Lorsque l’incompétence tourne à la trahison…

FlutisteLorsque le cumul de l’incompétence, de la lâcheté et de la médiocrité porte gravement atteinte au bien commun de la Nation, la défaite aux élections est-elle une sanction suffisante ? N’est-il pas légitime de demander des comptes à des élus qui, non contents de ne pas avoir respecté leurs engagements, ont précipité le pays vers le bas et n’hésitent pas à prendre des mesures démagogiques contraires à son intérêt à long terme ? Nous en sommes là. Certes, Hollande quittera l’Elysée  (Sputnik article) et Valls Matignon au plus tard l’année prochaine, mais quand on brigue le pouvoir sans avoir le minimum des qualités pour l’exercer, il y a là un crime qui ne devrait pas demeurer impuni. Chateaubriand l’écrivait : « l’ambition dont on n’a pas les talents est un crime ». Est-il acceptable que ceux qui ont commis ce crime coulent une paisible retraite dorée après avoir coulé la France ?

En échec sur tous les fronts, pour arrêter une chute vertigineuse dans l’opinion, notre misérable exécutif, qui n’en finit pas effectivement  d’exécuter le pays, se rattrape aux branches. Il avait depuis longtemps perdu les ouvriers. Les paysans le haïssent. Le voilà qui perd « les » jeunes, enfin les siens, ceux qui vont place de la République se donner l’illusion de penser quand ils ne préfèrent pas casser du policier. Alors, le « pouvoir » sort sa batterie d’expédients : le premier est le carnet de chèques. Cette réponse dénuée d’imagination et de courage dans un pays en déficit structurel est une habitude, quasiment un tic. Les fonctionnaires renâclent : on augmente le point d’indice. Les agriculteurs sont désespérés, notamment parce qu’on les empêche d’exporter en Russie tandis qu’on les expose à la concurrence déloyale des pays qui font appel aux travailleurs détachés : on baisse les charges pour les agriculteurs en difficulté. Les lycéens et les étudiants encadrés par des organisations gauchistes ultra-minoritaires manifestent : un chèque sans provision de 450 millions est signé en faveur de l’insertion des jeunes diplômés. Cette dernière mesure est destinée à calmer l’Unef, mais elle n’apporte aucune solution au vrai problème qui est celui du chômage des non-diplômés. Ce tirage à flux continu atteint 7 milliards d’Euros qui n’existent pas alors que la Justice n’a pas les moyens d’exercer ses missions qui, elles, sont une priorité évidente de l’Etat régalien.

Alors, le pouvoir use d’une autre de ses manies. Une taxe va frapper les CDD. Cette annonce est un condensé des dérives nationales : une dépense publique superflue va être financée par une augmentation des prélèvements obligatoires. Cette dernière n’atteindra évidemment pas son but apparent puisque le patron qui craint d’embaucher un CDI en raison de la conjoncture va sans doute renoncer complètement à embaucher si le CDD est trop lourd. Or notre pays connaît un chômage important en raison même des charges, des taxes et de la fiscalité qui représentent 44,5% du PIB. La France est championne du monde avec 360 taxes et impôts divers : au poids s’ajoute la complexité. Le choc de simplification qui fut un flop n’est plus qu’un lointain souvenir : les élections présidentielles approchent. C’est le sauve-qui-peut ! Plus profondément, nos dirigeants font semblant d’ignorer qu’une mesure coercitive, un encadrement trop strict dans le domaine économique, altèrent la confiance et l’initiative et ont un résultat contraire à l’effet recherché. Le plafonnement des loyers a surtout pour effet, par exemple, de dissuader les propriétaires et les investisseurs.

Le comble de la déviance politicienne a été atteint par le « bobo » parisien Le Guen, par ailleurs médecin ! Quand l’ascenseur social est en panne, on passe au sociétal. Faire passer la banalisation d’une transgression qui porte atteinte à la santé morale du pays et à la santé physique et mentale des Français pour un progrès figure dans la panoplie de la gauche de Terra Nova. Cela s’appelle « botter en touche ». Quand on parle de la légalisation du cannabis, on ne parle plus des sujets qui fâchent : le chômage, l’immigration envahissante, la montée de la violence face à l’impuissance de l’Etat. D’ailleurs, l’Etat fait de son impuissance un argument. Parce qu’on ne parvient pas à juguler la consommation, autorisons-la : cela fera des taxes, libérera des policiers pour d’autres tâches, et cerise sur le gâteau, ça plaira aux jeunes qui manifestent. Evidemment, l’argument fondé sur la prohibition américaine ne tient pas, puisque l’alcool est ancré dans les cultures occidentales et chrétiennes, ne serait-ce qu’à travers le vin. Ce n’est pas le cas de la drogue, ni du tabac. Leurs ravages sur la santé , leur coût social exigent l’interdiction stricte de la première et l’éradication progressive du second. La complaisance des politiques à l’égard de ces addictions est déjà coupable. L’absence de peines sérieuses contre les trafiquants et les consommateurs de stupéfiants et le souhait de leur autorisation sont des démissions qui disqualifient  les dirigeants politiques. Le but des politiques est le service du bien commun de la collectivité qu’ils ont en charge, ce n’est pas d’être prêt à faire feu de tout bois pour garder un pouvoir qu’ils trahissent.

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8 commentaires

  1. BENHAIM Gérard - 12 avril 2016 10 h 16 min

    Vous avez pleinement raison mais l’on ne voit rien à l’horizon…

    Que proposez-vous ?

    Croyez-vous que nous en sortirons de manière démocratique ou par le sang ?

    On ne peu pas se payer le luxe de lutter contre les gens qui occupent actuellement la place de la République et ceux qui envahissent nos banlieues.

    Un petit chez soi vaut mieux qu’un grand chez les autres.

    Restons entre nous, le temps de renaître !

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  2. Thibault Loosveld - 12 avril 2016 20 h 08 min

     » Ce tirage à flux continu atteint 7 milliards d’Euros qui n’existent pas alors que la Justice n’a pas les moyens d’exercer ses missions qui, elles, sont une priorité évidente de l’Etat régalien.  »

    Avant-hier, face à Laurent Delahousse, le ministre du numérique a affirmé sa volonté de réconcilier la Justice et la Liberté, cette dernière étant composée premièrement par la sûreté, c’est à dire la sécurité; il semble ainsi que messieurs Valls et Macron soient déjà en concurrence pour la prochaine échéance électorale.

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  4. Ribus - 13 avril 2016 5 h 31 min

    « Est-il acceptable que ceux qui ont commis ce crime coulent une paisible retraite dorée après avoir coulé la France ? » 

    La réponse est évidemment non et il devrait être possible pour le peuple d’engager des actions en responsabilité comme tel ou tel homme politique dont l’action a été particulièrement désastreuse pour le pays. Or, une telle initiative serait systématiquement étouffée par le « système » et les instigateurs auraient de sérieux ennuis.

    Tout ce qu’on nous propose, ce sont des commissions d’enquête et des rapports de commission d’enquête qui finissent dans les placards. Même la Justice devient de plus en plus suspecte de venir appuyer la caste puisqu’un certain nombre de magistrats en font partie et qu’ils appliquent avec zèle les lois liberticides.

    On a le sentiment que tout est en train de s’effondrer et que l’on est impuissant à arrêter le processus. Les derniers épisodes grotesques du socialisme peuvent susciter de l’ironie ou de la franche détestation. La question qui se pose est de savoir si la France pourra s’en relever. Vu la profondeur du trou vers lequel la France est précipitée, je commence à en douter sérieusement.

    Les socialistes de gauche n’ont fait que poursuivre l’œuvre de destruction de notre identité et les socialistes de droite qui vont arriver en 2017 poursuivront encore ce même sale boulot parce qu’ils sont aux ordres de puissances extérieures et supra-nationales.

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  5. DELAFOSSE - 14 avril 2016 8 h 43 min

    Après cinq ans de présidence désastreuse , nous allons lui offrir une retraite dorée à vie……et dire que l’on a coupé la tête de Louis XVI.
    Ce doit être cela le progrès de la civilisation.

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  6. kerneilla - 14 avril 2016 22 h 44 min

    Ne serait-il pas possible d’engager une action pour provoquer une nouvelle « abolition des privilèges » des hommes politiques notamment : retraites proportionnelles à la durée du mandat exercé, et non cumul de retraites, suppression des avantages en nature de toutes sortes (personnel payé par l’Etat, voitures ou logement de fonction) à la fin de celle-ci… etc…); le service de l’Etat, dans une démocratie, ne devrait pas permettre un enrichissement personnel…

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  7. TOUITOU Pascal - 30 avril 2016 7 h 45 min

    Faire payer une taxe a un employeur qui prefererer embaucher un CDD plutot qu’un CDI est une bonne mesure a mon avis.

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    • vanneste - 15 mai 2016 18 h 02 min

      Pas si cela amène l’employeur à ne pas embaucher du tout, parce que le long terme n’est pas sûr..

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