenu la police. On peut imaginer qu’un autre aurait pu attendre l’épuisement de la batterie.

Ensuite, avec célérité, la police a effectivement conduit une opération efficace. Le propriétaire du véhicule étant le père d’une des terroristes a été identifié. Les trois jeunes femmes ont été localisées. Elles auraient peut-être pu s’enfuir, mais deux d’entre elles ont préféré se ruer avec des couteaux sur les policiers en vociférant le cri de guerre désormais bien connu d’une grande religion de paix et d’amour. L’un d’eux a été blessé. Une des islamistes a été hospitalisée après avoir été atteinte par des balles. D’autres personnes en lien avec ce groupe de fanatiques ont également été interpellées. Le constat est effarant. Non parce qu’il s’agit de femmes. Des femmes ont déjà joué des rôles particulièrement actifs dans le terrorisme de l’extrême-gauche allemande ou autour de Carlos. Des femmes ont pu passer plus récemment entre les mailles du filet, par exemple Souad Merah, la soeur, partie avec son mari et ses quatre enfants en Syrie en 2014 ou la femme de Coulibaly, Hayat Boumeddiene, qui ,elle aussi, a rejoint l’Etat islamique et a été photographiée l’arme à la main. Dans notre société qui proclame l’égalité des sexes et tente même d’en dissoudre l’identité, la sécurité demeure étrangement inhibée par une préjugé favorable au sexe dit faible. Les islamistes nous rappellent ainsi que, si pour eux les sexes sont bien différenciés, les femmes, depuis la très jeune et très dévouée Aisha, l’une des femmes du Prophète, celles-ci sont aussi des militantes particulièrement rigides sur les principes et actives dans le prosélytisme. Certains vont même jusqu’à suggérer que la satisfaction de se sentir « protégées » par de vrais hommes, dans une société où la virilité s’efface, est le carburant qui motive leur engagement et leur donne la force de se montrer « à la hauteur ».

Ce qui est effarant tient en deux points. C’est d’abord l’incapacité des imbéciles qui nous gouvernent, nous ont gouvernés ou nous gouverneront peut-être, de comprendre ce qui leur fait face et qu’ils ont alimenté avec leurs opérations militaires stupides en Libye et au Moyen-Orient, leur soutien à l’immigration musulmane et leurs tentatives erronées pour traiter l’islam présent en France, comme une religion organisée, relativement unifiée, semblable aux autres et qui pourrait donc entrer facilement dans le cadre des relations d’un Etat laïque avec les communautés religieuses. C’est ensuite l’incohérence d’un Etat qui reste puissant malgré ses abandons calamiteux de souveraineté, mais qui faisant objectivement la guerre, ne se donne pas les moyens de la faire et se réfugie dans un discours creux fondé sur une lecture politicienne et idéologique de l’Etat de droit. En Syrie, il fallait soutenir Bachar Al-Assad et non permettre aux djihadistes de s’implanter avec nos armes et l’argent de nos « alliés » du Golfe qui privilégient la guerre au Yémen contre les Chiites. En France, l’autonomie relative des services publics engendre une dispersion, des contradictions et une inefficacité totale du système que la modeste arrestation des terroristes voilées de l’Essonne ne peut effacer. Souad Merah avait les moyens de voyager. Elle touchait 2500 Euros d’argent public. La police ou la gendarmerie ont des moyens matériels et humains limités qui ne leur permettent pas d’assurer un contrôle des personnes théoriquement surveillées. L’évasion d’un islamiste algérien en résidence surveillée, l’assassinat d’un prêtre par un fanatique muni d’un bracelet électronique, un attentat, non déjoué mais manqué par amateurisme, préparé par des fanatiques fichées le démontrent amplement. Une Justice pauvre et débordée, parfois minée par l’idéologie, multiplie les inconséquences. La protection judiciaire des libertés dont jouissent des gens dangereux l’emporte sur la sécurité des citoyens. La prison stigmatisée ne remplit pas son rôle faute d’une politique ferme et cohérente. Ce bilan accablant exige bien sûr une réforme drastique de notre Etat de droit et montre à quel point le discours présidentiel de Wagram était ridicule. Le téléguidage depuis l’Etat islamique pour une tentative aussi foireuse, souligné par le Procureur de Paris, et l’effacement du rôle du barman avaient d’ailleurs pour but de montrer au contraire à quel point notre Président protège les Français contre un ennemi aussi redoutable.

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1 commentaire

  1. DELAFOSSE - 10 septembre 2016 15 h 20 min

    Après les hommes, aujourd’hui les femmes et demain les jeunes enfants ?

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