Pour une autre politique monétaire Européenne

COMMUNIQUÉ DE PRESSE de
Jacques MYARD, Philippe MEUNIER, Christian VANNESTE
Jacques REMILLER, Georges MOTHRON, Jean-Paul GARRAUD,
Bernard CARAYON, Jean-Pierre DECOOL, Lionnel LUCA

Députés de la Nation


Nous devons changer RADICALEMENT de politique monétaire. La rigidité monétaire de la BCE adoubée par la rigidité de l’Allemagne conduit à un désastre politique et économique.

Désastre économique car les plans de rigueur successifs conduisent à la récession partout en Europe. Désastre politique car les peuples se révolteront contre ces mesures inefficaces.

Il y a une autre politique possible : la relance pour faire redémarrer la croissance en changeant de politique monétaire : trois mesures s’imposent à ce stade.

  • La baisse des taux de la BCE, l’actuel président semble moins dogmatique que le précédent, et on doit saluer sa première baisse des taux de base de 0,25 points, il se doit de continuer,
  • La baisse de l’euro sur le marché des devises dont la surévaluation nous coûte entre 0,5 et un point de croissance du PIB chaque année , cette baisse peut être obtenue par l’action conjointe des Etats et de la BCE, la baisse des taux de base peut y concourir, mais c’est surtout la 3ème mesure qui peut y contribuer directement,
  • La Monétisation de la dette par la création directe d’euros par les Banques Centrales afin de réinjecter des liquidités dans toutes les économies européennes pour financer les investissements. Il s’agit de créer des avances directes aux États à taux zéro, sur le modèle du « quantative easing » de la FED américaine. Les dogmatiques vont hurler à la violation des traités, il est facile de leur répondre que la décision du 10 Mai  2010 autorisant le rachat de bons du trésor détenus par les banques commerciales sur les marchés secondaires  était déjà contraire  aux traités et au statut de la BCE. Nécessité fait loi.

 Il convient d’ajouter qu’en raison de l’atonie de la production industrielle, cette création monétaire ne provoquerait pas d’inflation et nous avons de multiples investissements à financer.

Cette monétisation permettra aux États de se soustraire au diktat des marchés et à détendre les taux par une moindre demande.

Le choix est clair : Mourir avec la rigidité allemande sur l’euro et la BCE ou faire face aux nécessités en jetant aux orties les dogmes obsolètes qui plongent toute l’Europe dans la récession.

Les actuelles politiques monétaires et d’austérité sont suicidaires car elles engendrent la baisse de la croissance et en conséquence la baisse des recettes fiscales et la hausse du déficit.

Pour notre part, le choix est fait, il faut agir vite et fort, et mettre fin à l’indépendance des banques centrales européennes pour les contraindre à monétiser la dette.

La politique monétaire doit appartenir aux politiques responsables devant les peuples et non aux technocrates qui n’ont de compte à rendre à personne.

2 commentaires

  1. Courouvea - 8 novembre 2011 10 h 45 min

    Je ne suis pas un spécialiste des finances européennes, mais ces trois mesures me paraissent tout à fait pertinentes et je les reprends dans mon « programme présidentiel » sur facebook. J’espère que d’autres députés, au moins tous ceux de la D. P., se joindront à vous.

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  2. seb - 9 novembre 2011 17 h 27 min

    En lisant ce communiqué, j’ai été envahi par deux sentiments différents.

    D’un coté, la joie de voir des parlementaires – même peu nombreux (il faut bien une avant garde !) – dénoncer la politique monétaire européenne, qui est (en effet) complètement stupide. Jusqu’à maintenant, seuls M. MONTEBOURG et ses partisans – via le concept de démondialisation – M. DUPONT AIGNAN et ses soutiens, M. MELANCHON et ses grognards ou Marine et ses amis, semblaient avoir compris que l’Union Européenne n’est pas « l’Europe » et que critiquer la politique européenne (et ses membres) ne signifiait (d’aucune façon) remettre en cause l’idée européenne (en tant que telle, positive)

    D’un autre coté, la déception de voir neuf parlementaires prôner – pour changer (radicalement ou pas) la politique monétaire – le viol des traités et de la Constitution ! Une décision arbitraire – au sens où la violation d’icelle signifierait la fin de la Démocratie en tant que telle – qui serait semblable à celle prise par les parlementaires de 1940 (eux aussi, sans doute, pensaient que la nécessité faisant loi, donner les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain se justifiait !) ou à celle décidée par la Convention en 1792 lorsqu’elle abdiqua la Démocratie, en déclarant la Terreur (nécessité faisant loi sans doute !) dont nous connaissons tous le cortège de malheur !

    Une déception d’autant plus renforcée que vous choisissez la solution de facilité – la loi est contraignante ? N’en tenons pas compte ! Et traitons ses défenseurs de dogmatiques ! – alors que les ex historiques ne manquent pas, où au lieu de salir les Institutions, les politiques ont pris des décisions radicales (ou pas) sans avoir à violer (pour ce faire) l’expression souveraine des Français !

    Premier ex ? Vous pouvez vous en féliciter, il est parlementaire ! Dans la nuit du 4 août 1789, les députés décident d’abroger l’ensemble des privilèges. Acte fondateur pour notre pays…Mais juridiquement assez faible, puisque les Lois Fondamentales du Royaume prévoit un fonctionnement par Ordres. Que font alors les députés ? Ils ne disent pas « on s’en tamponne des Lois Fondamentales » ! Non…Ils décident d’écrire un texte appelé à un bel avenir : la DDHC de 1789. Votée le 26 août 1789, Louis XVI la validera quelques jours plus tard. En attendant la Constitution promise (pour 1790)…Les députés ont donc pris soin de garantir aux Français la primauté de la DDHC sur tout texte de loi. Résultat ? Quand les princes Allemands ou l’Église, victimes dans l’affaire, chercheront à contester l’abolition des privilèges…Ils se retrouveront face à un texte juridiquement fort.

    Deuxième ex ? Il est semi parlementaire semi exécutif. Le Général De Gaulle est appelé par le Président du Conseil. Celui ci négocie avec l’Assemblée Nationale la mise en place d’un nouveau régime et demande à pouvoir exercer, durant la période transitoire, des pouvoirs dépassant ceux normalement accordés. Il obtient six mois et pas un jour de plus. De Gaulle aurait pu très bien jouer les Napoléon. Il ne l’a pas fait. Il aurait pu faire fi d’une Assemblée qu’il méprisait et prendre le pouvoir tout de suite. Mais il ne l’a pas fait. Comme il l’a dit lui même, il était trop âgé pour jouer les dictateurs ! (Gentils ou méchants)

    En 1789, la situation explosive du pays, aurait pu justifier (aux yeux des députés) que nécessité fasse loi. Les députés auraient pu aisément détrôner Louis XVI, former un régime parlementaire comme en Angleterre, et pourquoi pas donner au pays un Président fantoche en la personne de Philippe Égalité. Ils ne l’ont pas fait. Peut être parce qu’ils respectaient les Français.

    En 1944, la situation explosive du pays, aurait pu justifier (aux yeux du Général) que nécessité fasse loi. Ce dernier aurait pu très bien dénoncer le régime des partis, utiliser l’attrait (toujours présent) des Français pour la royauté ou/et l’Empire, mais (allez savoir pourquoi) il a préféré respecter les élus. Peut être parce qu’il considérait que ceux ci ne devaient pas voir leur souveraineté salie.

    Si l’on peut comprendre – je partage votre désir de changement de politique européenne (en général) – que vous souhaitiez radicalement changer les choses…Pourquoi ne pas opter pour des choix légaux ? Qui éviteront qu’un jour, l’Histoire ne vous rattrape ? Napoléon Bonaparte a été très efficace, il a fait beaucoup de choses…Mais il n’en reste pas moins un dictateur. Si l’on va part là, Hitler est un personnage qui a beaucoup donné à l’Allemagne, mais çà n’en reste pas moins un tyran. Et si l’on prend Robespierre, bien que l’on puisse trouver des excuses à ses décisions, il n’en demeure pas moins un boucher qui a envoyé des milliers d’individus sous la guillotine, pour un…Soupçon !

    Quant aux députés qui ont voté la mort de Louis XVI – sans parler de ceux qui ont préféré la lâcheté de ne pas se prononcer – sans doute aussi, avaient ils quelques bonnes raisons pour commettre un tel acte (la nécessité ne faisait elle pas loi ? Pour rompre avec la royauté, il fallait faire tomber des têtes) il n’en demeure pas moins que l’Histoire a surtout reconnu que ceux ci avaient plus nuit au pays que le contraire !

    Il n’est pas normal qu’un (à fortiori neuf) citoyen Français, par ailleurs élu de la Nation – et accessoirement disciple des Lumières – ne trouvent, pour sortir d’une situation qu’il(s) juge(nt) néfaste que des moyens illégaux ! Se donner droit de contrevenir à la loi (et aux traités) en sortant une justification bien maigre (nous ne sommes ni en guerre ni dans une situation telle qu’elle exigerait l’usage de l’article 16 de la Constitution !) c’est agir comme tous ces délinquants/criminels/lobbies qui expliquent leur geste au nom d’une nécessité illusoire !

    Si, à vos yeux de Législateur, la loi (et les traités) ne sont que du vent…Comment pourrait il en être autrement pour les autres ? Si vous ouvrez une brèche pour vous…Alors, naturellement, vous semez le désordre.

    Si l’efficacité (supposée) justifie la violation d’une règle commune (loi, traité)…Alors pourquoi s’émouvoir que des organisations fassent main basse sur des pans entiers de notre territoire, en écartant la force publique républicaine ? L’ordre qu’ils y établissent n’est point celui de la République, mais il est efficace ! Même chose concernant le mariage gay : la loi l’interdit…Mais si l’on suit votre raisonnement, la nécessité de reconnaître le mariage gay (puisque, soit disant (et quand bien même) nos partenaires l’ont fait) suffirait il à justifier la violation de la loi ?

    Vous pouvez trouver une règle – loi ou traité – contraignante. Vous pouvez en dénoncer les conséquences et faire valoir des moyens pour l’améliorer ou la supprimer. Mais quand on est le Législateur, et même à simple titre de citoyen, M. VANNESTE, ont suit ce que prescrit (en la matière) la DDHC : se rendre à la loi…Dénoncer les actes arbitraires.

    Je n’apprécie pas toujours la politique de M. SARKOZY, les choix des élus. Il ne vient, pourtant pas, à l’esprit – même si je juge ces choix ou cette politique stupide – en tant que citoyen, contribuable, chef d’entreprise, consommateur…De la remettre en question, à tout le moins par des moyens illégaux ! Inconstitutionnels !

    Français, citoyen, j’accepte le contrat social. Serait ce trop demandé aux élus d’agir de même ? De ne point faire ce qu’ils ne voudraient pas qu’on leur fasse ? Si vous traitez mal votre personne et si (surtout) vous abaissez l’instrument commun à la Société (loi, traité)…Que va t il se passer ? Sinon le désordre sociétaire ?

    Votre désir de changement est honorable et sensé. C’est votre attitude et votre solution – se contreficher des traités et lois – qui ne l’est pas. Vous ne pouvez exiger d’autrui ce que vous refusez d’appliquer vous mêmes. Des règles existent, respectez les. Si vous souhaitez les changer, suivez la procédure pour y parvenir.

    Vous êtes le Législateur. Agissez comme tel. Vous êtes philosophe. Ayez soin de ne pas salir la mémoire des Lumières. La France leur doit beaucoup. Vous, à titre personnel, bénéficiez, grâce à eux, de la possibilité d’être un élu de la Nation.

    Pour parvenir à vos fins – reprendre la main sur la politique monétaire – vous avez deux possibilités. Soit demander un référendum sur le prochain traité européen – celui qui doit valider toutes les décisions du Conseil Européen depuis 2010 – puisque Maastricht a été validé par référendum et que vous n’avez pas reçu mandat pour agir au nom des Français en la matière.

    Soit demander la négociation de bilatérales avec l’Union Européenne. La France sortirait de l’UE (et donc de l’euro) mais elle aurait toujours accès (sans frais de douane) avec l’UE (comme les Suisses) et pourrait même gérer une zone euro (puisque l’euro n’est pas une monnaie brevetée, dixit M. TRICHET) avec (par ex) les pays membres de la francophonie.
    http://www.francisrichard.net/article-22509852.html

    Très personnellement, je pense que la solution numéro 2 serait la plus réaliste…Puisqu’il faut (à juste titre) l’unanimité lorsqu’on révise un traité. Mme MERKEL, ne pouvant, même si elle le voulait, être moins rigoriste – tout simplement parce que la Cour de KARLSRUHE a rendu un jugement qui veut que la BCE soit dans les clous de l’ex banque nationale allemande – vous ne pourrez pas obtenir gain de cause en la matière.

    Au lieu de vous extasiez sur ceux qui ont, délibérément violé les traités – ce qui revient à violer des volontés souveraines exprimées, donc la Démocratie dont vous êtes pourtant censés être les ardents défenseurs ! – et de vous renier vous même – car ce que vous demandez, au fond, c’est qu’on piétine vos propres décisions non ? Tout le dogmatisme, le rigorisme que vous dénoncez se trouve inscrit dans le traité de Lisbonne ! Vous ne l’aviez pas lu peut être ? – vous feriez mieux de demander le respect des règles. Respect qui nous aurait évité de nous retrouver engagés par le Législateur (qui vote les plans européens et la rigueur dont vous nous parlez ?) dans des schémas qui font sans doute plaisir aux partisans du fédéralisme…Mais n’en sont pas moins illégaux et inconstitutionnels !

    Faut il rappeler – cela semble échapper notamment à notre Ministre des Affaires Étrangères ! – qu’en vertu de la DDHC, la souveraineté ne peut être que nationale ? Elle aussi (la DDHC) vous comptez l’enterrer ?

    En janvier, nous allons perdre notre AAA. Ce n’est pas une supposition, c’est un fait établi. Et cela va avoir des conséquences dramatiques, pour la France…Mais aussi pour ses partenaires.

    Parce que, voyez vous M. VANNESTE, quand on décide de contourner/violer une clause de traité – no bail out – que se passe t il ? On se doit d’en assumer les conséquences !

    Comme vous avez sans doute pu le constater, le premier plan de sauvetage de la Grèce (celui de mai 2010) nous avait permis de « tenir » un an, le second (Juillet 2011) 1 mois, et le troisième aura rassuré les marchés pendant moins d’une semaine, avant que l’on ne s’aperçoive que, peut être, une mise sous-tutelle de la Grèce par une sorte de traité de Versailles version 2.0 n’avait qu’une chance de survie politique limitée, à tort ou à raison.

    Non seulement les États ont visiblement perdu le contrôle de la situation qu’ils nous affirment encore avoir bien en mains, mais là, nos dirigeants viennent de franchir les bornes de l’incurie, chaque décision qu’ils prennent ne pouvant qu’entrainer des conséquences funestes.

    Prenons les conséquences de « l’accord » européen de Bruxelles, du jeudi 27 octobre, qui est selon M. SARKOZY le plan qui va sauver (comme les autres sans doute…) l’euro et compagnie.

    – D’une part, les dirigeants européens ont vidé de leur substance le marché des CDS souverains (répétez après moi : « un renoncement VO-LON-TAI-RE à 50% de la dette grecque n’est pas un défaut! »), montrant le peu de cas qu’ils faisaient du respect des engagements contractuels. Une dette émise par des politiciens aux abois, qui ne respectent pas leurs engagements, et sur laquelle vous ne pouvez plus acheter d’assurance contre le défaut puisque les États trouveront un prétexte pour qu’elle ne puisse pas être exercée, est une dette beaucoup plus difficile à vendre. Pigeon échaudé craint la douche froide, ou quelque chose comme ça.

    – D’autre part, après les indignés Grecs, ce sont les indignés Italiens, Portugais, Espagnols, et pourquoi pas Français qui vont battre le pavé et réclamer leur « haircut ».

    Après tout, pourquoi les populations accepteraient elles de rembourser leur dette publique devenue insupportable en rognant sur leur État providence sans que les créanciers ne prennent leur part de l’effort ? Certes, les contribuables sont aussi détenteurs de comptes bancaires, et leur intérêt dans une faillite de ces établissements n’est pas évident.

    Dans ces conditions, qui achètera un papier des BIGPIFS ?

    Méfiance, méfiance. Au point que la BCE a d’ores et déjà du intervenir massivement pour acheter en direct de la dette italienne, sans parvenir à en contenir la hausse des taux.

    Et une faillite d’un gros État souverain sans mécanisme de gestion ordonnée des faillites bancaires, vous savez ce que cela veut dire : le grand plongeon. Donc : la BCE va être priée de monétiser, les Gouvernements dussent-ils menacer Mario DRAGHI – qui vient de déclarer que la monétisation ne serait que « temporaire », la bonne blague ! – des pires avanies en cas de résistance. 

    Vous aviez peur de la déflation ? Attendez le retour de la stagflation à deux chiffres !

    Vous avez voulu – le Gouvernement que vous soutenez, le Président qui se prend pour Napoléon, votre majorité parlementaire – jouer aux apprentis sorciers…Vous en récoltez les fruits. Car voyez vous, M. VANNESTE, ce qui permet de restaurer la confiance…C’est l’assurance de pouvoir compter sur des personnes respectant les règles.

    En ne le faisant pas – il aurait suffi que vous laissiez couler la Grèce qui est une grande fille : c’est à dire respecter la règle de no bail out – pour que le scénario catastrophe à venir n’arrive pas :

    Ll’Italie, troisième économie de la zone euro, est désormais frontalement attaquée par les marchés financiers, qui se débarrassent à tour de bras des obligations d’Etat de la péninsule.

    Vendredi, l’écart de taux d’intérêt entre l’Allemagne, la signature la plus fiable de la zone euro, et l’Italie, a atteint un record historique depuis le lancement de l’euro en 1999, à plus de 450 points de base.

    Rome doit désormais payer un taux d’intérêt de 6,37%*, ce qui rendra le financement de sa gigantesque dette publique (120% du PIB) rapidement insupportable.

    Or, après avoir sauvé de la banqueroute la Grèce, l’Irlande et le Portugal, la zone euro n’a absolument plus les moyens d’aider l’Italie : si ce pays tombe, la France** suivra rapidement et la zone euro aura vécu.

    *Ce matin, le taux est monté à 6,596%, jamais vu depuis la création de l’euro.
    ** La France détient plus du tiers de la dette grecque

    Vite, un sommet européen de la dernière chance !

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