La France plus divisée que jamais !

C’est presque une loi de l’histoire que les hommes politiques aboutissent le plus souvent au résultat contraire de ce que leur volonté tentait de dicter aux événements, et cela en proportion même des moyens employés. Hitler pourrait en constituer l’exemple le plus flagrant : le grand Reich raciste a abouti à une Allemagne amputée, à des Allemands politiquement complexés, au règne quasi totalitaire de l’antiracisme décliné sous toutes les formes du refus de l’inégalité, souvent au-delà du raisonnable, et plus récemment à une montée d’un racisme inversé, contre les blancs, le rappel des heures sombres du nazisme condamnant toute résistance et forçant à la contrition.  Auparavant, Napoléon 1er avait, pendant quelques années, conduit la France à dominer l’Europe tandis qu’elle grossissait à 130 départements, de la Baltique à l’Adriatique. Depuis, elle est revenue à peu près à sa surface de l’Ancien Régime, agrandie de la Savoie, de Nice et d’Avignon, mais légèrement écornée sur sa frontière nord, la plus tragiquement insuffisante. Sa population, la plus importante d’Europe au XVIIIe siècle a stagné par rapport aux autres. Si on compare la boulimie napoléonienne à la prudente et lente absorption des Bourbons, on s’aperçoit que la France a peu perdu de leurs conquêtes en Europe. L’action de longue durée, assurée par tout un peuple dirigé par une suite d’hommes avisés et opiniâtres, est plus efficace que le volontarisme d’un seul.

C’est manifestement ce que le narcissique Macron n’a pas perçu. Il voulait changer le pays, en finir avec les Gaulois réfractaires, rassembler la gauche et la droite derrière une élite de « sachants », et préparer la France au grand large de la mondialisation, en passant par une Europe « inclusive ». Le résultat est grotesque et ferait rire, s’il n’était calamiteux pour notre pays. La France n’a jamais été aussi divisée : les 34 listes déposées pour les élections européennes en témoignent. Si une très relative unité les parcourt, elle est négative et repose sur une hostilité au Chef de l’Etat, dont l’étendue et la vigueur ont eu peu de précédents. Parmi les nombreuses fractures qui fissurent la société française, la plus grave est celle qui oppose la France d’en haut, trop intelligente sans doute pour être comprise, et celle d’en-bas qui continue depuis 25 semaines à manifester avec le soutien d’un grand nombre de Français. Depuis le mois de Novembre, si le mouvement des Gilets Jaunes s’est déporté sur la gauche et séduit moins des électeurs de droite, néanmoins remontés contre le pouvoir, si le nombre des manifestants diminue, sa persistance prouve une réprobation vivace du gouvernement et de la personne qui l’incarne.

De samedi en samedi, un autre divorce préoccupant se fait jour : dans une démocratie, la police n’est pas celle du pouvoir contre le peuple, elle doit être la sécurité pour tous, avec une fermeté digne en proportion des actes commis. Face au risque du terrorisme islamique et à la montée de la délinquance, plus que jamais les Forces de l’Ordre doivent être le prolongement armé du peuple qu’elles protègent. Elles doivent être au sein de la population, comme un poisson dans l’eau. Or, chacun sait qu’elles ne le sont plus depuis longtemps dans certains quartiers à reconquérir, et voici que le spectacle constant d’affrontements entre des manifestants et une police vouée davantage au maintien de l’ordre qu’à la sécurité, offre plus l’image d’un régime répressif que d’une démocratie apaisée. Malheureusement, même s’ils demeurent  minoritaires, certains comportements de policiers sont indignes, et creusent un fossé dangereux entre la population et « sa » police.  Les tentatives maladroites pour diaboliser les manifestants ont lamentablement échoué. Il y a certes des extrémistes et des violents, mais ils ne constituent nullement la masse des protestataires. La responsabilité de la chienlit actuelle est évidente : elle réside entièrement dans un pouvoir  méprisant et maladroit que la majorité du peuple rejette, même si elle n’exprime pas un souhait unique pour le remplacer.

40 % de votants aux élections européennes, et 34 listes, dont 3 se réclamant des Gilets Jaunes, et une de l’islam qui révèle la maladie communautariste à l’oeuvre dans le pays. Très peu auront des élus, sept sans doute au maximum. Les députés se disperseront dans les groupes du Parlement Européen et la France y pèsera encore moins que par le passé, dans un contexte qui, cette fois, s’éloignera totalement des voeux de M. Macron, puisque les « nationaux » auront gagné en importance. D’après les sondages, le président actuel motivera 18% des électeurs à voter pour lui, mais incitera 44% à se mobiliser contre lui. En deux ans, Jupiter est descendu de l’Olympe, de mauvais gré, et sa volonté de changer le pays en autocrate n’a abouti qu’à accentuer les résistances qu’il dénonçait !

 

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5 commentaires

  1. Jacques Peter - 6 mai 2019 9 h 33 min

    33 listes aux européennes. Combien vont défendre la civilisation européenne basée sur la liberté individuelle, la dignité de la personne et la propriété, alors qu’elle est menacée par une vague d’immigrants porteurs d’une autre civilisation, incompatible avec la nôtre?

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  2. DELAFOSSE - 6 mai 2019 10 h 13 min

    Sur-employée depuis des mois, mal équipée, déconsidérée, toujours impayée en heures sup. , malgré les suicides à répétition, il faut s’attendre à ce que la Police pète les plombs un jour ou l’autre. Malgré quelques erreurs commises par ci par là, nous avons pour l’instant encore bien de la chance.

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  3. Galatine - 6 mai 2019 21 h 30 min

    La priorité serait de dégager ce président devenu grotesque à force d’enfumage, de « en même temps » , coupable de favoriser une escalade de la répression policière contre les manifestants chaque samedi et de colporter des mensonges d’Etat…un triste Sire vraiment, que les « braves gens », en d’autres termes son électorat bourgeois, continuent de soutenir aveuglément.
    Ce n’est pas possible avant 2022, malheureusement, sauf s’il lui arrive des bricoles avant, mais il a eu la bonne idée de nommer une tête de liste calamiteuse pour mener le parti présidentiel aux Européennes et un ministre de l’Intérieur grotesque, en option.
    Avez-vous remarqué que les sondages qui étaient tous favorables à la liste Loiseau il y a encore quelques semaines, sont devenus soudain très discrets voire ont disparu des pages de vos journaux – de mon journal macroniste, en tout cas : le « Ouest France » ?

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  4. en passant - 7 mai 2019 7 h 54 min

    « L’action de longue durée, assurée par tout un peuple dirigé par une suite d’hommes avisés et opiniâtres, est plus efficace que le volontarisme d’un seul. »

    Malheureusement, l’action de longue durée de la droite depuis 40 ans, c’est de détruire la puissance de l’Etat. Ce qui est à peu près l’exact inverse de ce qu’il fallait faire dans le monde contemporain, comme cela commence à devenir clair (et d’ailleurs, à peu près l’exact inverse de l’action de la monarchie).

    Leur action opiniâtre et de longue durée aurait pu être de réduire, voire renverser l’immigration, et dans ce cas elle aurait été efficace. Mais il faut bien constater qu’ils ont fait un autre choix.

    Avec le RIC, cela irait sans doute encore un peu plus vite, presse milliardaire aidant. Le peuple n’aurait pas le temps de déjouer les manipulations des gens payés pour en faire (ne s’est-il pas déjà fait piéger, temporairement mais suffisamment longtemps, par Maastricht ? Par le niveau qui montait ? Par touche pas mon pote ?…) . Par la ruse, on le compromettrait donc dans des décisions dont il lui serait alors plus difficile de critiquer le résultat.

    Cela aboutirait d’ailleurs à une multiplication des divisions, entre les majorités successives des différents RIC gagnés et les minorités amères constatant, comme Cassandre, qu’on aurait bien dû les écouter.

    Ce qu’il faudrait donc, ce n’est pas tripatouiller la constitution de la cinquième, mais plutôt que les hommes de droite avisés et opiniâtres s’avisent de se réformer eux-mêmes, et de se contenter de ce qu’ils avaient il y a 40 ans, qui était déjà bien suffisant.

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    • vanneste - 8 mai 2019 8 h 11 min

      Mon allusion à des hommes avisés et opiniâtres faisait malheureusement référence à des temps révolus. De Richelieu à Louvois, par exemple….

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