Hollande et l’argent des autres.

corneComme le disait justement Margaret Thatcher, la Dame de Fer, qui fut la chance du Royaume-Uni :  » la maladie habituelle du socialisme consiste à dépenser tout l’argent… des autres.  » François Hollande qui aura passé toute sa vie dans la sphère privilégiée de la haute fonction publique et de la politique dont elle est l’antichambre, coûteuse pour les  contribuables, mais très profitable pour les bénéficiaires, est de ce point de vue un grand malade, une sorte de cas d’école. Il vit la dépense publique avec un bonheur qui avoisine l’extase. Une réduction des déficits avançant à la vitesse de l’escargot, une dette qui continue à grossir, une croissance remise aux calendes grecques, mais une générosité paradoxale, étalée avec un large sourire, volontiers tournée vers l’étranger, et financée par l’impôt et l’emprunt, c’est à dire par l’argent qu’on n’a pas et qu’on prend aux autres, pour l’utiliser en grand seigneur comme si c’était le sien. Le dialogue entre le Chef de l’Etat et les contribuables ressemble fort à celui de Dorante et de Monsieur Jourdain dans le Bourgeois Gentilhomme : c’est pour mieux lui rendre l’argent emprunté qu’il lui en demande davantage.

La rigueur de la gestion allemande génère des effets pour l’ensemble de l’économie. C’est elle qui, par exemple, permet aux Allemands de produire un porc moins cher qu’en France, grâce à la différence de charges sociales et fiscales. La baisse drastique de la dépense publique et de la fiscalité au Royaume-Uni a mis le pays en tête des performances économiques européennes. La France est, en revanche, un des rares Etats, et le plus important d’entre eux, à connaître des résultats toujours négatifs, une croissance faible, un chômage en progression. La baisse des impôts et des charges s’y est faite tardivement et de manière limitée. L’Etat a tenu à la contractualiser de manière tatillonne, ou à la réserver à certains niveaux, comme si le dynamisme d’une économie et la confiance de ses acteurs ne devaient pas essentiellement provenir de la liberté, et l’oxygène ainsi dispensé  être d’autant plus profitable à l’ensemble, que les plus riches en disposent plutôt que de le chercher à l’étranger. La stupidité de l’ISF, maintenu d’un gouvernement l’autre, est un symptôme inquiétant de cette maladie nationale et socialiste.

Des efforts ont été demandés aux Français, soit pour accroître leurs contributions, soit pour réduire leurs prestations, par exemple dans les domaines de la famille et de la santé, mais dans le même temps, par une étonnante préférence étrangère, François Hollande s’empressait d’annuler le « droit d’entrée » à l’Aide Médicale d’Etat de 30 Euros, essentiellement au profit des étrangers en situation illégale, bénéficiant ainsi d’une prise en charge supérieure aux salariés et aux cotisants, notamment non pourvus d’une mutuelle. L’AME a littéralement explosé. Son montant dépasse tous les ans les prévisions :  en 2013, 588 millions étaient prévus. 744 millions ont été dépensés. En 2014, 600 millions étaient budgétés, en 2015, on a relevé la barre de 73 millions, mais en sachant que ces chiffres seront insuffisants. La progression de la dépense moyenne a été quatre fois plus rapide pour l’AME que pour le régime général. La dépense hospitalière est deux fois plus importante pour un ressortissant de l’AME que pour la moyenne des assurés. A l’autre bout de l’hospitalité française se situe la facture des impayés des étrangers qui viennent se faire soigner dans notre pays. C’est ainsi que l’Algérie participe pour 31 millions aux 118 millions d’impayés que subit l’Assistance Publique-Hopitaux de Paris, à la mesure des deux visites de repentance que notre Président a déjà effectuées à Alger. La « pauvre » Arabie saoudite se contente de 3,7 millions, une somme bien modeste pour une « alliée » à qui on ne sait rien refuser. Par ailleurs, à chacun de ses déplacements, François Hollande joue les Père Noël, jusqu’à faire déraper la luge : En 2012, il annulait la dette de la Côte d’Ivoire, pourtant un pays prospère au temps où il était bien géré ; en 2015, c’était le tour du Mali, au prétexte de la lutte contre le terrorisme, alors que l’effort militaire de la France et de ses soldats est déjà l’élément principal de cette lutte. Enfin, pour se faire applaudir à Pointe-à-Pitre, il associait une fois encore la repentance, la condamnation de notre histoire et la dette d’Haïti, laissant espérer aux Haïtiens que Paris leur rembourserait le prix de leur indépendance. Malheureusement, il dut limiter cette dette à son aspect moral une fois à Port-au-Prince là où corruption et  mauvaise gouvernance ont entraîné la pauvreté. En revanche, mais toujours dans le registre moral, notre Président a aussi annulé la livraison des deux « Mistral » à la Russie, une bagatelle. La perte sera sans doute de 2 milliards d’Euros…

Heureusement, ce que certains Français versent à l’Etat est redonné à d’autres, mais au bon vouloir du Prince plus qu’au nom d’une redistribution équitable. Il est difficile de faire entendre aux Français qu’il faut faire des efforts quand à chaque prise de parole, le pouvoir annonce de nouvelles dépenses, comme si l’argent jaillissait d’une corne d’abondance inépuisable qui s’appelle l’Etat. François Hollande est l’incarnation de ce que Bastiat fustigeait : une « fiction par laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde ». Aux Antilles, le Président dont nul n’ose penser qu’il est déjà en campagne promet 750 000 Euros pour l’Université. Au Mans, c’est un nouveau commissariat. En Avignon, il se félicite du maintien du coûteux régime social des intermittents du spectacle. Lorsqu’un pays connaît le déclin, il lui faut un dirigeant qui préfère l’estime à la popularité, la cohérence de l’action à la démagogie des cadeaux. Les Français qui ne sont pas idiots considèrent que de Gaulle fut leur meilleur Président, et qu’Hollande est le plus mauvais. Pourtant, François Hollande, c’est notre Christophe Collomb, mais revisité par Churchill : « le 1er socialiste, car il ne savait pas où il allait, ignorait où il se trouvait, et tout çà aux frais du contribuable ».

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7 commentaires

  1. fbastiat - 18 août 2015 12 h 33 min

    Depuis environ 40 ans les dépenses de l’Etat français excèdent les recettes. Les keynésiens qui sont nombreux dans la sphère politico-médiatique pensent que les déficits « stimulent la demande » et favorisent donc la croissance. Après 40 ans d’expérience réelle de stimulation keynésienne, tout le monde devrait admettre que Keynes avait tort et l’enterrer une fois pour toute.
    Ce qui fait la croissance c’est la compétitivité qui permet le profit qui permet l’investissement qui conduit aux embauches. Et la compétitivité suppose un Etat modeste qui prélève peu et laisse les acteurs économiques libres.
    L’Etat plombe l’économie.

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  2. DELAFOSSE - 18 août 2015 15 h 49 min

    la grande différence en effet , c’est que Collomb, en menant son navire a quand même découvert un pays , alors que Hollande ne fait que maintenir notre pays à découvert…. en nous menant en bateau !.

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  3. Ribus - 18 août 2015 21 h 44 min

    Je crois que c’est perdre bien son temps à critiquer Hollande et tenter de comprendre ce qui l’anime ou le motive. Cet homme n’est pas énigmatique non plus et n’est pas d’une très grande complexité. Ceux qui l’affirment sont bien souvent des cireurs de pompes chargés de mettre un peu d’épaisseur psychologique et intellectuelle à ce personnage falot.

    C’est un avis personnel mais je crois que Hollande est un je-m’en-foutiste mais pas n’importe lequel : un vrai, un pur, un je-m’en-foutiste de classe mondiale. Il raconte ses bobards, ses mensonges, ses vannes à deux balles et il s’en flatte et se croit intelligent et intéressant mais dans le fond, il s’en fout. Cette caractéristique est très liée à son indifférence, son absence d’affect pour son pays, les femmes et le reste.

    En ce sens, c’est un vrai batracien. Hollande jette l’argent public par les fenêtres, ruine l’économie, ne fait rien contre le chômage et fait du petit bois avec l’unité nationale. On peut s’en insurger, mais en vain, car il s’en fout. C’est le champion du monde toute catégorie du je-m’en -foutisme et il en est aussi fier que nous en sommes consternés.

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    • DELAFOSSE - 19 août 2015 15 h 33 min

      Tout à fait d’accord, avec votre commentaire, je pensais écrire exactement la même chose le concernant mais dans un style beaucoup plus saignant me plaçant inévitablement dans l’insulte au Chef de l’Etat d’où mon hésitation….

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  4. Bernard - 20 août 2015 17 h 42 min

    Nous sommes gouvernés par des psychopathes que le pouvoir rend fou. Un exemple avec Manuel Valls. Le mythe Valls c’ est le fils d’ un humble peintre républicain catalan ayant fuit le franquisme………Faux, la famille Valls est richissime, catholique et ultra conservatrice, le grand père est un grand banquier qui oeuvre dans la haute finance espagnole. Pire, le père de Manuel Valls, Xavier Valls vit en France depuis 1949, il n’ a pas fuit le franquisme mais a obtenu une bourse d’ étude à Paris pour y devenir peintre, mais Xavier Valls le soit disant anti franquiste tient à ce que son fils ( notre Manuel Valls ) naisse en Espagne en 1962, période de très forte répréssion franquiste. Bizarre, comment un soit disant résistant anti franquiste est il le bienvenu dans l’ Espagne de Franco pour y faire accoucher sa femme????????

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  5. kerneilla - 22 août 2015 11 h 00 min

    Comment faire pour nous débarrasser de Hollande? ne pas voter pour lui s’il se représente… évident , mais il y aura toujours assez de gens qui ne réfléchissent pas pour voter n’importe quoi, ou ne pas voter…
    et qui avons-nous en face?

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  6. kerneilla - 22 août 2015 11 h 14 min

    Y aurait-il un moyen de limiter, dans la Constitution peut être, le pouvoir de dépense du président et du gouvernement? de mettre des limites à la gabegie; que la Cour des Comptes soit en position consultative, avant les dépenses, avec pouvoir de veto, et qu’elle n’ intervienne, pas seulement après coup, sans aucun pouvoir .

    Y aurait-il un moyen de mettre une limite aux privilèges exorbitants (rémunérations, retraites, logements de fonctions, voyages, et autres avantages en natures…) des gouvernants et des élus en France et dans l’Union européenne, selon le principe que les petits ruisseaux faisant les grandes rivières… toutes ces petites (sic) économies permettraient une meilleure gestion du pays ; la politique n’étant plus un moyen de faire fortune, elle attirerait moins de requins et plus d’hommes de qualité, ayant le sens du service public et du Bien Commun…
    Je sais qu’il y aurait beaucoup à faire pour changer les mentalités, des journalistes notamment qui traitent les politicailleries comme allant de soi, au lieu de s’occuper d’informer les citoyens sur ce qu’ils ont réellement besoin de savoir, comme leur mission d’informer le leur commande.

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