Touche pas à mon vote !

75 Députés socialistes lançaient hier un appel, dans « Le Monde », en vue d’ accorder le droit de vote aux étrangers pour les élections locales. On devine les arrière-pensées de ces militants : à très court terme, le débat idéologique sur les valeurs, ici le lien entre Nationalité et  Citoyenneté, va fort heureusement faire oublier le contexte économique et social, et une bonne partie des médias prendra partie pour cette idée empreinte de modernité ; à moyen terme, lorsque la loi sera votée, un certain nombre de communes seront sauvées pour la gauche, grâce au renfort d’une clientèle supplétive ; à long terme, un pilier idéologique de la droite, la Nation  aura fini de s’effondrer.

Malheureusement, les évènements récents confèrent à cette initiative un caractère provocateur et irresponsable. Certes, dans l’affaire Merah, le gouvernement annonce une loi anti-terroriste afin de dissuader des Français d’aller s’entraîner au Djihad en vue de combattre « leur » pays. Mais la mobilisation de « salafistes », en France, pour manifester contre une vidéo répandue sur Internet par des manipulateurs désireux de jouer avec la trilogie Provocation (de qui ?), Victimisation, Indignation a amplement montré que l’esprit communautaire l’emportait chez certains sur l’esprit national. Soit il s’agit de résidents, soit il s’agit de citoyens, mais dans les deux cas, il est clair qu’ils ne respectent ni la loi, ni les institutions du pays qui est le leur ou qui les accueille. Il s’agissait d’une manifestation non-autorisée contre une ambassade dont le gouvernement n’est en rien responsable de la vidéo incriminée et qui a débordé jusqu’à l’Elysée.

Le problème qui est posé est bien celui de la seule Communauté reconnue dans notre pays, la Communauté Nationale et du lien entre nationalité et citoyenneté qui la fonde. Celle-ci est constituée par les citoyens ou ceux qui sont appelés à le devenir par le droit du sang, en héritant à leur majorité du titre transmis par leurs parents. Elle n’est pas seulement bâtie sur le Droit, elle est aussi un attachement affectif, qui réunit les nationaux autour de l’héritage d’un passé qu’ils assument et du projet commun qui les anime. A cette communauté ne devraient pouvoir s’adjoindre que ceux qui sont nés sur le territoire ou ceux qui y vivent, mais à une condition, c’est qu’ils en aient exprimé la volonté, c’est-à-dire le désir de participer à un destin collectif, issu d’un passé et en marche vers un avenir. L’acquisition automatique de la nationalité ne prouve nullement cette volonté. Non seulement, un certain nombre de Français de droit ne se sentent nullement français et placent leur adhésion à une autre communauté au-dessus de l’appartenance nationale, mais on voudrait maintenant que l’on puisse accéder au droit primordial du citoyen, LE DROIT DE VOTE, tout en demeurant étranger.

Le lien entre nationalité et citoyenneté est un fondement de la République, cette Res Publica, ce Bien Commun de ceux qui l’ont constitué et défendu, et sont prêts encore à le défendre. Au premier rang figurent non pas ceux qui sont là ou sont  nés là comme les sujets sur le territoire du Monarque, mais les enfants des citoyens, qui vont le devenir, eux aussi, parce qu’ils hériteront tous à égalité de ce droit de participer aux choix politiques de la Cité, privilège de quelques-uns, auparavant. La Nation, le droit du sang, la citoyenneté, le droit de vote réservé aux citoyens sont des conquêtes de la Révolution. Par quel reniement et avec quelle intention perverse la gauche trahit-elle les valeurs auxquelles elle se dit attachée ?

L’immigration est un fait. On peut légitimement le rationaliser en le liant aux besoins économiques. On doit avoir ensuite une politique cohérente  qui vise trois objectifs :

-soit l’immigré entend séjourner en France afin d’y occuper un emploi et de regagner son pays ensuite : l’insertion est nécessaire, avec l’apprentissage de la langue,et le respect de la loi. Mais, les pratiques culturelles qui sont les siennes doivent être admises.

-soit l’immigré souhaite demeurer en France sans acquérir la nationalité. Dans ce cas, il doit y avoir une intégration, c’est-à-dire une compatibilité des comportements avec les pratiques culturelles des Français.

-soit l’immigré désire acquérir la nationalité française, et il doit s’assimiler à la Communauté Nationale.

Concrètement, cela veut dire que l’étranger qui veut participer à la vie politique nationale doit devenir Français pour être un citoyen. Il ne doit pas se contenter de respecter la loi et de payer ses impôts. Le régime censitaire qui conditionnait le droit de vote et l’éligibilité à la situation fiscale a été heureusement abandonné. La citoyenneté est un engagement moral, non le droit de regard d’un financeur. Elle exige une adhésion spirituelle à la Nation, à ses valeurs, à son histoire, une volonté de construire son avenir dans le respect de ses institutions et de sa culture. Personne ne doit obliger quelqu’un qui vit en France à aimer nos valeurs. Il suffit qu’il les respecte pour s’insérer, qu’il n’empêche aucun de ses proches d’y adhérer pour s’intégrer, mais il faut qu’il y adhère lui même pour s’assimiler, pour devenir citoyen, en admettant, par exemple que la liberté d’expression soit un principe démocratique dont toute religion peut bénéficier, mais qu’aucune ne peut combattre par la violence ou l’intimidation. Les élections locales ont une incidence directe (le Sénat) ou indirecte (le poids des élus  et celui des collectivités locales) sur la politique nationale. Elles exigent le titre de citoyen et donc la nationalité française.

Pour conclure, je voudrais laisser la parole à Malika Sorel, une Française de volonté et de bonne volonté : « l’indifférence des élites à l’existence ou à la disparition de leur peuple a quelque chose de glaçant ». Cette première remarque devrait être méditée par nos 75 députés..En voici une seconde : »cette politique d’intégration… qui revient à placer la charrue avant les boeufs n’a aucune chance d’aboutir. »  Il faut espérer que le gouvernement entende ce jugement d’une femme devenue française par amour de la France et dont la passion devrait servir d’exemple à plus d’un élu.

3 commentaires

  1. Thibault Loosveld - 18 septembre 2012 17 h 47 min

    @ Monsieur le Député:

    La gauche n’a pas de majorité pour voter une loi organique reconnaissant le droit de vote aux étrangers et, puisque vous avez mentionné « les événements récents », je pense que le but de cet appel est de faire monter le score du FN.

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  2. Courouve - 18 septembre 2012 22 h 44 min

    Article qui fait parfaitement le tour de la question ; on peut simplement ajouter qu’accorder le droit de vote aux étrangers hors U. E. reviendrait à vider de son contenu la notion conventionnelle de citoyenneté européenne.

    Si ce vote étranger devait être institué par le véritable « parti de l’étranger » (voir les récent propos d’Ayrault-Daladier sur la liberté de la presse et sur Charlie-Hebdo), alors aux prochaines municipales je déchirerai ostensiblement ma carte électorale dans le bureau de vote.

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  3. polo - 19 septembre 2012 10 h 03 min

    Donner le droit de vote aux immigrés lors des élections locales serait une erreur. En effet la modification du corps électoral des municipales et des autres élections locales faites en y adjoignant des étrangers non communautaires mettrait ces derniers en position d’arbitre de consultations se gagnant à la marge. Accorder ce droit de vote créerait automatiquement des tensions entre Français et étrangers non communautaires. Tel n’est pas le cas pour les étrangers communautaires puisqu’il existe des systèmes de réciprocité qui favorise, par nos concitoyens, l’acceptation de ce droit de vote des étrangers.

    La mise en œuvre du droit de vote aux immigrés lors des élections locales est plus propre à semer la discorde qu’à favoriser l’intégration des non communautaires, alors que les conditions pour devenir Français, et donc pouvoir légitimement voter à toutes les élections, sont souples. En particulier notre pays accepte la bi nationalité.
    Devenir national est une possibilité largement ouverte et constitue le meilleur instrument d’intégration. Le préserver nécessite de ne pas morceler les attributs qui lui sont liés.

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