Des moutons de la panurgie et des bergers de la résilience…

Durant une semaine passée aux États-Unis, et notamment dans les universités de Berkeley, de Stanford et de l’Arizona State University, je n’ai pas une fois entendu le mot « crise ». J’ai rencontré des universitaires qui évoquaient d’une manière très pragmatique les problèmes graves que connait actuellement l’économie américaine et les solutions que pouvaient leur apporter les universités dans le cadre d’une économie de l’intelligence, soucieuse d’augmenter la qualification des travailleurs, et l’accès du plus grand nombre à la connaissance. Autrement dit, j’ai pris conscience du fait que les américains avaient toujours le moral, et qu’ils étaient plus que jamais prêts à s’adapter empiriquement au contexte. Par exemple, à Phoénix, les priorités sont désormais la santé, local et mondial, l’environnement, et la sécurité ne vient qu’en 4ème position. Cette permanence de la mentalité et cette réactivité aux problèmes du temps constituent une double qualité que nous ferions bien de méditer.

La France, elle, ne change pas non plus. La panurgie médiatique s’acharnait sur le Pape à mon départ, et prend pour cible les « patrons » à mon retour, faisant d’une phrase -tronquée et tirée de son contexte- pour le premier, et de quelques mauvais exemples pour les seconds, le stimulus d’un comportement réflexe. Il faut que des têtes tombent. Quand la France se heurte à une crise mondiale, il faut des coupables locaux, des bastilles à prendre, des défilés à organiser et des grèves à lancer ! Comme si tout cela avait le moindre rapport avec l’origine de nos difficultés, un endettement public beaucoup trop important, des déficits permanents, des dépenses publiques démesurées et improductives, qui limitent aujourd’hui nos capacités de rebond. La priorité est aujourd’hui comme hier de redonner du muscle à notre économie, de créer des rapports plus dynamiques entre la formation, la recherche et la production, de maintenir et développer cette dernière sur notre territoire, car seul le travail est créateur d’un véritable pouvoir d’achat. Dans cette perspective, les millions de travailleurs et les centaines de milliers de chefs d’entreprise qui se battent aujourd’hui pour préserver leur emploi, pour obtenir des crédits nécessaires au développement de leur activité, et pour affronter parfois la concurrence internationale, mènent un combat solidaire.

Face à la crise, c’est la résilience qu’il nous faut, et non les réquisitoires révolutionnaires repris en chœur par le microcosme médiatique, avec malheureusement, la complicité d’un certain nombre de responsables qui s’imaginent de droite…

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2 commentaires

  1. seb - 3 avril 2009 7 h 49 min

    A Monsieur Vanneste, quelques r’emarques :

    1) Le réquisitoire contre les « patrons »…Vient de Nicolas Sarkozy. Sachant que pour les médias français ce dernier est le grand ordonnateur de notre cher et beau pays…Pour lui faire plaisir les médias sont allés chercher des patrons qui ont une absence de « morale » !

    Il faut dire que Monsieur Sarkozy s’est beaucoup offusqué de ce qui n’est certes pas un scandale économique ou social…Mais un scandale moral…Mais n’a pas fait grand chose pour le résoudre (du moins sur le plan national…On verra ce que cela donne au niveau du G20) :
    –des paroles
    –un décret dont je vous ai déjà dit qu’il s’agissait d’une « réponse » méprisante du Gouvernement à l’égard des citoyens !

    De son coté…Barack Obama ET le Congrès…Ont tout de suite mis fin à ce scandale moral :
    –en posant une barre maximum aux salaires des détenteurs de stock options
    –en taxant à 90% les stocks options MAIS aussi les « indemnités » par ex de présence desdits « patrons »

    La France, et plus largement l’UE…Se contente de bons mots sur un scandale moral à savoir : l’inversion de la valeur méritocratique. Le problème n’est pas que certains gagnent un salaire 100 fois supérieur à celui d’un salarié…Le problème est que certains gagnent un salaire 100 fois supérieur à celui d’un salarié :
    *alors qu’ils n’ont pris aucun risque (leur situation n’est pas en cause)
    *ils ont fait preuve d’incompétence
    *l’entreprise dont ils ont la charge souffre…En partie à cause de leur manque d’anticipation

    Barack Obama ET le Congrès…Ont mis en place les conditions de la « reprise »…C’est à dire du retour de la confiance :

    *L’Etat montre l’ex : Barack Obama l’a encore dit hier ! Il a parlé de la NECESSITE DE MONTRER L’EX. Le Président, le Gouvernement et le Congrès ont donc GELE leur rémunération tant que le pays ne retrouvera pas un peu de croissance.

    ….En France, Monsieur Sarkozy n’a pas symboliquement « gelé » son argent de poche le temps que la France retrouve des couleurs. Ni n’est revenu sur l’augmentation de 273% ! De cet argent poche (en valeur ce n’est peut être pas grand chose, sur le plan moral et symbolique c’est immense)

    …Au sein de l’UE : on apprend ces jours ci que Monsieur Barroso (qui est non seulement incompétent mais a de bonnes chances d’avoir un nouveau mandat parce que nommé et non élu (où est le risque pour lui ?) gagne un salaire aussi important, sinon plus (en comptant les indemnités) que Barack Obama. Si je me souviens bien…Pour N.Sarkozy…Les gros salaires ne se justifient que par le fait que la personne bénéficiaire prend de grand risque (pour elle) et a de grandes responsabilités, et est responsable. (Devant le Parlement ou le Peuple) Monsieur Barroso correspond à cette description selon vous ? Les commissaires européens se goinfrent pareillement…Alors qu’ils sont en partie responsables de la situation de l’UE aujourd’hui (bref, niveau compétence, c’est pas çà) et qu’ils n’ont aucun compte à rendre aux citoyens ou à leurs représentants élus !

    *Le système économique et financier montre l’ex : pas de goinfrerie des financiers et des économistes et taxation maximum des symboles même de la crise

    …En France : un décret illégal et qui se fout de la gueule du monde
    …Au sein de l’UE : çà change selon le pays…Mais en général, c’est limite si on ne continue pas à baiser les chaussures de ceux qui nous ont mis dans la situation.

    *Regarder vers l’avenir : ne pas se focaliser sur « la crise ».

    …Où est la « vision » pour l’avenir : Monsieur Sarkozy « gère » la crise. Mais ce n’est pas le travail d’un Président…C’est celui d’un Premier Ministre. Le Président, lui, doit montrer la route à suivre, et porter un message vers l’avenir. On sait que c’est un des grands problèmes pour Monsieur Sarkozy que de devoir se projeter dans le futur…Mais avoir une « vision » est essentielle. Qu’il prenne ex sur Barack. On n’attend pas d’un Président qu’il nous offre (par charité ?) des mesurettes. On attend qu’il se projette dans l’avenir (pas le sien…Celui de la France) Où en est on, par ex, dans le projet de l’UPM ? Monsieur Sarkozy nous dit aussi qu’il veut renforcer les liens entre la Chine et la France. Mais pourquoi ? On ne le sait pas ! Simplement pour faire de la real politic ? La décision du Général De Gaulle de reconnaitre la Chine avait un sens politique fort, et relevait d’une vision du Président De Gaulle, qui voyait celle ci comme un acteur majeur pour l’avenir. Avec Monsieur Sarkozy, ces « rapports » avec la Chine semblent être simplement portés par l’ambition de faire de la lêche aux dirigeants chinois.

    …Au sein de l’UE : vue l’absence du « Président du Conseil Européen » au G20…L’inertie de Barroso…Et la préoccupation des députés européens…Une « vision » européenne n’est pas pour demain. On gère au jour le jour. Pas de quoi redonner la pêche aux citoyens

    Bon….Tout de même, pour terminer sur une note joyeuse, j’ai appris hier que l’Assemblée avait adopté (contre l’avis du Gouvernement…Incroyable mais vrai ! Comme quoi peut être les députés se souviennent ils avoir été élus par les Français non par Monsieur Fillon !) le principe selon lequel la suspension de la ligne Internet n’entrainerait pas le payement de l’abonnement pendant cette suspension.

    Grande nouvelle ! Reste que l’on peut se demander si c’est en respect avec les règles européennes…

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  2. Muriel - 16 avril 2009 8 h 40 min

    Monsieur,

    J’ai découvert les américains à l’âge de 11 ans, en 1968 puis ai travaillé avec eux, partagé ma vie avec eux tant dans ma vie privée que professionnelle. Tant que vous n’avez pas passé 8 à 15 jours avec une personne, pratiquement 24 H sur 24, vous ne le connaissez pas, et ne voyez que ce qu’elle veut vous montrer d’elle, et qui ne correspond pas forcément à sa réalité. Les américains sont très différents de nous. Ils nous éblouissent lorsque nous les découvrons ou les regardons de loin. Ils sont capables du meilleur et du pire. Leur pire défaut est leur inculture, leur superficialité, et leur sentiment de supériorité très fortement ancrée en eux. S’ils sont solidaires, c’est uniquement lorsqu’ils ont un intérêt dans la solidarité qu’ils apportent. Un français est gratuitement solidaire et ne soumet sa solidarité à la réception d’un avantage pour lui: c’est une différence fondamentale de nos morales respectives . J’ai beaucoup admiré les américains pendant des années, le temps d’apprendre à les connaître. Vous me semblez émerveillé par eux et ne voir que leur brillant: j’étais comme vous. Leur brillant à un revers terrible. Les USA sont en faillite. Nous aussi, mais nous avons notre culture et nos ancres: eux n’en ont aucune et sont à la dérive. Les USA sont le pays de tous les excès. Or, les excès sont destructeurs. Seul l’équilibre et le juste milieu sont constructeurs: ce sont les valeurs françaises. J’ai fait 2 commentaires sur « le point » l’article concernant « le cadeau Turc d’Obama à Nicolas Sarkozy ». J’y démontre la différence fondamentale de raisonnement et de comportements, mais aussi de valeurs profondes, entre un américain et un français: ce sont nos valeurs morales qui fondent ces différences.

    L’ESPRIT
    Ce n’est pas du « mauvais esprit » mais tout simplement les esprits d’Obama et de Sarkozy qui apparaissent clairement sur leur visage sur cette photo. L’état d’esprit de Barack est totalement inverse à celui de Nicolas: l’un est américain, l’autre français. Obama ne tient compte que de son intérêt et ne le remet pas en question quel que soit celui de son voisin : Obama regarde droit devant lui, les traits de son visage sont symétriques, donc « il roule pour lui » et ne se soucie pas des problèmes de son voisin Nicolas. Il n’a aucune empathie pour Nicolas, il est déterminé et rigide dans son esprit: il a pris sa décision, tenant compte uniquement de son intérêt à lui, et ne la remettra pas en question ! Il fonce droit devant vers son but sans considérer l’existence et les soucis des autres, ni les intérêts de Nicolas. C’est cet état esprit qui a conduit les américains à massacrer les indiens qui les gênaient et à les parquer dans des réserves, qui a conduit les américains à importer des esclaves noirs pour leur seul intérêt en profitant de leur supériorité guerrière (les armes à feu) ce sans aucun complexe ni remords, ni considération ou empathie humaine pour les indiens et les noirs. Les américains ont également exploité les peuples et pays d’Amérique du Sud à leur seul profit financier tant qu’ils ont pu le faire. L’esprit « pionnier américain » exige la soif aveugle de l’argent et du pouvoir, et d’écraser tout ceux qui les empêchent d’atteindre leur but: l’or. C’est ce qu’ils appellent « The Magic of thinking Big »: les « grands » et les « forts » c’est eux et ils veulent le rester ! Ils se sont habitués à exploiter les autres et à les dominer par n’importe quel moyen, pour leur seul intérêt à eux. OBAMA a un intérêt financier avec les Turcs: il n’y a que ça qui compte pour lui, et cela ne le dérange pas de mettre la pagaille chez autrui et de nuire chez autrui pour servir l’intérêt financier américain. SARKOZY est différent: il a du sang français, la culture française et un esprit français. Donc, il considère, se soucie et fait attention aux autres. Cela lui procure de la honte et de la culpabilité d’écraser les autres et de les faire souffrir. Sa tête et son regard est légèrement tournée vers OBAMA: il fait un geste vers Obama, il se pose des questions sur lui et ne le comprend pas. Les traits de son visage sont dissymétriques (droite-gauche) . Son sourcil de droite (côté raison) est relevé en accent circonflexe (interrogatif, surpris, se pose des questions, doute), alors que la partie gauche (côté coeur) de son visage est plus basse, droite mais pas vraiment détendue (voire triste et un peu déçue). Sur la différence culturelle entre un Turc et un européen, OBAMA ne la perçoit pas, n’a pas cette sensibilité, mais surtout il s’en fiche complètement: ce n’est pas son problème. Sensible aux souffrances des noirs, il ne pense jamais à celles des indiens et des hawaiens autochtones parqués par ses ancêtres. Il n’a ni sang indien, ni hawaïen.

    et le 2ème commentaire: LA MENTALITE
    Le problème de Nicolas est qu’il n’a vécu qu’à Neuilly sur Seine, avec des franco français, et allait en vacances à la Baule. Donc, il ignore totalement la mentalité des autres peuples et s’imagine qu’ils sont comme lui: il a tort et c’est de là que viennent toutes ses erreurs. Les américains sont tous des immigrés, qui ont massacré le peuple autochtone indien et l’ont parqué dans des réserves. Les français n’ont jamais massacré aucun peuple colonisé. Les hawaiens auraient préféré les Français aux américains. En 1968-1970, on ne voyait pas un Hawaien à Hawaï. Ils ont fait venir des esclaves d’Afrique pour travailler à leur place et s’enrichir sur leur dos. Les français n’ont jamais fait venir d’ esclaves noirs en France pour bosser à la place des français. En 1960, aux USA, il y avait les bus pour noirs et les bus pour blancs. Les américains sont impérialistes et égoïstes (je les fréquente depuis 40 ans et ai travaillé avec eux). Ils sont adorables tant qu’ils ont un intérêt à prendre. Mais dès que leur intérêt est ailleurs, ils vous virent avec un grand sourire et n’ont aucune notion de la reconnaissance du ventre. Un licenciement aux USA, c’est 30 secondes : « fired » est le mot. J’ai vu une américaine « fired » d’une grande entreprise, lors d’un meeting, parce qu’elle aurait eu un comportement jugé trop chaleureux avec des hommes lors d’une soirée professionnelle. Personne hormis les américains ne l’ont remarqué, mais le lendemain matin, elle était dans l’avion pour New York, afin de récupérer ses effets personnels à son bureau, surveillée par son supérieur, et quitter immédiatement l’entreprise. Alors que j’avais 9 ans, en 1968, un douanier insistait pour que je réponde à la question que je ne comprenais pas « are you comunist », interdisant à ma mère de s’approcher de moi. Question très sérieuse d’un ami américain sur une plage de Cancun, en 1996, à ses 2 compères américains et devant moi:  » Pensez vous que nous, américains, sommes vraiment impérialistes ?  » Les américains n’ont aucune culture; mêmes des CEO très cher payés ignorent que la statue de la liberté est un cadeau des français et de La Fayette. Les « beaufs » américains sont mille fois pire que nos paysans français qui eux, sont cultivés et ont une culture transmise de génération en génération. Nicolas Sarkozy ne voit que le brillant des USA, mais ne voit pas le revers: il est colossal pourtant. J’étais pareille au début que j’ai connu les USA; Vivre et partager ma vie quotidienne avec des américains m’a ouvert les yeux. Il ne faut pas s’attendre à des cadeaux. Seuls leurs intérêts comptent. Un américain n’a rien à voir avec un français et nous n’avons pas du tout la même mentalité, ni les mêmes réactions. Il faut le savoir pour ne pas être déçu. Obama est cependant un homme intègre, évolué, sensible et brillant, ce n’est pas un « fou » comme Bush ou Mac Cain. Mais il est américain, c’est un homme qui a grandi sans père, que son père a abandonné… mais qui respecte les femmes.

    Le gouverneur de la Californie, le célébre « Scharzy » n’a pas été à la conférence intrenationale sur l’Eau, tout simplemen car son Etat, le plus riche des USA, est ruiné et qu’il ne pouvait pas payer ce voyage: je crois que personne ne réalise la gravité de telles réalités. Si les américains étaient plus intelligents que les autres, ils n’en seraient pas là: c’est eux qui ont inventé la scientologie et l’ultralibéralisme qu’ils nous ont imposé et c’est eux qui nous ont conduit à notre déclin et à notre perte: la crise est la conséquence de la corruption morale, donc du mépris des valeurs morales traditionnelles qui a été imposé par les américains. Pour eux, seul l’argent compte et l’argent prime sur toutes valeurs morales. Par chance, OBAMA est équilibré et a une morale saine. Il s’est entouré cependant des prédateurs qui ont instauré l’ultralibéralisme (nazisme économique) . Il faut en tirer des conclusions.
    Cordialement
    Muriel

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