Ou est passée la famille ?

Les Français sont parfois plus conscients que leurs élites de ce qui compte vraiment pour eux. Or, parmi les valeurs les plus estimées par nos concitoyens, la famille figure en tête, et de loin.

Les Français savent profondément que la famille est la première des solidarités sur laquelle ils peuvent compter. Ils savent que cette solidarité, à la différence de toutes les solidarités administrées, est la seule qui peut être spontanée et chaleureuse. Ils sont conscients que le fléau qui nous frappe de plein fouet est celui de la solitude. Quel paradoxe que cette solitude croissante et dévorante dans une société qui n’a jamais été aussi communicante !

Tout le monde, chez nous, se réjouit des bons résultats démographiques de notre pays. Ces chiffres ne sont pourtant pas mirobolants puisque la France renouvelle tout juste ses générations. Mais ces chiffres, comparés à ceux de nos voisins, nous permettent d’imaginer un avenir. On nous donne aujourd’hui l’Allemagne en exemple sur de nombreux points. Mais qui a conscience de l’hiver démographique dans lequel s’enfonce ce pays ? Alain Minc écrivait encore récemment que si l’Allemagne ne trouvait pas la voie du renouveau démographique, elle per­drait 10 millions d’habitants d’ici à 2050, passant ainsi derrière la France. Et que dire de l’Espagne, championne du nombre d’enfants par femme il y a encore vingt-cinq ans et qui, ne connaissant pas le quotient familial, plonge également dans la dépression démographique comme ses voisins italiens ou portugais ?

La famille est notre garantie de solidarité pour aujourd’hui et notre force pour demain. Alors, que les élites cessent d’être aveugles !

Le soutien de la famille et du mariage est au cœur de nos politiques publiques depuis 1945. La politique familiale ne peut pas se réduire à une politique sociale familiale uniquement destinée aux familles déjà en difficulté. Elle ne peut pas se réduire à l’ouverture de places d’accueil pour les jeunes enfants, même si cela est nécessaire. Elle doit être plus profonde et plus cohérente. Elle doit inspirer toutes nos décisions sociales, fiscales et économiques.

Depuis 2007, nous avons fait des choses importantes pour la famille. Nous avons notamment baissé les droits de succession. La famille, parce qu’elle se fixe pour ambition la durée, est le lieu par excellence de la transmission, la transmission de racines, d’une éducation, mais aussi de la transmission bien légitime du patrimoine, fruit d’une vie de travail. À l’heure où nous vivons une véritable crise de la transmission, cette baisse des droits de succession est un signe positif.

Mais il faut poursuivre sur cette voie. Il faut renforcer l’institution du mariage, reconnaître et encourager la création du nouveau foyer, ses conséquences fiscales. Pourquoi remettre en question la triple déclaration l’année du mariage ? Cette disposition fiscale est cohérente. N’est-ce pas une façon pour l’État de dire aux nouveaux mariés : « Vous vous engagez l’un envers l’autre, mais vous vous engagez devant la société aussi à construire une famille qui participera à notre avenir commun. Telle est notre vision de la famille du­rable. »

Il est une spécificité française qu’on ne retrouve pas beaucoup en Europe. En droit français, la fiscalité ne s’applique pas à l’individu mais à la cellule familiale. C’est un avantage différentiel considérable en Europe. Tous les coups de canif portés à ce principe seraient néfastes.

Si notre volonté de soutenir les fa­milles ne s’incarne pas, elle disparaîtra. Le mot “famille” n’apparaît pas dans la liste des nouveaux ministères. Le mot famille n’apparaît même pas dans l’intitulé d’un secrétariat d’État ! Et si la préoccupation de la famille n’apparaissait pas davantage avec la suppression de la triple déclaration de revenus des jeunes mariés ? On nous rabâche à longueur de temps que les systèmes fiscaux de nos voisins sont meilleurs que les nôtres. Ce dont nous sommes sûrs, c’est que la politique familiale “à la française” est celle qui porte le plus de fruits en Europe. Alors ne rompons pas avec cette politique. Encourageons la solidarité familiale.

Ceux qui veulent enfermer la question familiale dans un débat moral qui opposerait les anciens et les modernes se trompent gravement. La question familiale est avant tout une question politique. Son enjeu, c’est la cohésion sociale et notre capacité à nous projeter dans l’avenir.”

Par Alfred Almont, Martine Aurillac, Pierre-Christophe Baguet, Patrick Beaudouin, Gabriel Biancheri, Jean-Marie Binetruy, Claude Birraux, Claude Bodin, Gilles Bourdouleix, Bruno Bourg-Broc, Chantal Bourragué, Valérie Boyer, Xavier Breton, Patrice Calméjane, Bernard Carayon, Bernard Debré, Jean-Pierre Decool, Rémi Delatte, Nicolas Dhuicq, Michel Diefenbacher, Jacques Domergue, Jean-Pierre Door, Dominique Dord, Jean-Michel Ferrand, Nicolas Forissier, Sauveur Gandolfi-Scheit, Jean-Paul Garraud, Guy Geoffroy, François-Michel Gonnot, Jean-Pierre Gorges, Philippe Gosselin, Patrick Labaune, Marc Le Fur, Gérard Lorgeoux, Lionnel Luca, Patrice Martin-Lalande, Hervé Mariton, Jean-Philippe Maurer, Christian Ménard, Damien Meslot, Philippe Meunier, Jean-Marie Morisset, Jacques Myard, Jean-Marc Nesme, Étienne Pinte, Henri Plagnol, Axel Poniatowski, Josette Pons, Didier Quentin, Jacques Remiller, Arnaud Robinet, Jean-Marie Rolland, Jean-Marc Roubaud, Jean-Marie Sermier, Éric Straumann, Guy Teissier, Michel Terrot, Dominique Tian, Christian Vanneste, Isabelle Vasseur, Jean-Sébastien Vialatte, René-Paul Victoria, Philippe Vitel, Gaël Yanno et Michel Zumkeller, députés UMP.

♦ Tribune parue dans Valeurs Actuelles, jeudi 25 novembre 2010

13 commentaires

  1. Ghiss - 25 novembre 2010 12 h 01 min

    La démographie est plus importante en France pour deux raisons peu reluisantes :

    - les naissances prolifiques de femmes étrangères non émancipées (peu cultivées voire illettrées et tenues « en laisse ») issues de pays musulmans particulièrement arriérés et réacs (régions subsahéliennes notamment où la polygamie infamante pour femmes et enfants est la règle).

    - pour les autochtones et autres femmes plus ou moins libérées du patriarcat, c’est le système d’aides sociales généreuses et les congés parentaux, bref la politique nataliste très couteuse. Combien de foyers font un troisième enfant pour faire baisser les mensualités de paiement de leur maison ou pour faire baisser leurs impôts?

    Désolée de jouer les Cassandre mais cela devait aussi être dit.

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  2. seb - 25 novembre 2010 13 h 13 min

    « La famille est notre garantie de solidarité pour aujourd’hui et notre force pour demain. Alors, que les élites cessent d’être aveugles ! »

    La famille va finir par devenir « grande cause nationale » à force de lui tirer dessus. Si j’avais peu d’espoir concernant M. SARKOZY, je pensais que M. FILLON y serait plus attentif. Ce n’est malheureusement pas le cas.

    En même temps, je me dis que cela doit être lié à l’exercice politique. Si l’on est prêt à sacrifier sa famille pour un strapontin…Faut il s’en étonner ?

    « Le soutien de la famille et du mariage est au cœur de nos politiques publiques depuis 1945. »

    Désolé…Mais non. La politique familiale est millénaire – pourquoi sinon l’annonce d’une naissance était elle à ce point fétée ? – mais depuis la mort du Général De Gaulle, tout va de mal en pis. La famille n’est plus une priorité, mais une variable d’ajustement. Et votre « majorité » n’a cessé de participer à ce démantellement, sous CHIRAC ou sous SARKOZY.

    « La politique familiale ne peut pas se réduire à une politique sociale familiale uniquement destinée aux familles déjà en difficulté. »

    C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il n’y avait pas de « condition de ressource » prévue par les textes. Mais « grâce » à votre majorité (une fois de plus) on va encore encourager les naissances dans les familles les plus modestes, où il est notamment difficiles – pour diverses raisons – d’avoir des rapports protégés et « équilibrés ».

    « Elle ne peut pas se réduire à l’ouverture de places d’accueil pour les jeunes enfants, même si cela est nécessaire. »

    Intéressant…Car c’est la seule « politique » de la « majorité » depuis 30 ans.

    « Elle doit être plus profonde et plus cohérente. Elle doit inspirer toutes nos décisions sociales, fiscales et économiques. »

    Et bien pourquoi ne pas avoir proposé le suivi intégral de la DDHC dans ce cas ? Sur la question fiscale…Je vous rejoins tout a fait. Il y a beaucoup à faire. Cf propositions ci dessous.

    « Depuis 2007, nous avons fait des choses importantes pour la famille. Nous avons notamment baissé les droits de succession. »

    Sorry…M. VANNESTE, vous avez permis à une famille aisée de transmettre son patrimoine sans coup ferir. En revanche, pour les familles plus modestes, vous taxez toujours autant…Soit disant parce qu’une famille modeste ne saurait faire des économies pour ses enfants ! Dixit le DGI !

    « La famille, parce qu’elle se fixe pour ambition la durée, est le lieu par excellence de la transmission, la transmission de racines, d’une éducation, mais aussi de la transmission bien légitime du patrimoine, fruit d’une vie de travail. À l’heure où nous vivons une véritable crise de la transmission, cette baisse des droits de succession est un signe positif. »

    Pas pour tous…

    « Mais il faut poursuivre sur cette voie. Il faut renforcer l’institution du mariage, reconnaître et encourager la création du nouveau foyer, ses conséquences fiscales. Pourquoi remettre en question la triple déclaration l’année du mariage ? Cette disposition fiscale est cohérente. N’est-ce pas une façon pour l’État de dire aux nouveaux mariés : « Vous vous engagez l’un envers l’autre, mais vous vous engagez devant la société aussi à construire une famille qui participera à notre avenir commun. Telle est notre vision de la famille du­rable. »

    Effectivement…Il est temps d’en parler à M. SARKOZY !

    « Il est une spécificité française qu’on ne retrouve pas beaucoup en Europe. En droit français, la fiscalité ne s’applique pas à l’individu mais à la cellule familiale. C’est un avantage différentiel considérable en Europe. Tous les coups de canif portés à ce principe seraient néfastes. »

    Effectivement, le quotient familial est une bonne chose…Mais peut être considérablement amélioré.

    « Si notre volonté de soutenir les fa­milles ne s’incarne pas, elle disparaîtra. Le mot “famille” n’apparaît pas dans la liste des nouveaux ministères. Le mot famille n’apparaît même pas dans l’intitulé d’un secrétariat d’État ! Et si la préoccupation de la famille n’apparaissait pas davantage avec la suppression de la triple déclaration de revenus des jeunes mariés ? On nous rabâche à longueur de temps que les systèmes fiscaux de nos voisins sont meilleurs que les nôtres. Ce dont nous sommes sûrs, c’est que la politique familiale “à la française” est celle qui porte le plus de fruits en Europe. Alors ne rompons pas avec cette politique. Encourageons la solidarité familiale. »

    Alors, dites à vos collègues d’arrêter d’envoyer le fisc derrière chaque famille !

    « Ceux qui veulent enfermer la question familiale dans un débat moral qui opposerait les anciens et les modernes se trompent gravement. La question familiale est avant tout une question politique. Son enjeu, c’est la cohésion sociale et notre capacité à nous projeter dans l’avenir »

    C’est plus encore, M. VANNESTE. La famille est notre destinée.

    Voici quelques situations où vous pourriez agir.

    Ex : imaginons que je veuille – en tant que particulier ou/et en tant que patron d’une société familiale – loué à bas prix à un enfant ou un ami dans le besoin une de mes propriétés (m’appartenant en propre ou à ma société).

    Et bien…Je vais me retrouver avec un contrôle fiscal car…Pour le fisc, la « gratuité » est suspecte ! La « solidarité familiale » ou « amicale » n’a aucun sens pour lui. Résultat ? Nombreuses sont les familles qui sont « redressées » par le fisc, au motif d’un loyer soit disant trop faible ! Pour ces familles, qui n’ont fait qu’écouter leur coeur, qui ont agit par désintérèssement et même au profit de l’Etat – qui se voit ainsi aider dans sa politique du logement puisque la solidarité familiale et amicale lui permet de faire des économies en matière de logements et de se consacrer aux personnes les plus en difficulté en la matière ! A savoir ceux sans attache familiale ou/et amicale ! – c’est donc une sanction pour générosité trop manifeste ! Le logement étant finalement imposé sur le loyer qu’aurait dû rapporter la location dans une situation “normale” !

    Le risque d’être pénalisé existe aussi si l’on se contente d’accueillir un enfant à son foyer, un proche, un parent. Si une exonération totale ou partielle est prévue pour les personnes modestes, en logeant gratuitement ou non – le proche ou l’enfant peut payer une partie du « loyer » pour compenser le coût du manger, du boire, et du loger – loger ses propres parents, proches, enfants…Fait augmenter ladite taxe d’habitation !

    Le fisc considère, en effet, que le fait qu’un proche, parent, parent, enfant, va participer d’une manière ou d’une autre aux charges de la maisonnée. Et que dès lors, le généreux contribuable, faisant preuve d’altruisme, va voir ses propres charges baisser. C’est pourtant loin d’être toujours le cas ! (Surtout dans la période actuelle où beaucoup de monde se retrouve sur le carreau)

    Une dernière surprise attend le généreux propriétaire qui aura mis gratuitement un logement au service d’un proche, enfant, parent. Dans l’hypothèse de la vente de l’immeuble, ayant constitué antérieurement son habitation principale, l’exonération de la plus value ne s’applique pas puisqu’il n’habite plus le logement au jour de la session. Est ce à dire qu’il faut éviter de rendre service si on envisage de vendre son appartement ?

    Le démembrement de propriété peut aussi réserver quelques surprises. A l’occasion d’une donation partage, l’enfant reçoit normalement la nue propriété et les parents l’usufruit, ce qui leur permet d’occuper le bien ou de le louer jusqu’à leur décès. Si jamais l’enfant, pour une raison ou une autre, habite le logement gratuitement, les parents seront imposés sur les loyers qu’ils auraient dû lui demander. Ce n’est pas tout : à la disparition des parents, les droits de succession seront alors calculer sur la pleine propriété ! L’impôt voudrait supprimer la « génération Tanguy » qui s’incruste chez ses parents – plus souvent pour des raisons sociales que sociétales d’ailleurs – qu’il ne s’y prendrait pas autrement !

    Le Législateur, au niveau fiscal, met bien peu en oeuvre le troisième terme de notre devise : la Fraternité !

    Ce qui est vrai en matière de logement, se retrouve dans d’autres situations. Quelques ex :

    Un ami est dans le besoin ? Nous lui prêtons de l’argent. Fatale erreur ! Ce geste peut se retourner contre lui. A défaut de pouvoir être justifié, le prêt peut être taxé comme un revenu ou comme une donation !

    Le mieux, est donc, de faire enregistrer ce prêt auprès des services des impôts. Mais combien de citoyens le savent ? Tout geste désintéressé est mal perçu par le fisc. Ainsi, dans le cas d’un démembrement de propriété entre le nu propriétaire et les usufritiers, ce dernier garde l’usage du bien. Ces derniers peuvent en faire ce que bon leur semble : y habiter ou le louer.

    Mais si les usufruitiers font cadeau au nu propriétaire des loyers à payer, le fisc voit double. Il impose les usufruitiers sur les loyers dont ils se sont privés et le nu propriétaire est lui imposé dans la catégorie des bénéfices non commerciaux !

    Aider un locataire en difficulté est aussi répréhensible. Prenons l’ex d’une locataire qui paye régulièrement ses loyers, jusqu’au jour où celle ci est confrontée au décès de son époux, qui engendre des coûts et de nouvelles charges – puisque cela fait un salaire de moins – qui empêche donc ladite locataire de payer son loyer au jour J.

    Le propriétaire est compréhensif. Il lui dit être prêt à attendre qu’elle touche son héritage pour régler la situation. Très généreux, après qu’elle ait touché son héritage, le propriétaire décide de lui faire cadeau des dettes accumulées. Ce beau geste sera considéré comme étant…Un abandon de loyer par le fisc ! Mieux : ce beau geste est…Imposable! Même sanction si le propriétaire décide de ne pas poursuivre un locataire mauvais payeur !

    Le don manuel ? C’est la façon la plus courante de donner une forme d’argent. Depuis la loi TEPA, les donations entre époux ou partenaires pacsés sont taxés à un taux progressif situé entre 5% et 40%. Les concubins, eux, payent le prix fort du mode de vie qui est leur. Ce qui peut se justifier, au regard de la faveur que le Législateur donne au mariage et au pacs, pour des raisons bien compréhensibles d’intérêt général.

    En revanche, les dons à un ami, voire mieux encore, à un proche, ne bénéficient d’aucun abattement. Y compris pour ce qui concerne l’enfant issu d’un premier lit ! Le don d’une belle mère ou d’un beau père serait taxé à 60%! Certes, il y a des moyens de contourner cette règle : l’assurance vie par ex. Reste que bien des contribuables ignorent ce procédé, et sont ainsi mis en difficulté au moment fatidique.

    Les « cadeaux » sont eux aussi injustement fiscalisés. En effet, pour bénéficier de la qualification « présent d’usage » qui seule permet à l’individu de ne pas voir taxer les cadeaux qu’il a pu faire à ses proches et à sa famille, le « cadeau » doit être « raisonnable ». Et pour mesurer ce caractère “raisonnable, le fisc évalue ce cadeau à l’aune des revenus du légataire ! Ainsi, un « riche » qui acheterait une voiture pour son fils lui ferait un « cadeau d’usage » quand un « pauvre » offrant le même cadeau à son enfant, verra son geste qualifié de « don »…Dans un cas aucune taxe, dans l’autre un don imposable ! Cherchez l’erreur !

    Autre hypocrisie : les « bons anonymes ». Ce système a pour principe, officiellement, de permettre aux citoyens de choisir leurs placements. Or – vive la cohérence – ces bons sont hyper taxés ! Comment promouvoir un système qu’on déprécie en imposant aussi fortements de semblables dons ?

    En effet, le remboursement des bons donnent lieu à un prélèvement sur le capital de 2% par année de détention. L’addition peut monter très vite. De plus les intérêts sont taxés au taux de 60%. Enfin, s’ajoutent les prélèvements sociaux de 12,1%. En clair, une fois le fisc passé, il ne restera pas grand chose. Et ce n’est pas forcément fini. Quand le fisc interrogera le bénéficiaire sur l’origine des fonds qui lui ont permis d’acquérir sa maison de campagne, l’alibi des bons anonymes sera irrecevable. C’est donc un vrai cadeau empoisonné. Bref, d’un coté on met en place, au nom de la liberté, des bons anonymes. De l’autre on taxe les dits bons au maximum pour dissuader le citoyen de les utiliser ! Où est la cohérence ?

    La même incohérence préside en matière de déductions fiscales pour les dons aux associations. On compte en France plus d’un million d’associations à but non lucratif. Espace de liberté, l’association est un élément important de la vie en société, qui fait partie du paysage démocratique. Or celles ci ont souvent la vie dure « grâce » à une fiscalité qui punie les « mécènes » de celles ci. Ex : un écrivain raconte dans un ouvrage la vie de son village natal. Il abandonne ses quelques droits d’auteur à l’association des randonneurs qui vend ses livres. Le vérificateur va trouver à imposer cet écrivain qui n’a pas perçu ses droits !

    Il existe dans notre droit un impôt : la taxation des dons manuels versées aux associations. En principe, ces ressources ne sont pas imposables. Pourtant, en cas de contrôles fiscaux, elles le deviennent (à l’exception des organismes d’intérêt général) au taux de 60% sans compter les pénalités.

    Une telle situation crée une inégalité flagrante entre les associations vérifiées et les autres. Le choix de l’association vérifiée appartenant à l’administration, on imagine l’espace d’arbitraire que peut créer un controle fiscal. L’association qui perçoit un don devrait logiquement attendre dix ans la prescription d’un éventuel controle, pour utiliser l’argent qui lui a été donné. On nage en plein délire !

    Les dons versés à certaines associations permettent par ailleurs au donateur de bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu de 66%, dans la limite de 20% du revenu, ce taux étant porté à 75% pour les dons en faveur d’associations d’aides aux personnes en difficulté depuis l’amendement Coluche dans la limite d’un plafond de versement. Mais pour en profiter, encore faut il payer l’IR, ce qui n’est pas le cas pour les contribuables modestes et pourtant généreux donateurs. Ce système n’est pas juste, quand il suffirait de remplacer la réduction par un crédit d’impôt remboursable dans tous les cas.

    Autre injustice. Les associations, fussent elles reconnues d’utilité publique, ne peuvent pas faire bénéficier leurs généreux donateurs de la réduction d’impot de 75% sur l’ISF, exclusivement accordée aux versements en faveur des fondations, établissements de recherche, d’enseignement, ou encore groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification !

    Il n’est pas non plus admissible qu’un Etat prélève 60%, dès le premier euro sur un don fait à une personne étrangère à la famille. Procédé qualifié « d’attentat aux libertés de la personne » par une enquêté interrogé à propos de la fraude fiscale. Tout aussi révoltant, le taux de taxation de 55% entre oncle ou tante et neveux ou nièces.

    La crise a montré les limites d’une société égoiste et individualiste. Héberger un ami ou prêter de l’argent à un parent sont des gestes qui constituent une véritable bouée de sauvetage. S’impliquer, communiquer, fait revivre l’humain. Jamais il n’y a eu un aussi fort engouement en faveur des associations. N’est il pas juste, dès lors, que la fiscalité évolue ?

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  3. Thibault Loosveld - 25 novembre 2010 14 h 51 min

    @ seb:

    Vous me permettrez cette remarque: l’égoïsme, qu’il soit social ou individuel est une valeur de gauche depuis qu’au milieu des années 1980, le PS a abandonné la défense des ouvriers pour se consacrer à la préférence étrangère. C’est le cas de la revendication du droit de vote des étrangers aux élections municipales alors que ce n’est pas un droit de l’Homme !

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  4. seb - 25 novembre 2010 16 h 04 min

    Bonne chose M. VANNESTE !!!
    http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/propositions/pion2976.pdf

    Pour ce qui est du vote des étrangers…Ce n’est pas qu’une proposition « de gauche » :

    En effet, dans son ouvrage « Libre » publié en 2001 chez Fixot-Robert Laffont, Nicolas Sarkozy écrit : « J’avoue ne pas être outrageusement choqué par la perspective de voir des étrangers, y compris non communautaires, voter pour les scrutins cantonaux et municipaux. À compter du moment où ils paient des impôts, où ils respectent nos lois, où ils vivent sur notre territoire depuis un temps minimum, par exemple de cinq années, je ne vois pas au nom de quelle logique nous pourrions les empêcher de donner une appréciation sur la façon dont est organisé leur cadre de vie quotidien ».

    Le fiston est sur la même longueur d’onde…

    En effet, Jean Sarkozy, le fils cadet du chef de l’État, s’est dit favorable au droit de vote des étrangers extracommunautaires aux élections locales. (Interview sur France 2 dans le cadre de « l’affaire de l’EPAD »)

    Benoist Apparu se dit, lui…«assez ouvert» au principe du droit de vote des étrangers.

    « ce n’est pas un droit de l’Homme »

    Effectivement, puisque cela relève de la souveraineté…Et pas « que » de la citoyenneté ! La DDHC fait d’ailleurs très bien le distingo entre les régalias – ce qui est propre au Souverain – et les droits de l’Homme ET du Citoyen.

    Ex : tous les Hommes et Citoyens ont droit à une justice équitable. A quand une « réforme » du parquet ? Pour être conforme à la Charte des Droits de l’Homme (Lisbonne) et la DDHC ?

    Ex : la Nation, seule – parce que Souveraine – a le droit d’élection. Et la Nation se distingue de la…Population.

    En revanche, pourquoi ne pas permettre – comme le prescrit la DDHC – la « concurrence » (libre et non faussée) entre politiques ?

    Autant je pense que ce qui relève de la souveraineté doit garder un caractère « français » et donc être réservé à des personnalités françaises…Autant je crois que le Gouvernement (Premier Ministre compris sauf en période de cohabitation) devrait être « concurrentiel ».

    Je veux dire par là que je ne serais pas fâché d’avoir un Ministre des Finances allemand, un Ministre de l’Emploi suédois, un Ministre de l’Immigration anglais, ou encore un Ministre de la Famille Italien ! La France a eu des Ministres « étrangers » qui ont beaucoup plus apportés que les princes de sang !

    Et ma foi, mettre « nos » politiques au défi de candidatures plus intenses et originales…Ne ferait pas de mal !

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  5. grégory - 25 novembre 2010 16 h 39 min

    « Ils savent que cette solidarité, à la différence de toutes les solidarités administrées, est la seule qui PEUT ETRE spontanée et chaleureuse. »……vous faites bien de formuler votre phrase ainsi.quand on voit le nombre de parents négligents voire violents à l’origine de faits divers dont les journaux ou la télévision se font l’écho…
    je ne vais pas ici évoquer à nouveau l’une de mes marottes -l’ouverture,pour les couples homosexuels,du droit à l’adoption,comme dans les pays les plus avancés pour ce qui concerne l’égalité des citoyens devant la loi…oups,je l’ai fait- mais force est de constater qu’un couple hétérosexuel,biologiquement apte à faire des enfants,ne le sera pas forcément lorsqu’il s’agira de les élever et de les éduquer…

    et pour ce qui est des pays vivant un « hiver démographique » (expression poétique,réalité inquiétante),à savoir principalement l’allemagne,le portugal,l’espagne,l’italie,j’ai toujours trouvé « bizarre » que ce soit des pays où l’église catholique a pourtant un poids important (à moins que ce ne soit finalement qu’une illusion…).l’irlande constitue un cas à part,mais on voit qu’elle redevient ce qu’elle fut longtemps,à savoir une terre d’émigration.bref,le seul grand pays d’europe présentant une démographie relativement dynamique est un pays farouchement -et j’espère qu’il le restera…- laïque: le nôtre…

    @ ghiss.des études -de l’ined,si je ne me trompe pas- ont montré que les familles issues de l’immigration tendent à se rapprocher,pour ce qui est du nombre d’enfants par foyer,des familles françaises « de souche ».

    @ seb…désolé,je n’ai pas eu le courage de lire votre placard…

    @ Thibault Loosveld… »l’égoïsme, qu’il soit social ou individuel est une valeur de gauche »…merci pour ce grand moment d’humour!
    « le PS a abandonné la défense des ouvriers pour se consacrer à la préférence étrangère. »…je vous remercie à nouveau pour celui-ci.
    et enfin,je ne vois pas pourquoi des étrangers vivant et travaillant dans notre pays n’auraient que le droit de payer impôts et taxes.il me semblerait normal qu’ils puissent également -disons après au moins 5 ans de résidence- s’exprimer sur la vie de l’endroit où ils vivent,en obtenant le droit de voter aux élections municipales.

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  6. grégory - 25 novembre 2010 16 h 51 min

    oups… »laïc: le nôtre »

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  7. Thibault Loosveld - 25 novembre 2010 17 h 53 min

    @ Grégory:

    Si vous ne voyez pas pourquoi, c’est parce que vous ignorez la différence entre un droit du citoyen et un droit de l’Homme !

    Répondre
  8. françoise - 25 novembre 2010 21 h 35 min

    Bonjour M. Vanneste

    j’apprécie de voir cette liste d’élus UMP qui enfin défend la « famille ».

    Il est vrai que la France est le pays qui se défend le mieux au niveau de la natalité mais les chiffres sont connus, ce sont les immigrés, notamment les dernières générations, qui ont fait exploser la natalité en France.

    Vous pourriez me répondre que c’est un bien précieux.

    Mais la France a un grave problème à résoudre, celui du communautariste qui sévit de plus en plus dans toutes les grandes métropoles et ses périphéries.

    De famille très nombreuse et Catholique, 12 frères et soeurs, et moi-même 7 enfants, nous constatons que nos jeunes ne désirent plus d’enfants dans un pays où une autre religion prospère et impose de plus en plus son dikdat avec la complicité de beaucoup d’élus qu’ils soient Nationaux, régionaux, locaux et avant tout Européens…

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  9. Ghiss - 26 novembre 2010 11 h 23 min

    Grégory, là vous péchez par angélisme…les familles subsahéliennes polygames (pauvres femmes esclaves et enfants futurs délinquants, remember les émeutes de 2005!!) ne se rapprochent absolument pas de la disette démographique des Français de plus vieille souche!!!
    Et pour les Maghrébins (eux aussi musulmans), les Beurettes modernes émancipées ne font plus beaucoup d’enfants alors les hommes arriérés vont chercher des « biens soumises » (et incultes) au bled et là c’est 4 enfants minimum mais pas du qualitatif hélas! rien à voir avec l’immigration vietnamienne par ex!!

    C’est une femme de gauche, féministe évidemment, qui vous parle : ne faite pas l’autruche face à une certaine immigration (peu importe la couleur, c’est la religion qui pose problème) aussi sexiste qu’homophobe (vous êtes homo je crois?). Et raciste aussi, voyez comment fuient des zones de Bronx les autochtones blancs…

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  10. seb - 26 novembre 2010 14 h 51 min

    Monsieur VANNESTE…Vous et vos collègues vous interrogez sur le sens de la famille. Pourtant, vous avez voté contre la famille en supportant le budget – en déséquilibre permanent – 2011.

    http://mondepute.free.fr/cadre_lois.htm

    Lequel budget retire une partie de la CSG consacré à la famille…!

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  11. grégory - 26 novembre 2010 16 h 33 min

    @ ghiss… »et là c’est 4 enfants minimum mais pas du qualitatif hélas! »…qu’en termes choisis ces choses-là sont dites,comme dirait l’autre!…ouh là…

    qu’en france il y ait des hommes arriérés,comme vous dites,certes. mais il n’y en a pas que parmi ceux issus de l’immigration…sinon,pour ce qui est des problèmes dans les banlieues,ceux-ci ne sont pas tant causés par l’immigration que par l’impéritie des pouvoirs publics qui,durant des décennies,ont laissé à l’abandon de nombreux quartiers périphériques des grandes villes. quartiers dans lesquels se sont concentrées les familles d’origine étrangère,le plus souvent les plus pauvres à cause du chômage et de la précarité…difficultés (ou manque de volonté) d’intégration+chômage ou précarité+pauvreté+négligences diverses de l’Etat ou court-termisme électoraliste=mélange explosif…

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  12. Ghiss - 26 novembre 2010 17 h 49 min

    J’aimerais bien vous croire Seb mais….les Vietnamiens et bien d’autres immigrés (et Dieu sait que la France est diverse question nationalités) n’ont pas été autant aidés et choyés que ceux venant des ex-colonies musulmanes.
    Pourtant ils furent colonisés eux aussi mais leur mentalité religieuse n’est pas fataliste et à la recherche permanente de bouc-émissaire en cas d’échecs…
    Bien sûr que les hommes arriérés donc sexistes sont partout mais en proportion ils sont surtout chez les populations musulmanes restées figées dans le passé et qui restent hyper patriarcales.
    Les femmes issues de cette immigration ont d’autant plus de mérites de réussir car elles subissent un sexisme violent dans les banlieues (sous culture islamiste) en plus du racisme à l’embauche et aussi du sexisme à l’embauche qui persiste dans la société française en général.

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  13. Xavier Collet - 3 décembre 2010 13 h 22 min

    Soutenir la famille c’est aussi combattre ceux qui la veulent dissoudre :
    http://asso-cedif.e-monsite.com/

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