La Turquie, ça suffit !

zamanL’angélique Angela mise tout sur le sommet entre l’Union Européenne et la Turquie pour régler la question du flot de migrants qui se déverse de Turquie sur les îles grecques et se trouve aujourd’hui bloqué à la frontière par des pays comme la Macédoine. On ne sait jusqu’où ira l’aveuglement moralisateur de la Chancelière. On mesure nos risques lorsqu’elle prétend négocier avec un dirigeant sans scrupules comme Erdogan. L’Allemagne affiche une réussite économique qu’elle doit d’abord à ses entreprises, à la réputation de ses produits, à la relative sous-évaluation de la monnaie européenne par rapport à ce que serait une monnaie allemande, et aux réformes courageuses du chancelier social-démocrate Schröder. Sa modération salariale en dehors des grandes entreprises industrielles et l’emploi massif de travailleurs détachés et de la sous-traitance de ses voisins de l’Est ont creusé l’écart avec la France. La rigueur outre-Rhin et le laxisme chez nous ont aisément dessiné l’image d’une cigale française face à une fourmi allemande. Et voilà que la fourmi intraitable sur les déficits a des états d’âme. On se dit qu’elle a une idée derrière la tête, qu’elle cache sous sa générosité, la satisfaction de besoins concrets en termes de démographie et de main d’oeuvre. Non, la Chancelière n’est pas le Bismarck que l’on croyait. Elle croit à l’amitié universelle du genre humain, au devoir des Européens d’accueillir la misère du monde, et au bénéfice incalculable du multiculturalisme. Face à elle, il y a Erdogan qui croit que les Turcs qui vivent en Allemagne doivent rester avant tout des Turcs, qui veut qu’ils soient aussi des musulmans respectueux de l’enseignement coranique, et que son pays, comme sa religion, aient vocation à dominer sinon le monde, du moins la plus grande partie possible. La Chancelière veut négocier le ralentissement de la migration à partir de la Turquie contre une aide financière, une reprise du processus d’intégration à l’Union Européenne, et en prime une Europe sans visas pour les Turcs ! Cette démarche se trompe sur les causes du problème et plus encore sur ce qu’est la Turquie.

« Si l’on doit s’excuser pour avoir présenté un visage agréable à des gens dans la détresse, ce n’est plus mon pays ». Cette phrase résume l’énormité de la méprise. Le mot « excuse » n’appartient pas au langage politique. Son emploi de plus en plus fréquent dans les démocraties occidentales confond la politique avec la morale, voire avec la politesse. Il place les relations personnelles en surplomb des rapports entre les Etats. La surprenante image du « visage agréable » renforce cette confusion. Celui ou celle qui conduit la politique d’un Etat doit viser l’intérêt supérieur de celui-ci. Dans ce but, il doit se mettre en situation de force. On croyait que la rigueur budgétaire allemande avait participé à cette démarche. L’espèce de culpabilité spontanée de Mme Merkel en efface le bénéfice. Même si certains Etats européens, dont la France, ont soutenu la guerre civile en Syrie dans l’espoir de complaire aux Etats-Unis et à leurs riches partenaires du Golfe, c’est la Turquie qui est l’acteur le plus impliqué dans la tragédie syrienne. Dès le départ, Erdogan voulait faire tomber le régime « laïc » de l’alaouïte Al-Assad, et disposer d’un allié docile au sud. La rébellion s’est de plus en plus islamisée. La façade modérée de l’ASL ne cache plus le panier de serpents plus ou moins venimeux du djihadisme. Si l’Etat islamique est unanimement rejeté, qui pourrait aujourd’hui circonscrire les ramifications d’Al-Qaïda dont le nouveau Président du Conseil Constitutionnel disait naguère qu' »elle faisait du « bon boulot ». Comme par hasard, les zones rebelles sont concentrées à la frontière turque à travers laquelle elles reçoivent aide et assistance. La Turquie arme et soutient la rébellion. Elle entretient des rapports douteux avec l’Etat islamique en permettant le passage des djihadistes et les trafics divers qui entretiennent « daesh ». Elle concentre son effort militaire contre les Kurdes, en Syrie et en Irak, alors que ceux-ci sont les alliés les plus efficaces des Occidentaux contre les islamistes. L’Etat Turc, qui a plus d’un siècle d’épuration ethnique derrière lui, persécute sa minorité kurde et a pour priorité d’empêcher la création d’un Kurdistan indépendant. Le sud-est de la Turquie subit actuellement cette politique. La prétendue démocratie musulmane d’Ankara vient de se dévoiler : la presse est muselée. Un grand journal d’opposition vient d’être mis sous tutelle et a été occupé par la police. Et c’est avec ça que l’Europe discute ! C’est à ça qu’elle ouvre à nouveau ses portes ! C’est dans ce puits sans fond qu’elle déverse des milliards, près de 10 depuis 2002 ! Tout cela pour prier le nouveau sultan de garder le maximum de migrants chez lui !

La Turquie a une responsabilité énorme dans le drame syrien et l’exode des réfugiés. Les passeurs y exercent leur fructueuse activité au grand jour. Il est clair que les migrants, syriens, irakiens, mais aussi iraniens ou afghans, sans lien avec la guerre civile, sont cyniquement utilisés par Erdogan dans une sorte de chantage. Et c’est l’Europe qui culpabilise et qui s’excuse ! Si la Turquie a besoin d’argent, il semblerait que ses alliés sunnites du Golfe en possèdent suffisamment pour l’aider à accueillir des migrants en très grande majorité musulmans. Le meilleur moyen d’arrêter la fuite des Syriens est de permettre de restaurer la légitimité de l’Etat. Les Russes de Poutine s’y emploient. La marche des Kurdes vers l’indépendance et l’unité est apparue comme logique dès la fin de la Grande Guerre. Elle l’est davantage que celle du Kossovo… que les Turcs ont soutenue. Quand va-t-on cesser de faire les yeux doux, de montrer un « visage agréable » à un pays qui n’est ni européen, ni démocratique !?!

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6 commentaires

  1. ROBIN - 7 mars 2016 18 h 28 min

    Cessons, en effet de nous lamenter de ces exodes et soyons nombreux à regarder et nous affirmer là où nous devons le faire: dans les pays d’où viennent ces personnes. Pourquoi fuient-ils leur pays, que se passe t-il chez eux, qui soutient qui, qui a intérêt à maintenir cela et pourquoi? Merci pour ce message.

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  2. fbastiat - 7 mars 2016 20 h 37 min

    On ne parle plus des immigrés clandestins qui viennent d’Afrique et envahissent l’Europe depuis des décennies. Maintenant ce sont des « migrants » qui viennent de Syrie. Le flux africain a-t-il miraculeusement pris fin au profit du flux syrien? Ou bien les deux flux s’additionnent-ils? Ce que je redoute.
    J’ai bien l’impression qu’on nous enfume…, comme d’hab.

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  3. Ribus - 7 mars 2016 20 h 58 min

    C’est à présent chaque jour que nous sommes les témoins des trahisons et des coups foireux des Merkel, Hollande, Junker et toute la clique européiste. Pour sauver Schengen et Frontex, Erdogan devient un grand ami et on accélère le processus d’adhésion pour aider Mme Merkel à se sortir de son erreur historique.

    Pendant ce temps, Hollande décore le dimanche en cachette un prince saoudien de la légion d’Honneur pour le remercier de sa lutte contre le terrorisme ; le jour même, le régime saoudien a encore fait rouler une tête par terre.

    Mais apparemment, la tête d’un inconnu ne vaut rien au regard de l’usage diplomatique pour les grands défenseurs du Bien et des valeurs républicaines. Et pour finir, Hollande s’apprête à venir aux commémorations des accords d’Evian, chose que tous les présidents de la Vè République s’étaient refusés à faire.

    Ils sont à vomir.

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  5. DELAFOSSE - 9 mars 2016 9 h 03 min

    Sur les routes de l’exode en 1940, il n’y avait pratiquement que des familles…les hommes étaient à la guerre ! Tout évolue…

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  6. kerneilla - 9 mars 2016 21 h 17 min

    La Turquie n’est pas en Europe au point de vue géographique
    elle n’est pas non plus en Europe sur le plan culturel : que l’on soit chrétien pratiquant ou pas, l’Europe est de culture et de civilisation chrétiennes (les droits de l’homme, l’art: sculpture, peinture,architecture (monastères, églises, calvaires…) en sont la preuve ; l’Islam conquérant et guerrier a tjrs été son ennemi (invasions, piraterie, esclavage…) et a été combattu de tout temps ..Il a fallu attendre le XXième sciècle et Giscard et son regroupement familial, pour voir la population musulmane envahir la France avec la complicité ultérieure des gauchistes bisounours et inconscients…Cela suffit…c’est même trop… ce remplacement de population est insupportable…
    Il est impératif que la France, pratique une immigration choisie, comme le Canada, qui sauvegarde sa culture… qu’elle expulse tous les illégaux vers leurs pays d’origine, qu’elle cesse de les attirer avec une générosité sociale accordées à tous …qu’elle n’accorde la nationalité française qu’aux personnes qui acceptent l’assimilation, et qui le prouvent : apprentissage de la langue, de l’histoire, de la culture… il est inacceptable de voir la prolifération des voiles islamiques et autres agressions quotidiennes

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