Il Paraît que l’Union Européenne est Démocratique…

images (45)Si vous regrettez d’avoir voté pour une liste eurosceptique ou si vous voulez regretter de ne pas l’avoir fait, prenez connaissance des déclarations de Viviane Reding, Commissaire Européen depuis 1999. C’est elle déjà qui n’avait pas hésité à comparer la politique française à l’égard des Roms à celle des nazis. L’outrance semble être coutumière chez cette Luxembourgeoise de centre-droit. Elle recourt cette fois au terme de « fascisme » pour qualifier le Front National français. Cette ancienne journaliste formée en France y a reçu l’empreinte idéologique et les approximations habituelles d’une pensée qui fait appel au réflexe plus qu’à la réflexion. Le terme de « fascisme » est le modèle de l’amalgame stalinien pour discréditer les anticommunistes. Le fait de l’employer à tort aujourd’hui est surtout un signe d’inculture. Le fascisme est un mouvement politique italien totalitaire qui a reposé sur le parti unique, le culte du chef et la religion de l’Etat. L’utiliser pour désigner une formation politique qui ne met nullement en cause le fonctionnement de la démocratie mais qui est sciemment tenue à l’écart par ses concurrents est donc un signe inquiétant de limitation de la démocratie pluraliste. A fasciste, fasciste et demi ? Reconnaissons la créativité de la dame : elle invente le parti unique bicéphale, puisque selon elle la majorité européenne sera fondée par la coalition entre les socialistes et le Parti Populaire Européen, auquel elle appartient. En France, ça donne UMPS. Tiens donc ?

Certes, de telles coalitions existent en Europe. La plus connue est l’Allemande. Merkel ayant continué Schröder a été rejointe par le SPD. Il est clair que lorsque des sociaux-démocrates qui acceptent l’économie de marché s’associent à des Chrétiens démocrates partisans du capitalisme rhénan, ce n’est pas une révolution. Ce n’est pas le parti unique, mais déjà la pensée unique. Comme si le reste, les autres options, la diversité avaient été effacés. Or la luxembourgeoise Viviane qui a reçu le soutien de villages de son pays, dit-elle, et on en est renversé, oublie que les nations européennes, les vraies, ont des histoires différentes, des paysages politiques contrastés. Ainsi, en France, le PS n’est pas social-démocrate. Die Links n’est pas seulement au Front de Gauche, mais aussi au PS, chez nous, et c’est l’épine dans le pied de Manuel Valls. Lorsqu’elle déclare que les eurosceptiques ne composant que 25% du Parlement Européen devront se contenter de faire du bruit, l’inquiétude grandit quant à sa conception de la démocratie. L’opposition ne sert donc à rien.

A plusieurs reprises, elle avait brandi sans vergogne des préjugés idéologiques étroitement subjectifs. La libre circulation des personnes est un principe sacro-saint, affirme-t-elle. La France accueille de nombreux Roms d’anciens pays de l’Est entrés dans l’Union Européenne. Malgré les fonds européens mis à leur disposition dans ce but, ces pays ne semblent pas soucieux d’intégrer cette population qui vient en France chercher la protection sociale et des activités rémunératrices souvent ignorantes de la loi. Habitat insalubre, risque sanitaire, coût social et montée évidente de certains types de délinquance : la France souveraine doit-elle continuer à subir de manière absurde les préjugés et la bonne conscience confortable de Madame Reding ? La Hongrie, l’un des rares pays européens dont la langue n’est pas indo-européenne, et que l’Histoire a conduite sans cesse de la grandeur à la tragédie, possède une forte identité qu’exprime fort bien son Premier Ministre actuel, Victor Orban. La Hongrie souhaite limiter l’avortement au profit de l’adoption et se réclame légitimement de ses valeurs chrétiennes. Notre stupéfiante Commissaire Européenne chrétienne-démocrate va s’y opposer au nom des « principes européens ». Tour à tour à la jeunesse, à la culture, aux médias, à l’éducation, aux droits fondamentaux, à la justice, elle semble totalement imperméable à la diversité qui doit être respectée en fonction des traditions et des sensibilités nationales, selon le très démocrate-chrétien principe de la subsidiarité. Elle est fédéraliste. Elle veut gommer des frontières superflues d’après elle.

Quelle est sa légitimité ? Qu’on soit fédéraliste au Luxembourg n’est pas étonnant. Cet Etat n’a jamais été une nation. Un Comté moyen-âgeux dont le seigneur est devenu Empereur du Saint-Empire Romain Germanique peut faire rêver Jean-Claude Juncker. Ce pays est artificiel. Malgré son rattachement à la France sous Louis XIV puis pendant la Révolution et l’Empire, il a surtout appartenu à la sphère allemande, avec une garnison prussienne jusqu’à la veille de la guerre de 1870, tandis que son souverain était allemand après avoir été hollandais. Formellement indépendant depuis 1839, sa « neutralité » et son impuissance militaire ont constitué une faiblesse de la défense française face à l’Allemagne. Sans les charges d’une grande nation et d’un Etat jouant un rôle dans le monde, le Grand-Duché a fait fortune comme paradis fiscal. Ses 500 000 habitants sont représentés par 6 députés à Strasbourg. Il a un Commissaire Européen. La France représentée par 74 députés n’en a pas davantage pour 65 Millions d’habitants. Madame Reding doit-elle se taire ? Non. Chacune de ses interventions est un plaidoyer pour mettre fin à la dérive européenne actuelle. Chacune de ses prises de parole, comme le mépris affiché à l’encontre des votations suisses, par exemple, souligne le divorce entre l’Europe et une véritable démocratie.

Viviane Reding Le FN est dangereux, comme tous les fascismes – Agoravox TV

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14 commentaires

  1. fbastiat - 30 mai 2014 11 h 41 min

    Reding dit des bêtises, mais à quel titre parle-t-elle? Je pense qu’elle n’engage qu’elle-même.
    La Commission n’a pas à juger le Parlement et donc les députés qui y sont élus. Ce serait plutôt l’inverse, puisque la Commission doit être approuvée par le Parlement.

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    • bul - 2 juin 2014 7 h 01 min

      vous faites erreur, voyez l’analyse nodale des institutions européennes, vous allez être surpris

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  2. Elisa Naibed - 30 mai 2014 13 h 21 min

    Qu’attendre d’une c(h)réti(e)nne de gauche???

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    • bul - 2 juin 2014 7 h 02 min

      sa tendance politique n’a aucun influence, sa mission est de faire appliquer les traités, les traités ne sont pas de gauche ou de droite, ils sont, point

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  3. bul - 30 mai 2014 13 h 24 min

    primo : elle ment quand elle dit « 25 % d’eurosceptiques font du bruit et les autres les lois puisque le parlement n’a pas l’initiative législative » >> 100 % font du bruit,

    deuzio : le fn n’est pas pour la sortie de l’ue mais veut renégocier les traités, or l’article 48 du tue l’interdit puisqu’il faut l’accord des 28 états membres,

    et tertio : le parti unique est belle et bien en place en pratique puisque quelle que soit le président de la kommission (qui détient pouvoir exécutif et législatif – cf l’analyse nodale des institutions européennes par Régis Chamagne) celle-ci (la kommission) doit faire appliquer les traités.

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  4. Pierre MICHON - 30 mai 2014 17 h 54 min

    Très belle analyse et aussi belle conclusion que celle qui énonce que tant qu’elle sera là, elle montrera à qui veut bien la voir le fait que l’UE n’a strictement rien de démocratique. Mais combien dans le même temps n’y verront que du premier degré et aboieront avec les loups?

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  5. Isabeau - 30 mai 2014 23 h 17 min

    En d’autres temps, les Américains, qui haïssaient de Gaulle, en avaient dit dans force rapports que c’était « un dictateur qui ne pouvait se maintenir qu’en versant le sang de son peuple ».
    La rhétorique des atlantistes n’est pas neuve.

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  6. Jean-Luc LENGLEN - 30 mai 2014 23 h 36 min

    Il va falloir penser à faire comme Mao Tse Toung: actualiser un petit livre rouge sur lequel seront listés ces individus, disons-le clairement nuisibles aux Peuples européens.

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  7. jean - 31 mai 2014 6 h 39 min

    L’arrogance de ces gens la est insupportable!
    Ca finira mal pour eux
    ILS recolteront ce qu’ILS ont seme
    Il faudra un jour « monter » a Bruxelle et y mettre le feu!

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  8. Xav1960 - 1 juin 2014 6 h 59 min

    Oui, mais que dire de l’entente cordiale qui s’est instaurée entre Marine le Pen et les proches de Vladimir Poutine ( lequel soutient ouvertement les partis néo-nazis d’Europe de l’Est et de l’Ouest ) ?

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    • vanneste - 1 juin 2014 8 h 58 min

      Quels partis néo-nazis ? En Ukraine, ils sont plutôt dans l’autre camp… L’autorité, le patriotisme et la volonté de redressement de Poutine le rendent plutôt sympathique à un gaulliste…

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    • Pierre MICHON - 1 juin 2014 11 h 31 min

      A vouloir ostraciser tout le monde, on finit par les mettre dans le mêmes panier et leur trouver des analogies. Marine Le Pen soutiendrait (relevez le conditionnel) non pas Wladimir Poutine, mais de ses proches ! Ils ont un badge à la boutonnière ? A quoi les reconnait-on ? Et Poutine soutient « ouvertement » les partis néo-nazis de l’est (et tant qu’on y est, de l’ouest) !
      C’est pour lancer un débat contre la diablesse Marine Le Pen, tous ces supposés ? Encore beaucoup de conditionnement chez certains.

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    • bul - 2 juin 2014 7 h 05 min

      ce sont les atlantistes qui ont financés le parti nazi au pouvoir en Ukraine, ceux là même que Poutine combat, vous marchez sur la tête ?

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  9. DELAFOSSE - 1 juin 2014 19 h 18 min

    Je ne devrais pas me tromper de beaucoup en disant que tout cela est bien loin des préoccupations majeures des Français….n’en déplaise !

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