Le terme de « fange » jeté à la figure de Nadine Morano est infiniment plus insultant que les propos de cette dernière à l’encontre de Mme Ndiaye. Le tweet de la députée européenne était entièrement justifié : les vêtements excentriques, notamment un pantalon façon « peau de tigre », y sont qualifiées de « tenues de cirque ».  On ne voit pas ce que le mot « cirque » a de spécifique des « noirs », contrairement au « stéréotype » que l’intéressée a cru y déceler. « Stéréotype », encore un mot de militante jouant au psycho-sociologue, à la manière de Najat Vallaud-Belcacem, ce qui montre la continuité profonde du mandat actuel par rapport au précédent sur ces questions. Mme Morano n’évoque à aucun moment la couleur de la peau de Mme Ddiaye, mais uniquement le décalage entre le comportement et la fonction. Lorsque Griveaux avait pointé « ceux qui fument des clopes et roulent en diesel », la réprobation a été générale. On est donc en droit de penser que la pigmentation de Mme Ndiaye, loin de la desservir, lui servirait au contraire de caution pour franchir les limites de la bienséance. Cette bataille de dames s’est déroulée sur le terrain privilégié de la macronie : la communication. En ne quittant pas celui-ci, en s’attachant uniquement à la « forme », Mme Morano a manqué l’occasion de relever le débat. 

Car, en second lieu, la polémique a fait apparaître le véritable problème qui est celui de la confusion entretenue avec succès par la gauche idéologique, toujours au pouvoir, au gouvernement comme dans les médias complices, entre race et culture. Il s’agit de faire passer toute défense de l’identité culturelle pour du racisme. Si la hiérarchie des hommes en fonction de leur couleur ou de la forme de leur boîte cranienne , c’est du racisme que rien de vient justifier, ni scientifiquement, ni moralement, en revanche l’idée que la culture d’une civilisation, d’une nation doive être préservée n’a rien à voir avec le racisme. Levi-Strauss que les antiracistes citent souvent avait précisé sa pensée dans une conférence à l’UNESCO en 1971 : il est légitime qu’une culture se protège pour persévérer dans son existence, afin de préserver la diversité, la richesse de l’humanité. Si la culture française disparaît, nous n’aurions plus rien à offrir aux autres.  Gaston Kelman, dans « je suis noir, et je n’aime pas le manioc », avait illustré cette différence profonde entre la race et la culture. Noir, il était avant tout Français et Bourguignon. Il est à craindre que les antiracistes soient avant tout des antifrançais ! On aurait aimé que Nadine Morano le dise !