La Chasse aux Stéréotypes, c’est du Totalitarisme !

téléchargement (54)Il faut déconstruire les stéréotypes. Tel un leitmotiv, cette formule est devenue le slogan de l’idéologie de la gauche. Depuis que celle-ci a compris que sa politique économique condamnait sa politique sociale, elle se replie dangereusement sur les valeurs et les comportements. Depuis qu’elle sait qu’en prétendant mieux répartir les richesses, on en produit surtout moins, la gauche a renoncé à être réformatrice sociale pour devenir révolutionnaire morale. Cette évolution correspond à son glissement sociologique. Les ouvriers l’ont quittée. Les bobos les ont remplacés, sans problème de fin de mois, mais avec des envies de libération morale. Il faut donc que l’école « de la République »produise en série des consciences pures comme des pages blanches, lavées des vilains préjugés inculqués par les familles, uniquement munis de leur raison de membres indistincts de l’humanité. Jusque là, on est en terrain connu, celui de l’école laïque chère à Ferdinand Buisson à qui Vincent Peillon donne de façon émouvante une nouvelle jeunesse. L’ennemi est la religion, surtout si elle est catholique. Une telle conception reconnaissait toutefois l’objectivité d’un certain nombre de repères : l’appartenance nationale à travers la langue et l’histoire, la cellule familiale comme partenaire éducatif de l’instituteur, la science expérimentale comme fondement du savoir, la République comme socle des valeurs. Or, aujourd’hui la nation est condamnée à la repentance et à l’humilité face aux communautés de toutes sortes, la famille est subvertie avec acharnement, des théories loufoques, comme le « Gender » envahissent le pays de Descartes et de Claude Bernard, la République n’est plus le Bien Commun, mais un outil idéologique de division. Désormais, il s’agit non seulement d’éliminer les préjugés et les traditions contraires au progrès, il faut déconstruire et remplacer.

Maintenant, il faut détruire les vilains stéréotypes, ces préjugés qui sont véhiculés par le groupe auquel on appartient. Malheureusement ces stéréotypes constituent l’identité d’une communauté, définissent des comportements qui ont été sélectionnés par l’histoire parce qu’ils étaient utiles à la vie commune. Leur négation est une remise en cause du droit à l’identité et à la différence. Or ce droit à la différence est un poncif de gauche. D’où vient cette contradiction ? Du choix idéologique entre les bons et les mauvais stéréotypes. Certains font partie de l’identité de groupes minoritaires. Ils fondent, aux yeux de la gauche, le droit à la dignité de ceux-ci et doivent donc bénéficier d’une discrimination positive. Quand ils deviennent intolérables, ils justifient la chasse aux stéréotypes majoritaires par souci d’égalité. Pour un observateur un peu critique, ce tête-à-queue produit des effets croustillants. Pour lutter contre l’infériorisation vestimentaire des femmes dans la culture musulmane, on a interdit les signes religieux, y compris les petites croix qui ne gênaient personne. Derrière ce renouveau de la laïcité de combat, se profilait un autre objectif : lutter contre la présence excessive des stéréotypes liés aux sexes dans la mentalité musulmane et porteurs de discrimination. Il aurait été simple de dire que la France prône l’égalité entre les sexes et que les gens qui veulent y vivre doivent s’y conformer. On en est arrivé a contester la validité de la différence sexuée.

L’égalité n’est pas la confusion. Toute culture repose sur une reconnaissance des identités sexuées et de leur complémentarité qui est la source de son avenir. Chaque société organise les rôles sociaux dévolus aux sexes. A partir de cette identité et de ce rôle se forgent des modèles, des « pattern », des « idéaltypes » qui s’inscrivent dans les mentalités. Ils forment à leur tour une identité culturelle. Que celle-ci évolue, que la politique modifie les statuts juridiques vers plus d’égalité est légitime. Que l’on veuille détruire une mentalité et les valeurs qu’elle porte en faisant la chasse aux stéréotypes, c’est de l’assassinat culturel, du totalitarisme inacceptable dans une démocratie. Lorsqu’on vise notamment les stéréotypes propres à la majorité de la population, alors on est sur la route de la servitude, celle de 1793, celle de 1917, celle de la Révolution Culturelle, ces tragédies meurtrières qui ont conduit à d’absurdes et sanglantes impasses. Si des gens n’ont rien à faire en République, ce sont ceux qui parlent sans cesse de changer les mentalités. L’Etat doit viser le Bien Commun, diriger les affaires communes et protéger les personnes. Il n’a aucun droit à modeler les mentalités, à éradiquer les traditions, à faire de chaque enfant une page blanche sur laquelle il écrirait l’idéologie de l’homme nouveau. Il en a encore moins le droit lorsqu’il en vient à contester non des représentations culturelles, mais des réalités objectives comme les sexes biologiques. Qu’un petit garçon devienne un père et se fasse appeler « papa » est infiniment plus probable et raisonnable pour lui que pour sa soeur. La perte des repères et la transformation des cerveaux en bouillie pour les chats n’est pas une libération, mais au contraire la préparation de générations d’individus, de consommateurs notamment, particulièrement malléables lorsque modes et pulsions auront remplacé ces stéréotypes qui permettent de savoir qui on est et ce que l’on doit faire. Il n’y a pas de liberté sans devoir que l’on choisit d’accomplir ou non, mais que l’on connaît.

 

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10 commentaires

  1. Pingback: A esquerda renunciou a ser reformadora social para ser revolucionária moral ( Christian Vanneste ) | perspectivas

  2. fbastiat - 15 février 2014 15 h 50 min

    Déconstruisons le stéréotype qui place l’Etat au-dessus de l’individu.

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  3. DELAFOSSE - 15 février 2014 17 h 21 min

    Tous mariés….Tous à poil…..et demain tous dans le mur,sauf nos dirigeants qui auront le temps de se mettre généreusement à l’abri,une fois virés !

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  4. Claude Trouvé - 16 février 2014 19 h 27 min

    J’apprécie beaucoup votre analyse et la rédaction d’un article de fond qui décrit excellemment une évolution inquiétante de notre société dans une période difficile où les clivages idéologiques ne peuvent qu’affaiblir notre pays.

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  5. ABCD - 20 février 2014 17 h 37 min

    Pourquoi l’égalité de traitement fait peur? pourquoi la déconstruction des stéréotypes sexistes (devenir docile et occuper des postes dits féminins mais surtout devenir mère avant d’être femme) fait peur?
    Il semblerait que certains citoyens véhéments (« manif pour presque tous ») se croient supérieurs et estiment que femmes, homosexuels, voire immigrés, doivent avoir plus de devoirs que de droits. Cela me fait penser qu’il y a toujours des réflexes d’esclavagisme : untel doit me servir et avoir plus d’obligations car je vaux plus 🙁

    Mais publier ça vous n’oserez pas

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    • vanneste - 23 février 2014 19 h 54 min

      Je publie d’autant plus facilement ce texte qu’il ne dit strictement rien. Les différences ne sont pas des inégalités. Le fait physique n’est pas le droit. Les rôles sociaux tiennent compte des différences. Ils ne doivent pas conduire à des statuts juridiques inégaux. La notion de stéréotype permet de mélanger tout cela dans une bouillie intellectuelle qui affiche sa prétention à l’intelligence. Les différentes formes d’homosexualité sont des comportements. Ils n’identifient pas une personne qui peut d’ailleurs en avoir plusieurs durant sa vie. Le sexe identifie, mais ne réduit pas une personne à cette identité.

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  6. Isabeau - 22 février 2014 11 h 14 min

    Vous l’avez dit, alors que peu de gens s’en rendent compte : le but du gender tient à la fabrication en série de consommateurs pulsionnels, indifférenciés, sans autres repères que des marques. A la consommation, et à la consommation seule, sera dévolue la tâche de créer des identités et des signes d’appartenance à telle ou telle strate de la société.
    C’est un cauchemar.

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  7. MILLIN - 23 février 2014 18 h 19 min

    Ne pas confondre la république … avec l’idéologie républicaniste …

    La république est un mode de prise de décisions …
    Le républicanisme veut y greffer DE FORCE une idéologie « d’homme nouveau » …
    alors que l’homme ne change pas … Tous ceux qui prétendent le changer sont des charlatans … Quelle que soit l’époque et le régime … il y aura toujours des arnaqueurs, des menteurs, des voleurs, des assassins, des crapules … et des minables …

    La tyrannie vient non pas … de l’existence d’un Roi … mais de la nature insupportable de la décision prise … Le fait que la décision ait été votée n’adoucit pas son caractère insupportable …

    Mr Vanneste, je me souviens de l’époque … où le sapeur Chirac vous a fait condamner … Je vous dis bravo … Et Vive de Gaulle !

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  8. ABCD - 26 février 2014 13 h 58 min

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/02/26/theorie-du-genre-dix-liens-pour-comprendre_4372618_3224.html

    C’est bien de reconnaitre que le sexe identifie mais ne réduit pas une personne à cette identité! combien de parents conditionnent leur bébé fille au rose, puis à certains jouets de servitude, sont plus prévenants ou laxistes avec elle, l’oriente vers la « douceur », l’obéissance et lui conseille pour plus tard des métiers « féminins », et avant tout une vie d’épouse et de mère?
    A part quelques rares dessins animés comme « Raiponce », peu d’oeuvres encouragent les filles à être utilement rebelles, entreprenantes, actives, libres, à s’intéresser aux sciences techniques,etc….
    L’école républicaine égalitaire est là pour pallier ces dysfonctionnements anachroniques et préjudiciables.

    Concernant votre conception de l’homosexualité, désolée, elle ne se choisit pas! vous êtes attirés par les femmes et cela vous ferait horreur qu’un homme vous désire? c’est réciproque pour une personne homosexuelle depuis son plus jeune âge, le sexe opposé ne lui donne pas des frissons de désir mais de répulsion en termes d’attirance amoureuse.

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  9. babeil - 26 février 2014 19 h 19 min

    Chacun peut penser ce qu’il veut de cette théorie du genre, mais de quel droit les institutions s’autorisent elles à manipuler nos enfants dans ce qu’il y a de plus intime chez eux, leur corps, leur sexe, leur orientation sexuelle, leur goût vestimentaire sous couvert de vouloir les déconditionner? De quel droit préjugent-elles que le comportement et le genre de nos enfants ne relèvent pas de leur propre choix mais d’une construction sociale?
    Je vois au contraire derrière cette prétendue « déconstruction psychologique » une volonté d’influencer nos enfants en les amenant vers une culture asexuée par le biais d’une éducation pédérastique. C’est proprement scandaleux. Le lobby gay tente de nous faire adhérer à sa théorie d’un complot mondial visant à endoctriner l’ensemble de la société depuis des millénaires afin d’assigner chaque individu à un genre selon son sexe, plutôt que d’admettre que les comportements spécifiques des hommes et des femmes sont tout simplement naturels. Au lieu d’expliquer les quelques exceptions d’hommes efféminés et femmes masculines par leur orientation homosexuelle ou/et éventuellement une éducation anti-conformiste renforcée équivalente à la construction psychologique qu’il dénonce, le lobby gay affirme que le reste de la majorité de la société est malade, manipulée mentalement par une secte mondiale patriarcale non identifiée. Cette logique consiste à dire qu’il est plus facile d’embrigader, rallier et soumettre une majorité à une thèse différentialiste que de convaincre et rassurer une fraction de marginaux exclus et désespérés que tout le monde est identique. Cela me semble non seulement surréaliste mais aussi totalement paranoïaque.

    Ca n’est pas sans raison que la théorie du genre n’existait jusqu’à présent que dans les programmes de certaines disciplines universitaires. Son enseignement dans le scolaire est une violation de l’intimité des enfants, et ne consiste en rien à les déconditionner, bien au contraire, il s’agit sous couvert de liberté de les aliéner à la décadence.

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