L’islamophobie n’existe pas…

islamophobieLa famille des phobies s’accroît sans cesse sans que ceux qui utilisent les mots qu’elle engendre semblent avoir conscience de la stupidité et du danger qu’ils contiennent. Les « phobies » sont avant tout des armes contre la liberté de penser et de critiquer que les journalistes ou les politiciens, qui participent au premier rang à la vie démocratique, devraient avoir honte d’employer s’ils étaient encore capables de réfléchir un tantinet.

D’abord, le mot possède un sens rigoureux qui appartient au vocabulaire de la psychiatrie. La phobie est une peur paralysante, pathologique, démesurée par rapport à ce qui la provoque. Elle est irrationnelle, si ce n’est aux yeux du psychiatre qui montrera son lien avec un traumatisme subi par son patient. Ainsi, un claustrophobe sera paniqué dans un ascenseur bloqué. Un agoraphobe sera pris d’un véritable vertige au milieu d’un espace vide. Le fait d’être intellectuellement hostile à des idées, à des comportements, n’a strictement rien à voir avec une phobie. Ce n’est pas une peur irrationnelle mais une démarche argumentée. L’emploi du mot phobie pour désigner cette attitude est une escroquerie intellectuelle qui consiste à faire passer une opinion pour une maladie, procédé habituel des idéologies totalitaires. En URSS, les dissidents pouvaient être jugés atteints de troubles mentaux. La tactique est elle-aussi coutumière : elle est fondée sur le glissement sémantique, l’amalgame progressif, le même qui a permis de traiter de « fasciste » tout homme de droite un peu réactionnaire, puis tout conservateur. La phobie, peur excessive, dénuée de fondement objectif, va quitter le domaine médical pour la politique avec la xénophobie. Ce premier pas n’est pas totalement absurde. Le rejet a priori de l’autre, de son odeur, de sa couleur, du son de sa langue peut être déraisonnable, mais il témoigne aussi d’un comportement qui n’a rien de pathologique chez un animal social : l’esprit de groupe qui lui fait préférer ses semblables à des étrangers qui peuvent aussi être des ennemis. Si on admet qu’avec la civilisation un tel réflexe doit laisser place à la réflexion, celle-ci n’exclut pas que, dans certaines circonstances, la méfiance envers l’étranger ne soit qu’une forme de la prudence. En tout état de cause, la préférence nationale, qui consiste à montrer plus de solidarité envers les membres de sa nation qu’envers des étrangers, n’a rien de pathologique. Elle correspond au bon sens. Une xénophilie à l’égard d’un ennemi, l’admiration des collaborateurs pour les Allemands, chez un Brasillach par exemple, durant l’occupation, est beaucoup plus troublante.

Le racisme est souvent confondu avec la xénophobie. Là encore, il faut préciser le sens des mots. Le racisme, lui-aussi victime du glissement sémantique, a fini par être synonyme d’exclusion, de discrimination. Il y a des distinctions qui sont justifiées. Le racisme, justement, ne l’est pas. Il repose sur l’idée qu’il y a des groupes humains fondés sur une identité génétique qui leur conférerait une place dans une hiérarchie supposée de l’humanité. La génétique prouve qu’à l’exception des jumeaux, il n’y a pas deux hommes semblables. Sans doute les propriétés physiques sont-elles statistiquement différentes suivant les ethnies. Les Jeux Olympiques le montrent à l’évidence, mais il serait stupide d’en tirer une conclusion globale sur la valeur d’un groupe humain. Le terme de race n’a aucune valeur scientifique. Il est utilisé pour justifier des politiques et des attitudes qui sont profondément inhumaines. Paradoxalement, c’est l’attitude qui se rapproche le plus d’une « phobie » puisque le racisme peut correspondre à cette peur de l’autre vu comme une menace fantasmée qu’il faut anéantir. L’antisémitisme des nazis est caractéristique de cette pathologie obsessionnelle, qui a été en totale contradiction avec les intérêts de l’Allemagne. Son irrationalité est perceptible dans leur sympathie pour les Arabes musulmans, aussi sémites que les Juifs.

La phobie dépend donc de l’absence de rationalité de l’attitude. Or l’emploi politique du mot est d’autant plus fréquent qu’il désigne des opinions parfaitement rationnelles. C’est un terme orwellien, totalitaire, qui disqualifie a priori une pensée et celui qui l’exprime. L’homophobie en un exemple éclatant. Outre que ce mot ne veut rien dire ( peur du même ?), il interdit toute critique de l’homosexualité. Cette opposition peut être cependant dénuée de toute agressivité à l’encontre des personnes et se contenter de souligner la contradiction du comportement avec l’existence biologique des sexes et leur rôle dans la perpétuation de l’espèce. Elle peut correspondre à une conception très logique et raisonnable de l’anthropologie. L’emploi du terme est donc excessif et deviendrait plus légitime face à une répression féroce. Or celle-ci existe. Elle est le fait des islamistes qui assassinent les personnes homosexuelles. Mais, attention ! La critique de l’islam, c’est de l’islamophobie ! Le procédé a fait recette. L’islamophobie présumée condamne a priori toute critique de la religion musulmane. Elle dresse un rempart à l’abri duquel on peut proclamer, contre toute évidence, que l’islam est une religion de paix et d’amour et en-bas duquel les critiques pourtant fondées sur la lecture du coran et des hadiths, sur l’histoire et sur des pans entiers de l’actualité, passent pour de perfides attaques motivées par de méprisables préjugés. Les phobies idéologiques sont des instruments qui imposent le mensonge contre la vérité. Une société qui s’y soumet, la nôtre, n’est plus une démocratie, mais un totalitarisme vicieux, hypocrite. Il est parfaitement légitime dans une démocratie libérale, dans un Etat de droit, d’exprimer des opinions désagréables pour des personnes ou pour des groupes dès lors qu’il ne s’agit pas d’injures, ni d’insultes ou de diffamations. Si la critique des religions est mal supportée par les croyants, elle est légitime dans la mesure où la religion exprime des idées et qu’on a le droit de les contester. La jurisprudence de la CEDH est constante sur ce point. La zone grise de la critique réside dans la dérision, le ridicule, la caricature, mais paradoxalement notre système les admet plus facilement que les discours avec l’excuse de « l’art » ou du divertissement. Comme on le sait, des islamistes les tolèrent si peu qu’ils tuent pour cela.

Il est grand temps de revenir à plus de cohérence. Le terme de « phobie » en dehors de son emploi médical est scandaleux. Dans une société démocratique et libérale, il est indispensable que chacun puisse dire ce qu’il pense des idées ou des comportements d’autrui. L’islamophobie n’existe pas.

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9 commentaires

  1. François ALLINE - 23 août 2016 8 h 30 min

    Très juste Mr Vanneste. Nos sociétés ne censurent pas, elles « modèrent » pour en arriver à empêcher la « libre expression » si celle-ci est en contradiction avec la pensée dominante, novlangue, bien-pensance ou le fameux politiquement correct qui interdit d’appeler une chat « Un chat ». (Hors insultes évidemment)

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  2. kerneilla - 23 août 2016 13 h 36 min

    Ce texte devrait être étudié dans les écoles…mais avec des profs votant socialiste à 70% comment l’espérer?

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  3. DELAFOSSE - 23 août 2016 16 h 17 min

    En attendant, dans notre pays, les islamistes prospèrent, les politiques préparent leurs élections…et nos agriculteurs se suicident !

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  4. Thibault Loosveld - 23 août 2016 18 h 22 min

    D’ailleurs, « völkisch » était apparu dans la lingua tertii imperii afin d’identifier les personnes qui s’opposaient à la suppression des races de telle sorte que les journalistes anti-racistes opèrent donc la même dialectique que leurs prédécesseurs de France Actualités, d’après lesquels le judaïsme était une race.

    En fait d’irrationalité, la démagogie fut parfois aussi néfaste pour nos dirigeants: le 16 Mai 1940, Paul Reynaud fit entrer dans son gouvernement un ambassadeur de France en Espagne dont les théories militaires venaient d’être ridiculisées mais, à l’instar d’une majorité de Français, le président du conseil des ministres avait sans doute pensé qu’était inversement proportionnel au caractère draconien d’un armistice, le grade militaire de l’homme qui demanderait cette suspension des hostilités. C’est là un fait historique car Paul Reynaud, durant le procès du maréchal Pétain, avait reconnu s’être trompé sur les patriotismes de Weygand et Pétain.

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  5. Ribus - 23 août 2016 18 h 41 min

    Le sujet des phobies a déjà fait l’objet de publications que vous connaissez sans doute. Je fais référence au livre récent d’Ingrid RIOCREUX « La Langue des médias : Destruction du langage et fabrication du consentement « qui est un excellent livre qui montre parfaitement la falsification du langage par les journalistes.

    On peut aussi citer : « le dictionnaire de novlangue » de Jean-Yves LE GALLOU et Michel GEOFFROY. Depuis plusieurs années, la ré-information cherche justement à démolir cette vaste entreprise de manipulation et de tromperie institutionnalisées financée sur fonds publics.

    Les phobies sont devenues des classiques de la propagande mais heureusement de moins en moins de gens se laissent berner.

    Ceci étant, beaucoup refusent encore de parler de propagande car cette propagande n’est pas organisée comme dans une dictature militaire. La méthode est beaucoup plus diffuse et vicieuse et consiste pour l’essentiel à travailler de manière autonome mais avec une convergence d’objectifs.

    Ainsi les journalistes, tous formés dans les mêmes écoles et tous ou presque de la même mouvance idéologique pratiquent à des degrés divers la propagande mais qui n’est pas supervisée par une instance supérieure.

    A mon avis, ce caractère sporadique des actions de propagande protège le système médiatique d’être vu comme une véritable organisation de propagande à l’image de celles qui ont existé sous les régimes communistes ou nazi.

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  6. Lebuchard courroucé - 26 septembre 2016 23 h 19 min

    Bonjour M. Vanneste,
    je vous suis depuis que vous subi les foudres de l’establishment politiquement correct et nihiliste sur la question des invertis.
    Je vous suis totalement au sujet de votre dénonciation de la prolifération des phobies pour désigner tout jugement ou comportement non conforme à la dosa gauchiste.
    Malheureusement, je constate (mais ceci ne constitue qu’un très petit point d’achoppement) que vous céder vous aussi aux sirènes de la propagande scientifique antiraciste et mondialiste sur l’inexistence des races… les avancées en biologie moléculaire permettent de plus en plus de vérifier l’existence de groupes ethniques donc de races.
    Je ne développerai pas ici tous les arguments allant dans ce sens mais je me permets de vous proposer deux liens pour un nouvel éclairage sur la question :
    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/race-et-civilisation-la-fin-de-l-49315
    et cela (le suivi des haplotypes est intéressant) : http://lemondeactuel.angelfire.com/article/lesraceshumaines/Races_humaines_types_humains_partie_4_sur_7.htm
    Je ne vous parle même pas de médicaments élaborés spécifiquement pour certaines races (Bidil) ou de certaines précautions à prendre en fonction de la race (comme le Crestor et les effets secondaires sur les asiatiques, cf. le précautions d’emploi sur ce lien d’un site gouvernemental
    http://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/affichageDoc.php?specid=68479386&typedoc=N).
    il y aussi de nombreux articles parus dans des revues reconnues telle que La Recherche.
    Pour faire simple, ce n’est pas parce que vous n’arrivez pas à faire une réelle distinction entre le jaune poussin et le jaune moutarde que vous devez nier l’existence des couleurs primaires…
    Et, admettons, même si ce n’est pas le cas, mais admettons que les races n’existent pas d’un point de vue génétique : par quel mystère il ne serait pas valables d’utiliser des critères phénotypiques en biologie ??!!… Il y a à ce sujet un très bon texte d’Alain de Benoist :
    http://www.bvoltaire.fr/alaindebenoist/lantiracisme-sans-races-ca-va-etre-complique,33175

    Bien cordialement.

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    • vanneste - 29 septembre 2016 19 h 44 min

      Qu’il y ait des groupes ethniques dont les données biologiques sont différentes en raison de l’hérédité et de l’absence d’échanges avec d’autres groupes ne me choque nullement. Je considère seulement que cela est pratiquement sans importance pour ce qui définit l’identité de ces groupes de façon beaucoup plus essentielle : la culture.

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      • Lebuchard courroucé - 29 septembre 2016 21 h 35 min

        « Qu’il y ait des groupes ethniques dont les données biologiques sont différentes en raison de l’hérédité et de l’absence d’échanges avec d’autres groupes ne me choque nullement. » Ceci a une dénomination : des races !
        Or vous affirmez qu’elle n’existent pas, ce qui est une erreur scientifique au service de la propagande mondialiste et universaliste.
        Ensuite, vous considérez cela sans importance pour définir une identité… soit, c’est un point de vue que de nombreux penseurs ont eu comme Sartre (que je n’apprécie pas du tout !) dans l’éternel débat pour définir une être entre nature et culture, l’opposition entre histoire et nature ou entre esprit et matière…
        Pour ma part, en tant qu’enseignant en biologie, certes la culture a une place assez prépondérante pour définir un individu mais sa nature, ses caractéristiques biologiques très liées à un environnement spécifique (niche écologique) ont aussi de l’importance, plus que ce que vous voulez bien leur accorder. Si les européens sont arrivés à un certain degré de civilisation, ce n’est pas seulement par imagination et cogitation. Ils ont dû s’adapter à des contraintes climatiques, géographiques durant des millénaires et c’est ce qui a produit le type caucasien avec ses caractéristiques culturelles liées forcément à son environnement.
        Les européens ont été les premiers à créer des canons, des microscopes ou l’imprimerie car les contraintes d’espace, de ressources naturelles ont poussé les européens à s’affronter d’avantage, à guerroyer sur une surface réduite et donc à échanger aussi alors que les africains sur un continent plus vaste n’ont finalement pas eu besoin plus que cela de progresser rapidement. Ceci explique le retard des pays africains par rapport aux pays colonisateurs : ce retard n’est dû qu’à la nature.
        Kant explique bien que les hommes construisent leur culture dans le sens téléologique que la nature leur a indiqué…
        Un individu quoi qu’il fasse est lié à son territoire en termes biologique et culturel, le reste n’est que supercherie et mensonge à soi-même comme un homme de nature XY se prenant pour une femme se ment à lui-même…
        Ceci dit, nous pouvons être en désaccord sur ce point mais sachez que je suis un fidèle soutien quant à votre combat contre le lobby gay et pour les valeurs traditionnelles françaises.
        Cordialement.

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