Comment les maires sans étiquette justifient-ils leur soutien à Christian Vanneste ?

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jeudi 24.05.2012, 05:03 – PAR GEOFFROY DE SAINT GILLES

La campagne des législatives dans la 10e circonscription a fait sortir de leur réserve habituelle Vincent Ledoux, Gérard Codron, Jean-Pierre Brand et Jacques Rémory, respectivement maires de Roncq, Neuville-en-Ferrain, Bousbecque et Linselles (nos éditions du 12 et 18 mai). En apportant leur appui au candidat Christian Vanneste, ces élus sans étiquette affichent-ils une opinion politique ou une forme de loyauté à leur député ?

 > La colère des socialistes de Linselles.- « Jacques Rémory, après ce soutien, ne peut plus se dire sans étiquette ! » L’homme en colère s’appelle Roger Deraed, le secrétaire de la section socialiste de Linselles. « J’ai envoyé une lettre au maire pour lui rappeler son acharnement à dire qu’il est apolitique lors des élections municipales. Or, les gens qui votent à gauche aux scrutins nationaux sont trompés par cette posture. » Jacques Rémory, qui ne répondra pas à la lettre de son opposant, explique qu’il demeure sans étiquette : « Je ne dirai jamais pour qui je vote et je ne donnerai pas de consignes. Mais j’apporte mon soutien à un homme par reconnaissance pour son travail. À chaque fois qu’il a pu donner une subvention, il l’a fait. Quant à ses idées, je ne crois pas qu’il soit proche du Front national. »

Vincent Ledoux : « Nous ne sommes pas des eunuques politiques ».- À la communauté urbaine, dirigée par la gauche, le maire de Roncq occupe la 21e vice-présidence. « Un partenariat avec la présidente (Martine Aubry) qui sait pertinemment que je suis de droite. Je ne suis pas carté, donc pas tenu par un parti. Mais je ne suis pas un eunuque politique, j’ai une pensée politique. Je ne connais pas Gérald Darmanin (candidat désigné par l’UMP contre C. Vanneste), mais j’ai de la loyauté pour le député sortant. Il est présent, il fait le boulot même si je n’adhère pas à toutes ses idées. »

Gérard Codron scandalisé par l’UMP.- Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est la déclaration de Bernard Gérard, secrétaire départemental de l’UMP : « Chaque soutien sera scruté. Nous en tirerons les conséquences ». « En trente ans de vie publique, je n’avais jamais vu ça », confie le maire de Neuville. À propos de Christian Vanneste, l’élu parle aussi d’un député « qui n’a pas démérité, en contacts régulièrement avec les maires. »

« Gérald Darmanin est plus de Paris ».- Jean-Pierre Brand apporte lui aussi son lot de compliments à l’égard du député sortant. Et lui non plus ne comprend pas que l’UMP ne tienne pas compte « des scores à plus de 60 % pour Nicolas Sarkozy dans les 4 communes ». Pour le maire de Bousbeque, « Gérald Darmanin est plus de Paris de par ses fonctions. » Et ce soutien tranche-t-il avec l’apolitisme du maire ? « Non, mon conseil accueille toutes les tendances, j’ai mon opinion et les socialistes savent que je ne suis pas de leur bord. »

« DISCRETS MAIS FIDÈLES »
Comment Christian Vanneste explique-t-il ces nombreux soutiens ?Le député sortant, qui se dit « particulièrement satisfait », parle d’abord des maires dont « l’électorat vote majoritairement à droite » : « Ils apprécient ma manière de travailler et j’ai contribué à plusieurs chantiers comme la numérisation du cinéma à Roncq, la vidéo surveillance à Linselles et Bousbecque… » Le député affirme qu’il a soutenu les décisions des différents conseils municipaux sans se préoccuper de savoir si elles étaient de droite ou de gauche : «  D’ailleurs, je n’ai jamais imposé aux élus d’être carté dans un parti et je ne me suis pas mêlé de la constitution des listes lors des élections municipales. » Pour le candidat RPF, les quatre maires sont en général « discrets mais fidèles. » Vincent Ledoux a d’ailleurs été l’un des premiers collaborateurs de C. Vanneste. « Lui comme les autres ont des élus d’autres tendances politiques dans leur conseil municipal et j’aime travailler avec tout le monde. » Par rapport au soutien du Nouveau Centre (lire ci-contre), le député ne semble pas surpris : « C’est vrai que sur les sujets économiques, j’étais plus proche d’eux que de Nicolas Sarkozy. Je suis un fervent partisan de la TVA sociale et j’avais fait venir Jean Arthuis, un centriste, dans la circonscription pour en parler. »

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