Baroud occidental en Syrie ? (I)

gunshow2« Qu’il ait raison ou tort, c’est mon pays !  » Cette maxime britannique devrait s’imposer à tout patriote et conduire tout Français à approuver les frappes qui ont été lancées contre la Syrie, ne serait-ce que parce qu’elles ont été conduites par nos aviateurs sur ordre du Président de la République, et qu’ils ont pris des risques ce faisant. Ce serait une trahison que de contester une telle opération pour des raisons idéologiques telles qu’elles existaient à l’époque de la guerre froide entre les deux blocs ou lors des guerres dites coloniales où des « Français » ont trahi leur pays en participant aux traitements infligés aux prisonniers français du viet-min ou en portant les valises du FLN. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils n’en ont guère payé le prix. C’est pourquoi, le simple commentaire de l’action menée contre la Syrie me semble, lui, légitime.

La Russie n’est plus marxiste-léniniste et ne souhaite pas imposer le communisme au monde. La seule doctrine qui a cette ambition est l’islamisme, qui certes ne possède pas les moyens de l’URSS de jadis, mais qui détient l’arme non négligeable de la démographie. Le conflit entre les pays dits « occidentaux » et la Russie, qui est devenue leur cible quotidienne, n’est pas de nature idéologique, mais correspond à l’éternelle « réalpolitik » plus ou moins camouflée par la morale humanitaire. Dans ce contexte, on ne doit plus juger que de l’intérêt des Etats, et donc de celui dont on est citoyen pour savoir si la politique qu’il mène vise à préserver l’intérêt supérieur du pays.

A long terme, on perçoit clairement que la politique des Etats-Unis cherche à éliminer totalement la Russie de la stratégie mondiale depuis l’écroulement de l’Empire soviétique. Les révolutions soutenues ou même fomentées dans plusieurs anciennes républiques soviétiques, dans les Pays Baltes, la Géorgie, l’Ukraine ou le Kirghizistan ont eu, pour les trois dernières, dites « de couleur » une étrange ressemblance. Faites au nom de la démocratie, elles n’ont guère instauré des régimes que l’on peut qualifier ainsi, sauf pour le Etats Baltes, qui avaient connu l’indépendance entre les deux guerres. Contrairement à leur engagement envers la Russie, les Américains et leurs alliés de l’OTAN ont intégré d’anciens satellites de l’URSS, proches des frontières russes, et qui n’ont guère de sympathie envers Moscou, comme la Pologne. L’explosion de la Yougoslavie a été réalisée progressivement au détriment unique de la Serbie, traditionnellement liée à la Russie. On a pu y voir un concours évident des « Occidentaux » à la renaissance de l’islam politique dans cette région, et une complicité avec des régimes islamistes aux antipodes de la démocratie, comme le Qatar ou l’Arabie saoudite, ou qui s’en éloignent, comme la Turquie. La Bosnie, le Kosovo, et l’Albanie forment ainsi un ensemble parcouru par les trafics mafieux et la propagande islamiste. Les deux premiers pays cités sont des « curiosités » par rapport au droit international. Le mouvement a ensuite franchi la Méditerranée pour exporter « notre » démocratie dans les pays arabes. Là, le simulacre n’a même pas pu s’imposer, en raison de l’incompatibilité entre les données culturelles et historiques et le projet affiché. Les Frères Musulmans ne sont pas aux pays arabes ce que sont les démocrates-chrétiens aux pays européens ou latino-américains, parce que le terreau religieux est totalement différent. Le résultat correspond donc à un immense chaos, d’où émergent des dictatures restaurées sous une autre forme ou des guerres civiles en cours. On voulait la démocratie et on a obtenu l’islamisme virulent des salafistes de daesh. La politique conduite par les Etats-Unis a été erratique et calamiteuse. Sur le plan stratégique, elle a entraîné le retour de la Russie au premier plan. Il est possible qu’elle ait aussi visé des objectifs économiques peu glorieux qui expliqueraient le soutien américain aux Kurdes dans les zones septentrionales et pétrolifères de l’Irak et de la Syrie. Sauf en 2003, pour l’Irak de Saddam Hussein, la France a constamment soutenu la politique de Washington. Si on met à part les éventuels avantages tirés de cette position auprès des régimes peu démocratiques du Golfe, ce rôle de chien d’attaque dévolu à notre pays, dans la meute occidentale, n’est pas déterminé par l’intérêt supérieur de la France. La politique d’indépendance menée par le Général de Gaulle consistait à afficher fortement la solidarité avec les Etats-Unis lorsqu’ils étaient menacés, lors des crises de Berlin ou de Cuba, mais à prendre de la distance lorsque le jeu de Washington n’engageait en fait que lui. Nous sommes loin de ce statut de pays libre capable, d’être un intermédiaire écouté. (à suivre)

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4 commentaires

  1. DELAFOSSE - 14 avril 2018 9 h 55 min

    Même si ajouter de la guerre à la guerre, ne peut qu’engendrer le risque de la suppression de notre humanité et par conséquent, la destruction des armes chimiques concernées, je donne à parier que dans quelques années, les survivants remettront cela….

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  2. Eric ADAM - 14 avril 2018 15 h 05 min

    Et bien non… moi, j’ai HONTE de cette France soumise aux TRUPETTES du Nouvel Ordre Mondial, et je ne peux accepter que notre MACRO nous entraîne dans une situation semblable à celle de l’IRAQ de Saddam Hussein! J’ai HONTE que notre « NOUVEAU » CEMA soumis à JUPITER en culotte courte et aux long nez de Pinocchio n’ai pas formulé des réserve devant l’absence de PREUVES et sans attendre le résultat de la délégation des experts qui commencent leurs investigations sur les lieux AUJOURD’HUI!

    Je ne peux m’empêcher de présumer, de suspecter, que cette agression n’a pour but que de dénaturer, corrompre, et masquer, les preuves maintenant que la ville de Douma est reconquise et qu’à OMS, les troupes de ASSAD avancent à grand pas!

    OUI, j’ai HONTE… comme j’ai eu HONTE lorsque les USA ont soutenu les TALIBANS, en Afghanistan contre les SOVIETS de l’URSS…
    Oui, j’ai HONTE, comme lorsque nous avons laissé faire BUSH en jouant les VIERGES effarouchées lors de l’invasion de l’IRAQ!

    Nous allons devoir, au minimum, vivre avec cette HONTE issue des mensonges des ETATS… Mais au pire, nous devrons assumer notre TRAHISON de nos VALEURS lorsque les représailles viendront frapper le Peuple de FRANCE! Car, n’en doutez pas, les responsables, les Gouvernants, de France, d’Angleterre, et des USA, ne seront jamais inquiétés!

    LE SYSTEM LEUR APPARTIENT!

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  3. kerneilla - 14 avril 2018 17 h 02 min

    N’est pas de Gaulle qui veut !

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  4. Pitton Rita - 16 avril 2018 8 h 55 min

    J’arrive en retard car j’étais occupée ailleurs .
    Merci pour ce billet et pour les commentaires justes et vrais .

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