Carnet de Route (V)

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A nouveau, sur les chemins du RPF, avec trois étapes. LYON, d’abord pour y retrouver Philippe de Villiers qui présentait son dernier livre : Le Roman de Charette.  » La Vendée n’est pas une province de la géographie. C’est une province de l’esprit ». Merveilleuse formule d’un auteur plein de son sujet et qui a su faire revivre son personnage d’une manière touchante et exaltante à la fois. Ce n’était pas un rôle de composition. C’est le même esprit qui souffle chez ces deux hommes, ces deux habitants de la même province. Mais l’évocation d’un troisième homme venu au Puy du Fou, comme en pèlerinage, donne tout son sens à cette fraternité spirituelle : Alexandre Soljénitsyne, qui connaissait la Vendée, parce que sa mère lui en parlait pour comparer la révolte paysanne de la province de Tambov en 1920-21 contre les bolcheviks à celle qu’avait soulevée la Terreur dans notre pays. Car au-delà du héros royaliste broyé par la machine impitoyable du prétendu progrès,  il y a la relecture libératrice de l’histoire que son exemple nous fournit. Cette révolution dont certains voudraient faire le début de l’histoire de France, le voilà, avec la dérive de 1792, « ce ventre encore fécond d’où a surgi la bête immonde », ce modèle de toutes les révolutions totalitaires qui pour construire un homme nouveau n’ont pas reculé devant les meurtres de masse, l’anéantissement des populations. Les colonnes infernales de Turreau qui massacrent les Vendéens et dévastent le bocage, les einsatzgruppen des fosses de Babi Yar, et les communistes noyant les révoltés de Tambov sous le gaz toxique sont de la même famille. A « la Vendée doit n’être qu’un grand cimetière national » de Turreau répond Toukhachevski : « les forêts où se cachent les bandits doivent être nettoyées par le gaz toxique ». Charette, et cet autre officier de marine royaliste, D’Estienne d’Orves, l’un des premiers gaullistes, fusillé par les nazis en 1941, sont de l’autre famille, les résistants, passionnément attachés à la liberté, les conservateurs, pleins de respect pour ces traditions qui font l’homme réel et différent, les vrais humanistes, en somme. Il est inutile de dire combien j’ai ressenti une communion d’esprit avec Philippe de Villiers qui, durant le repas qui suivit la conférence, laissa entendre qu’il n’abandonnait pas la politique. La France a besoin d’hommes de cette qualité, d’hommes de fidélité et de foi, qui font oublier l’entrelacs des médiocres appétits d’aujourd’hui.

Deuxième étape : Nice, la plus grande ville enracinée à droite. Nous retrouvons dans un restaurant de la Place aux Fleurs, les responsables du RPF pour les Alpes Maritimes. L’ancien Sénateur-Maire de Nice, Jacques Peyrat s’est joint à nous. Plein de vigueur, cet avocat à la voix de marbre blanc veiné de rose, ferme et élégante à la fois regarde toujours l’avenir. Dans le climat politique très particulier des grandes villes du sud, Jacques Peyrat avait su rétablir les finances de Nice et développer ses infrastructures. Son parcours politique paraît compliqué. En fait, ses étiquettes ont changé parce que ses idées sont restées les mêmes. Gaulliste, membre du RPF, révolté par l’abandon de l’Algérie, le massacre des Pieds-noirs et des Harkis par le FLN (auprès duquel certains souhaiteraient que la France s’excuse pour 130 ans de présence bénéfique), membre du FN, avant de regagner le RPR, puis l’UMP, ce fils de soldat, ce « para » est un patriote et un conservateur qui a toujours eu le courage de ses idées. Edgar Faure disait avec humour : « ce n’est pas la girouette qui change, c’est le vent ». Je préfère quant à moi les âmes fortes qui soufflent toujours dans la même direction, en faisant voler au besoin les étiquettes comme des feuilles mortes. Les palinodies et les calculs de l’agence électorale qui vient de suspendre son spectacle grotesque pour les fêtes ont écarté Jacques Peyrat pour un autre. Je connais çà.

Le RPF  s’organise dans le sud, en se préparant pour les municipales. La tradition politique des Alpes Maritimes avait réuni des représentants de nombreuses communes. Le manque d’authenticité de l’UMP davantage préoccupée par ses rivalités internes que par les combats idéologiques nationaux ou la défense des intérêts locaux a provoqué une réjouissante vague d’adhésions. Franck Barbey, le Président départemental, Lianne D’Argelier, la secrétaire départementale et Eddy Blondeau, le responsable « Jeunes » très motivés ont une mission enthousiasmante, mais bien difficile.

Dernière étape à Aix-en-Provence. Il s’agissait là de lancer les bases de la Fédération des Bouches-du-Rhône, sur un terrain politique beaucoup plus mouvant, partagé entre un socialisme miné par la corruption et une « droite » floue et peu efficace, tandis que le FN, implanté désormais dans le Vaucluse et dans le Gard se tient en embuscade. Là encore, la présence de militants en provenance de diverses communes, dont certaines détenues par ces dinosaures du PC »f », qui sont les buttes-témoins de l’archaïsme idéologique de notre pays, avec son ISF, ses nationalisations, et LEUR taux de chômage, fait bien augurer de l’avenir. Ce sera à Hervé Bovo, le Président départemental, à Philippe Neveu, le Secrétaire, et à Mathieu Villard, le responsable « Jeunes » de mobiliser toutes les énergies rebelles au déclin. Plus que jamais, l’heure est à l’Esprit de Résistance, et pour un gaulliste celle-ci s’exprime aussi bien en Vendée que par la Marseillaise.

3 commentaires

  1. Moulin - 19 décembre 2012 14 h 22 min

    Pensons aux citoyens du Languedoc-Roussillon écrasés par nos « frêchistes » qui sont plus proches de la justice que du peuple.

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  2. Thibault Loosveld - 23 décembre 2012 16 h 00 min

     » Plus que jamais, l’heure est à l’Esprit de Résistance, et pour un gaulliste celle-ci s’exprime aussi bien en Vendée que par la Marseillaise.  »

    En stigmatisant, seule la colonisation comme responsable des souffrances du peuple algérien, le président socialiste a-til -comme un 14 juillet- donné la grâce présidentielle à des terroristes algériens ?
    On peut se le demander tant il est vrai que François Mitterrand fit de même, le 6 novembre 1988, en effaçant les crimes commis en Nouvelle-Calédonie avant sa victoire à l’élection présidentielle.

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  3. Dominique - 26 décembre 2012 13 h 03 min

    Vous comparez, M. le Député, M. Philippe de Villiers à Charrette en disant : « Ce n’était pas un rôle de composition. C’est le même esprit qui souffle chez ces deux hommes, ». Charrette, lui qui était chef de l’Armée catholique et royale, et qui combattait la république de tout son être, doit se retourner dans sa tombe en lisant ça, car, si M. de Villiers est probablement royaliste, il ne l’est qu’à titre privé, et le cache autant qu’il le peut. Je vous rappelle quand même que M. Philippe de Villiers a créé un parti républicain, le MPF, en pleine décomposition aujourd’hui, parce que, par lâcheté et par carriérisme, il se prostitue avec la république. Charrette était tout le contraire ! S’il vivait aujourd’hui, il ne serait sûrement pas au MPF, parti républicain, mais à l’Alliance royale, parti politique royaliste, et il en serait le chef.

    Rien de commun entre M. de Villiers et Charrette !

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