LA BAISSE DU CHÔMAGE : UN « COQUETEL » DUR A AVALER…

imagesQuand le sage pointe son doigt sur la lune, l’imbécile regarde le doigt. François Hollande, qui n’est pas un imbécile, mais qui, comme beaucoup de professionnels de la politique, a tendance à penser que les Français le sont, leur recommande depuis un an de regarder son doigt. La lune, dans ce cas, ce serait la croissance française retrouvée, avec au moins un gain de 1,5%, le seuil à partir duquel on crée des emplois. La lune, ce serait une amélioration structurelle de notre économie avec un redressement productif de notre industrie et une amélioration sensible de notre commerce extérieur. Pour l’instant, comme dans tout pays socialiste qui se respecte, on a au moins des ministères pour s’en occuper. Alors, on regarde le doigt : l’inversion de la courbe du chômage. On guette le symptôme à défaut de scruter et de traiter la maladie. Or, le gouvernement vient d’être pris à son propre piège : la surprise d’une diminution de 50 000 chômeurs au mois d’Août l’a étonné lui-même. De l’étonnement naît souvent la lumière car on cherche alors à comprendre.

Le pauvre doigt a été passé aux rayons x : la première raison de cette baisse est purement technique et administrative. Il y a eu un bon tiers en plus de non-renouvellements des inscriptions à Pôle Emploi par absence de réponse. 277 000 radiations ont suivi contre 180 000 en moyenne mensuelle. Le ressac risque de se produire le mois prochain. Ensuite, il y a la baguette magique de l’illusionniste Hollande : les « emplois aidés » , ces jobs sans avenir qu’on a baptisés en langage orwellien « contrats d’avenir » qui servent à boucher les trous du présent en occupant des jeunes sans emploi à des tâches dont la société devrait se passer et sans leur procurer une véritable qualification. La barre des 500 000 doit être atteinte. Pour l’instant, on est déjà à 55 000 au mois d’Août. Cela permet de masquer la montée du chômage réel généré par la destruction du travail productif. La comparaison entre le succès tardif et illusoire des contrats d’avenir et l’échec patent des contrats de générations est révélatrice. Les premiers n’existent que par la volonté de l’Etat, des collectivités, du secteur associatif. Il s’agit d’emplois publics financés par de l’argent public, c’est-à-dire par les impôts, notamment des entreprises et des travailleurs, mais aussi par les déficits et par la dette qui atteint le record de 95% du PIB. Ces différents facteurs pèsent sur le pouvoir d’achat d’une partie de la population, mais surtout sur la compétitivité et la capacité d’investir des entreprises. On comprend aisément que les contrats de génération qui concernaient justement le secteur privé et présentaient une véritable solution d’avenir aient été délaissés par des employeurs chez qui on a méthodiquement tué la confiance avec une fiscalité excessive, complexe et mouvante. La perspective d’une  subvention de 4000 Euros pour les PME et d’une pénalité pour les grosses et donc méchantes suivant qu’elles embaucheront ou non dans ce cadre n’est pas suffisante pour se compliquer la vie sans véritable besoin. Une économie administrée et contraignante, le gaspillage d’argent public qu’on vous prend pour vous le rendre sous conditions ou pour le donner à des concurrents ne peut créer un climat favorable au désir d’entreprendre.

La troisième cause de cette embellie artificielle est la seule à posséder un peu de réalité : le chômage baisse en Europe dans un contexte mondial apparemment amélioré. La profusion de liquidités de la FED y joue un rôle déterminant et inquiétant à la fois : la planche à billets a une fâcheuse tendance à produire des bulles. Au contraire, dans la douleur, des pays du sud de l’Europe ont mis un terme à une gestion laxiste et démagogique obsédée par le court-terme des élections politiques. Ils commencent à en ressentir les effets bénéfiques pour le chômage et le commerce extérieur. L’Espagne connaît son sixième mois de baisse consécutif. Le Portugal a également constaté un recul du chômage au premier trimestre. Les pays du nord qui ont mieux résisté à la crise ont pris conscience de l’impasse mortelle de la social-démocratie et de l’Etat-Providence. Le rôle du chancelier Schröder dans le redressement allemand, les réformes structurelles suédoises, la proclamation de la fin de « Big Mother » et l’appel à la responsabilité autonome du nouveau monarque des Pays-Bas, sans compter la pionnière britannique, Margaret Thatcher, dès la fin des années 70, s’inscrivent dans le même sens, inverse de celui qu’emprunte François Hollande.

Notre Président fait penser au César de Pagnol et à son « coquetel » : 1/3 de manipulation statistique, 1/3 d’emplois aidés, 1/3 d’amélioration de l’environnement européen, et 1/3 d’efficacité de la politique économique du gouvernement. Un gros tiers d’eau dit César et Marius lui répond qu’il n’y a que trois tiers… comme dans l’embellie apparente de l’emploi chez nous.

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1 commentaire

  1. Thibault Loosveld - 26 septembre 2013 19 h 54 min

     » François Hollande, qui n’est pas un imbécile, mais qui, comme beaucoup de professionnels de la politique, a tendance à penser que les Français le sont, leur recommande depuis un an de regarder son doigt.  »

    Parfois, l’actualité fournit des faits divers horribles mettant en avant des criminels persistant dans le déni, manipulant l’opinion publique.
    Comme pour mieux masquer leur responsabilité, les journaleux cherchent immédiatement des antécédents dans l’actualité judiciaire, mais restent parfaitement muets sur le milieu politique.
    Si le monde médiatique était de droite, voici trois faits qui justifieraient une investigation extraordinaire:
    -Tous les suspects arrêtés après les épouvantables tueries de Montauban et Toulouse en février 2012 ont été remis en liberté par des magistrats, lesquels commirent pour le moins les délits d’entrave au fonctionnement de la justice.
    –  » C’est la France qui a commis un crime en faisant assassiner des Juifs  » (lors de la rafle du Vel d’Hiv. NDLR) prétendit publiquement François Hollande, le 22 juillet 2012.
    – On se souvient que, le 1er juin 2013 2013, un joueur du RCT refusa de serrer la main du président socialiste sous le regard des camera télévisées du monde entier. Sur le moment, Hollande ne prêta pas attention à ce geste, avant d’adresser un regard impitoyable au joueur, en ayant remarqué la présence d’un enfant devant lui.
    Français, qu’en pensez-vous ?

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