En ce 9 Novembre, la leçon d’histoire de de Gaulle.

18juin2016Le 9 Novembre 1970, s’éteignait le Général de Gaulle. Nous approchons du cinquantenaire de sa mort, alors que cette année nous célébrons le centenaire de la victoire de 1918. La France ne doit pas se noyer dans des commémorations incessantes. Elle doit  moins encore s’enliser dans des polémiques superflues à propos du passé. Elle devrait s’interdire cette maladie de la repentance qui transforme les motifs de fierté en germes de désespérance. Le 10 Novembre 1968, le Président de la République, Charles de Gaulle prononce une allocution aux Invalides pour célébrer l’armistice de 1918 et la victoire française. C’est le Général qui très sobrement rappelle le déroulement de la guerre et la part qu’y prirent la France et son armée. Il souligne l’importance du sacrifice et l’insuffisance de la préparation :  » Prodiguant l’action sans disposer des moyens voulus, c’est elle qui, relativement, perdit le plus de son sang. » Il évoque ensuite les chefs qui furent les auteurs principaux de cette grande page de notre histoire. Il cite les politiques : Poincaré, Clemenceau, puis les militaires : Joffre, Foch, Pétain, Franchey d’Esperey, puis plus brièvement, Fayolle, Gallieni, Lyautey et Maunoury. Pétain est à sa place dans l’ordre chronologique et sans doute aussi celui du rôle joué dans le résultat obtenu :  » Pétain, ayant brisé à Verdun le choc acharné des Allemands, ranima l’armée française en guérissant son moral blessé, en l’organisant autour de l’armement moderne qui sortait enfin de ses usines, et en ne l’engageant jamais qu’après avoir méthodiquement tout disposé pour le succès. » Aucune mention n’est faite du titre de Maréchal, ni du « chef de l’Etat Français » de la seconde guerre. Le discours se termine par la nécessité de maintenir allumée la flamme de la fierté française nécessaire pour que la France affronte, comme elle l’a fait en 1914-1918, les grands défis qu’une nation rencontre dans son histoire. De Gaulle rappelle des faits incontestables et gomme tout ce qui pourrait porter une ombre sur un jour de fierté nationale. Il avait toute légitimité pour évoquer ces événements et pour citer Pétain, d’abord parce qu’il avait été un officier courageux durant la Grande Guerre, blessé trois fois, la troisième très grièvement, laissé pour mort sur le terrain, relevé, fait prisonnier et soigné par les Allemands, ensuite parce qu’il était un excellent technicien de la guerre qui avait la compétence nécessaire pour juger de la qualité des généraux, enfin parce que proche de Pétain dans l’entre-deux guerres, il s’en était séparé et avait combattu sa politique entre 1940 et 1944. Quand on le voit négliger le régime qui l’avait condamné à mort pour ne rappeler brièvement que la face claire du personnage qui le dirigeait, on songe qu’il ne pensait qu’à la conséquence positive de son discours pour le pays, qu’il voulait éviter la polémique stérile et n’introduire aucune dimension personnelle dans son jugement. Il avait combattu Vichy et Pétain. Cela suffisait.

C’est la raison pour laquelle il faut condamner sévèrement les palinodies du Président actuel. Voilà un homme qui n’a connu la guerre ni de près ni de loin, et qui éprouve le besoin d’étaler son jugement personnel sur la place publique, en refusant d’abord d’assister à la cérémonie prévue aux Invalides en l’honneur des Maréchaux de la Grande Guerre, puis en demandant que celle-ci soit discrète, sous le prétexte qu’on commémore la paix et non la victoire, enfin de manière incohérente en donnant son avis sur le « grand soldat » qu’était selon lui, Pétain. Le résultat de ces contorsions, c’est que la polémique a pris le pas sur la célébration. Les foudres des résistants tardifs de l’an 2018 sont tombées sur la dépouille de l’île d’Yeu, les admirateurs du personnage controversé se sont réveillés. La fierté française a disparu dans le trou creusé par les obus échangés dans cette diatribe. Le laconisme du Général de Gaulle aurait du servir d’exemple. Mais en ce 9 Novembre, beaucoup de nos politiciens vont se précipiter à Colombey pour essayer d’arracher quelques lambeaux de sa gloire. De Gaulle a objectivement sauvé deux fois la France, en 1940 et en 1958. Lui aussi avait une face sombre, par exemple sa dureté impitoyable à l’encontre des Français d’Algérie, mais contrairement à Pétain, le bilan de son action au profit de notre pays alimente la flamme de notre fierté nationale. Encore faudrait-il que ceux qui se réclament de lui n’aient pas l’impudence de mettre en oeuvre une politique totalement opposée à celle qu’il souhaitait pour la France. Ainsi n’aurait-il sans doute pas toléré qu’on baptisât « collectivité EUROPEENNE d’Alsace » l’union des deux département reconquis en 1918. Ainsi aurait-il condamné l’Europe telle qu’elle est en train de se faire avec parfois la participation de prétendus gaullistes. Comme le rapporte Alain Peyrefitte, pour lui, l’Europe  » ne pourra se faire que par la concertation des gouvernements légitimes, et non par des technocrates apatrides. » Qu’on y pense lors des élections européennes !

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7 commentaires

  1. DELAFOSSE - 9 novembre 2018 8 h 12 min

    Pétain: Tous nos « Grands soldats » ont connu les combats au corps à corps, la boue et le sang des tranchées sans parler de cette obligation de tuer l’ennemi avec armes ou de ses propres mains.Je ne crois que ce fut le cas pour ce Colonel sur le point de prendre sa retraite en 1914.
    Alors  » Grand Militaire » après la victoire de 1918,certes,mais triste Politique après la défaite de 1940.
    Pas facile d’être bon partout et tout le temps !

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    • thierry velle - 10 novembre 2018 16 h 43 min

      les socialistes du front populaire sont les seuls responsables de la défaite de 40 et n’ont même pas été capable de rechercher un autre que Pétain à qui ils ont confié tous les pouvoirs

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  2. en passant - 9 novembre 2018 21 h 33 min

    « Ainsi n’aurait-il sans doute pas toléré qu’on baptisât « collectivité EUROPEENNE d’Alsace » l’union des deux département reconquis en 1918. »

    En effet, c’est assez surprenant.

    La manie de la décentralisation, en plus d’être inefficace (tout en procurant des postes aux politiciens locaux, certes) a aussi des conséquences néfastes comme celle-là, et dans d’autres régions sensibles aussi.

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  3. Eric DEVISE - 9 novembre 2018 22 h 56 min

    Excellent résumé de cette grotesque mascarade !
    Et dire qu’il y a des généraux pour applaudir cet énergumène.

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  4. DELAFOSSE - 10 novembre 2018 10 h 40 min

    9 Novembre 1970…jour de mon unique réprimande en quatre années d’armée.En effet, apprenant la mort du Général, j’ai mis la drapeau de la caserne en berne bien avant que mon supérieur ne m’en donne l’ordre !
    Moralité: Dans l’armée française, il faut savoir prendre des initiatives, mais il faut en demander l’autorisation…Pas étonnant qu’on est eu tant de morts en 1914 et perdu la guerre en 1940.
    Certains diront,oui mais ça c’était avant !

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  5. Pitton Rita - 10 novembre 2018 10 h 54 min

    Vade Retro aux démons de la guerre ! à la boue , au sang , aux coups mortels dans les tranchées dans ces horribles guerres humaines démoniaques !! .
    L’homme et ses démons !!! Vade Retro . Amen
    la semaine dernière aux infos de 13 hrs la présentatrice du feuilleton de fin d’info nous montrait une bande de jeunes français et d’allemands de cette guerre 14/18 qui refusaient de s’entretuer et prenaient un verre ensemble dans les tranchées ! Photos à l’appui .

    J’ai plané .Car c’était merveilleux .Les démons de la guerre étaient
    vaincus en ce lieu . Alléluia !
    Mais pas partout . Vous pensez que c’est terminé ces affreuses guerres mondiales ?? Mais NON .

    Pourquoi ? Parce que l’humanité s’obstine à s’associer aux Forces violentes Immanentes d’en Bas : elle n’écoute pas Rita qui lui montre la TRANSCENDANCE VECTRICE DE Paix, de Justice , d’Amour .

    Voir mon blog svp .Bonne montée vers la Paix.Amen

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    • DELAFOSSE - 10 novembre 2018 15 h 21 min

      N’espérez pas trop quand même ici bas, n’a-t-il pas dit: « Mon royaume n’est pas de ce monde… »
      L’horreur du combat n’enlève rien à l’honneur du combattant.

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