Le courage de la loi et de l’ordre !

Une peur chasse l’autre, un ennemi remplace l’autre : le Covid-19 s’éloigne. Déjà l’on entend des réflexions sur les excès de panique qu’il a suscités. Il est vrai que les pays qui ont su l’affronter avec une méthode efficace n’en ont subi que des effets mesurés. La France n’est pas de ceux-là. La vague virale a atteint l’Amérique après l’Europe. On peut s’étonner qu’un vaste mouvement de protestation rassemblant des foules ait lieu aux Etats-Unis alors que l’épidémie y sévit encore fortement. Un Afro-Américain court davantage le risque d’être tué par un membre de sa « communauté » que par un policier, mais l’image insupportable, ici celle d’un policier étranglant avec le genou sur le cou un homme noir interpellé, a, comme d’habitude, servi de détonateur à une onde de choc psychologique et planétaire. Une video, un slogan devenu un mouvement, « Black Lives Matter », des rassemblements, des défilés, parfois des émeutes avec violences, vols et incendies, le rite des policiers un genou à terre pour communier avec l’émotion collective : tout ceci, en dépit des risques sanitaires de l’épidémie, correspond à un trait typique de nos sociétés post-modernes où les emballements affectifs denses et courts dans le temps, relayés par les médias dans le monde entier, se propagent par mimétisme, chacun croyant devoir déposer sa fleur, faire son geste, pour avoir l’âme en paix, dans un élan processionnaire, quasi religieux, et quelque peu masochiste. Le racisme a chassé le Covid comme ennemi n°1. Il s’agit bien sûr du racisme blanc contre les noirs, qui fait partie de ces motifs de « dénigrer », si j’ose dire, notre civilisation qui décidément ne vaudrait plus rien. Dans l’autre sens, ça ne compte pas, car c’est une juste revanche des opprimés contre les oppresseurs. Il y a longtemps que les raisonnements ont déserté la bulle médiatique dans laquelle nous vivons. Plus que jamais, chacun ne se sent lui-même qu’en sentant comme les autres…

La France, depuis le début, auquel elle a participé avec succès, ne cesse de regarder les Etats-Unis avec les yeux de Chimène, c’est-à-dire avec un mélange de désir et de répulsion. Faute d’être le pays des start-ups, voici que notre pays copie l’Amérique par son côté obscur. Il n’y a jamais eu d’esclavage en France métropolitaine, mais la présence d’immigrés africains venus librement y chercher un mieux-vivre, l’illusion de faire de tous ces passagers les membres admiratifs de la nation qui les accueille, et la repentance coloniale injustifiée qu’entretient l’idéologie dominante y ont créé artificiellement une copie idéale de la communauté noire noire américaine, un tremplin idéologique de choix pour les revendications victimaires. Dans un pays où la distinction raciale n’existe pas, où le mot race a été mis à l’index de la République, voilà qu’il a débarqué comme le coca-cola et le jazz avec les libérateurs de 1944. Il y a maintenant un Collectif Représentatif des Associations Noires, une Ligue de la Défense Noire Africaine, et une instrumentalisation de la victimisation raciale évidemment univoque, le blanc étant raciste de naissance, les Africains subissant ce racisme depuis la nuit des temps à domicile et en France. « L’Etat français est un Etat totalitaire, terroriste, esclavagiste, colonialiste » délire un membre de la LDNA. Quant à Camélia Jordana, poing levé, elle a entonné en anglais une chanson des Black Panters de 1968 « The Revolution has come… time to pick up the gun »et franchissant l’Atlantique, de la langue et du fantasme, elle a affirmé que les jeunes banlieusards se faisaient massacrer tous les jours par la police en raison de la couleur de leur peau. Quant à Christine Taubira, tellement victime du racisme qu’ancienne indépendantiste guyanaise, elle s’était retrouvée ministre de la Justice, elle a enfoncé doublement le clou : « Quand Adama Traoré ou George Floyd meurent, c’est pareil : ce sont des hommes noirs qui meurent de leur rencontre avec des policiers », puis « chaque dérapage individuel tache l’institution toute entière ». Il faut s’y faire : en France, il est devenu normal qu’une ancienne Garde des Sceaux applique la scandaleuse peine collective. Mais uniquement, quand c’est le policier qui est, à ses yeux, le coupable… L’amalgame n’est autorisé et même conseillé qu’à sens unique ! Les gendarmes qui ont interpellé Traoré n’ont tué personne. Un délinquant connu, porteur de cannabis et d’un argent liquide aussi abondant que douteux s’est soustrait à un contrôle légitime et est mort d’une faiblesse cardiaque. Rien à voir ni avec les Etats-Unis ni avec George Floyd ! Et pourtant, le « parallèle » court en boucle sur les médias et les réseaux sociaux et réunit 20 000 manifestants aux abords du nouveau Palais de Justice en dépit d’une interdiction justifiée par les règles de l’urgence sanitaire.

La réaction de Castaner, ce ministre de l’Intérieur à contre-emploi, est molle, côté manifestants : pas de plainte contre Camélia Jordana qui appelle à prendre les armes contre la police, une répression des manifestations sans commune mesure avec celle qu’ont subie les Gilets Jaunes. Elle est plus vive, côté forces de l’ordre, dont le moindre mot, le moindre geste à connotation raciste ne sera plus toléré. Comme si la mobilisation des loubards de banlieues épaulés par les black-blocs, les antifas, et autres gauchistes, avait une légitimité morale plus forte que la loi et l’ordre. Peur d’une révolte des cités ? Vieille complicité des « progressistes » avec la déconstruction de notre civilisation ? Calcul machiavélique en vue de faire monter le vote dit d’extrême-droite afin d’assurer la réélection d’un président inepte ? Les Français vont-ils enfin s’apercevoir qu’un pouvoir, né dans des circonstances douteuses et qui accule un pays à une telle situation et à de tels choix, est nul et non avenu ?

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9 commentaires

  1. erwan - 8 juin 2020 8 h 00 min

    La socialocratie antiraciste n’en finit pas de nous surprendre et de nous étonner: toujours encline à défendre de nouveaux opprimés, elle est prête à combattre sans cesse de nouvelles phobies. Ainsi, sont nés le concept de « négrophobie » et l’association Brigade Anti Négrophobie, le suprémacisme noir n’est pas loin!! On est en plein délire! Il est vrai que du fait de l’esclavagisme, le blanc a une dette éternelle envers le noir et doit battre sa coulpe jusqu’à la fin de temps…

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    • kerneilla - 8 juin 2020 10 h 28 min

      oui, et les musulmans doivent en faire autant pour la traite de blancs par les barbaresques en Méditerranée… et si on en finissait avec cette repentance sans fin…

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  2. Bernard - 8 juin 2020 8 h 43 min

    Voici l’ analyse de Vivien Hoch, je l’ a trouve très juste.
    https://twitter.com/vivien_hoch/status/1267430851006148610

    À la lutte des classes, qui ne fait plus recette, la gauche a substitué la lutte des races et la lutte des sexes. Même dialectique sous-jacente, même révolte, même omnipolitisation des choses, même irationnalité, même usage de la violence pour arriver à ses fins.

    La philosophie est exactement la même. Elle repose sur la dialectique hégélienne réinterprétée par Marx. Le moment de la dialectique du maître et de l’esclave est simple : il y a une lutte à mort entre des égaux, et celui qui peut mettre sa vie en jeu devient le maître.

    Cette situation réinterprétée par Marx dans le cadre capitaliste donne : il y a les prolétaires et les propriétaires, les dominants et les dominés, les esclaves et les maîtres. Toute la société et la culture sont des structures qui appuient et justifient cette oppression.

    L’oppression est structurelle. Le dominé n’a que la révolte, la révolution et la violence, pour renverser cet état des choses. Contre les institutions, évidemment, mais aussi et surtout contre la culture et l’histoire du pays, qui sont les structures de l’oppression.

    Voilà pourquoi la gauche, qu’elle soit socialiste, marxiste ou anarchiste, a toujours légitimé la violence à divers degrés. C’est dans sa nature. Toute sa « prise de conscience » politique et sociale consiste à exacerber cette violence à l’intérieur des individus.

    Comme je le disais plus haut, aujourd’hui la lutte des races et des sexes ont remplacé la lutte des classes. Mais la même dialectique demeure, et la même légitimation de la violence.

    Il faut comprendre que la démocratie elle-même, ses espaces de liberté et la liberté d’expression inhérente sont pour eux des manifestations de la structure d’oppression capitalistique, qui est là pour maintienit en place le patron.
    C’est pourquoi seule la gauche peut remettre en cause à ce point là un scrutin électoral. Voilà aussi pourquoi elle peut manier la violence sans problèmes. Par essence, sa dialectique la place en marge des règles de fonctionnement de la société démocratique.

    La même structure culturelle qui maintenait hier le patron comme maître, maintient désormais la domination blanche et la domination patriarcale. Elle est pour eux à détruire. Et d’abord par des moyens illégaux puisque la loi fait partie de la domination.

    Comme l’avait bien vu Hegel, cette dialectique repose au fond sur une « conscience triste ». Au fond, ils projettent sur la société leurs problèmes personnels. Puisqu’ils ne s’aiment pas, ils n’aiment pas le monde. La politique est leur champ d’expiation, leur catharsis.

    Les idéologues politiques ont bien compris et exploités cette tristesse dialectique. Ce faisant, ils exploitent les racisés et les femmes pour les rendre tristes, leur désigner les responsables de leur tristesse, afin d’exploiter leur révolte.

    Au-delà de la guerre des sexes et des races, il y a désormais le mouvement collapsologue et anthropophobe de l’écologie radicale :
    Aujourd’hui, ce n’est même plus le patron, le blanc ou le mâle qui domine, écrase et exploite : c’est l’homme tout court. Nous en venons au « mauvais infini » de Hegel. La dialectique se mord la queue et tourne sur elle-même. Au fond, la tristesse sera infinie.

    Comment lutter contre cette philosophie perverse, dont les résultats concrets sont le pillage, le lynchage, la violence, la tristesse et la dépression infinie ?

    1° d’abord dé-essentialiser les choses. La dialectique gauchiste prétend que des classes (ouvrier, femme, noir, musulman…) sont exploitées. Ce faisant, elle les enferme dans des catégories. Elle les essentialise.

    2° il faut aussi dés-universaliser les choses. Certes nous ne sommes pas enfermés dans des catégories, mais nous sommes conditionnés par notre culture d’origine. Oui nous sommes tous être humain, non nous n’avons pas tous le même comportement devant le même événement.

    3° enfin, il faut aussi dé-politiser les choses. Mettre la politique et le social, la « bataille commune », l’en-commun, le « public », en retrait. Tout n’est pas politique. On ne doit pas tout attendre du politique. Et même pas grand chose.

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  3. kerneilla - 8 juin 2020 10 h 06 min

    « un trait typique de nos sociétés post-modernes où les emballements affectifs denses et courts dans le temps, relayés par les médias dans le monde entier, se propagent par mimétisme, chacun croyant devoir déposer sa fleur, faire son geste, pour avoir l’âme en paix, dans un élan processionnaire, quasi religieux, et quelque peu masochiste. »
     » Il y a longtemps que les raisonnements ont déserté la bulle médiatique dans laquelle nous vivons.  »
    « Un délinquant connu, porteur de cannabis et d’un argent liquide aussi abondant que douteux s’est soustrait à un contrôle légitime et est mort d’une faiblesse cardiaque. Rien à voir ni avec les Etats-Unis ni avec George Floyd ! Et pourtant, le « parallèle » court en boucle sur les médias et les réseaux sociaux et réunit 20 000 manifestants aux abords du nouveau Palais de Justice en dépit d’une interdiction justifiée par les règles de l’urgence sanitaire. »

    « Calcul machiavélique en vue de faire monter le vote dit d’extrême-droite afin d’assurer la réélection d’un président inepte ? » probable, alors il n’y a qu’une parade : s’il est démocratique pour la Gauche d’allier toutes ses composantes pour gagne les élections, la Droite doit en faire autant; De gaulle avait attribué des postes ministériels sans influence politiques aux communistes après guerre, la droite peut en faire autant avec l’extrême droite….

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  4. DELAFOSSE - 8 juin 2020 10 h 16 min

    Des hommes  » blancs » qui s’imposent sur l’homme « noir », des hommes « bronzés » qui s’imposent sur l’Europe, des hommes qui s’imposent sur les femmes, des humains qui s’imposent sur la nature, tout cela est vieux comme le monde !
    Aujourd’hui, un microscopique élément calme cet ensemble démontrant l’importance d’une petite population et le rôle secondaire de certains qui passent leur vie à vouloir s’imposer.

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  5. kerneilla - 8 juin 2020 10 h 40 min

    La justice en France m’inquiète, elle condamne Zemmour ,un intellectuel cultivé et rationnel; Va-t-elle refuser de condamner les vociférateurs extrémistes parce qu’ils sont noirs ? La discrimination positive est aussi du racisme …

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  6. DELAFOSSE - 8 juin 2020 11 h 35 min

    Même une condamnation en justice ne supprimera jamais l’ expression de la vérité.

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  7. Ribus - 8 juin 2020 17 h 36 min

    Suivant l’adage « on n’arrête pas le progrès », on peut parier sur des initiatives macronesques à venir pour remédier au racisme blanc subi par les noirs. Peut-être faudra-t-il que les policiers soient noirs eux-mêmes pour pouvoir interpeller un délinquant de même couleur ? Peut-être aussi que ces pauvres victimes du racisme endémique du Français à béret et baguette de pain vont-elles bénéficier d’un crédit d’infractions voire d’exonérations pénales comme cela se pratique en matière fiscale ? Peut-être que le pouvoir macronien va interdire de dire d’un homme noir qu’il l’est ? Notre président tant aimé va-t-il ajouter une couleur à notre drapeau ? 2020 : sans doute année historique, celle de l’abolition de l’égalité des citoyens devant la loi.

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  8. comtat eric - 8 juin 2020 21 h 58 min

    Loi AVIA , déchainement médiatique orchestré , manipulations au niveau mondial , ne sentez-vous rien venir ?

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