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Christian Vanneste : « Je fais l’objet d’un véritable acharnement »

«Il faut que le peuple participe aux décisions... Cette procédure a un nom : le référendum d'initiative populaire. »

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Et revoici Christian Vanneste à nouveau l’objet de la vindicte présidentielle. Nicolas Sarkozy a annoncé hier son exclusion de l’UMP. « Faux » répond le principal intéressé qui aurait préféré se faire oublier et replacer le débat, plutôt que sa tête, sur l’autel des grandes idées. Tiens, pourquoi pas, le recours au référendum d’initiative populaire ?

 PAR PATRICK SEGHI

tourcoing@lavoixdunord.fr PHOTO LA VOIX

« Que le Président évoque la vie interne d’un parti politique (comprendre l’exclusion de Christian Vanneste de l’UMP) est manifestement une erreur. Dans un cadre gaulliste, il se doit d’être au-dessus de ces petites querelles internes… ».

Le député de la Xe circonscription, nouveau patron du RPF (nos éditions précédentes), aurait tant aimé qu’on l’oublie. « N’y a-t-il pas des sujets plus intéressants à quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle ? » s’interroge-t-il. Et de lâcher : « Emploi, sécurité ou référendum d’initiative populaire (lire ci-dessous)… ».

Que Nicolas Sarkozy ait évoqué hier sur les ondes, « à nouveau », son éviction de l’UMP, au détour d’une question, l’a profondément « blessé ». « Je connais « Sarko » depuis très longtemps. Depuis ce coude à coude que nous avons fait pour protéger Édouard Balladur… Depuis sa traversée du désert… Nous étions peu, alors, à le soutenir… Je suis déçu. Je fais l’objet d’un véritable acharnement… » Mais la blessure n’est pas encore assez cuisante pour le conduire « à voter pour un autre candidat ».

Non, ce qui trouble aujourd’hui le député est cet « acharnement » dont il serait victime. Et d’assurer que son exclusion doit faire l’objet d’une procédure interne toujours pas engagée. « À moins que l’on ne recoure à la lettre de cachet présidentielle » s’amuse-t-il. Ah, ce petit caillou qui l’irrite. Une démocratie peut-elle faire l’impasse sur la forme, à défaut d’avoir réussi à « le (me) piéger sur le fond ? » « Nicolas Sarkozy est avocat de profession. Que fait-il ici du droit de la défense, de la présomption d’innocence, du débat contradictoire.. ?

Ai-je eu l’occasion de me défendre, d’avoir pu être entendu… » s’inquiète le député qui dénonce les pratiques de l’UMP qu’il qualifie « de grand parti avec de moins en moins d’idées ».

Alors, lui pas avare, en lance une d’idée, directe. « … On réforme peu et mal sans le soutien populaire, sans cet assentiment de la population qui a manqué lors du dernier mandat, comme en témoigne la longue série d’échecs de la majorité lors des scrutins locaux. Pour obtenir ce soutien, il faut que le peuple participe aux décisions s’il le souhaite et qu’un débat large et approfondi soit organisé. Cette procédure a un nom : le référendum d’initiative populaire. Il a été utilisé avec succès chez notre sœur latine, l’Italie. Il est systématisé dans un pays comme la Suisse…. Toutefois, compte tenu de la nouveauté des procédures de démocratie directe dans notre pays, on pourrait concevoir de limiter la réforme dans un premier temps au niveau communal, départemental et régional. Le référendum d’initiative populaire permettrait sûrement de limiter la hausse des dépenses locales qui préoccupent le gouvernement sans que celui-ci n’intervienne, les citoyens eux-mêmes assurant la régulation. Les études faites en Suisse et aux USA montrent que là où le référendum d’initiative populaire existe, les impôts et dépenses publiques sont 30 % plus faibles et l’endettement 50 % plus faible que si les assemblées élues conservent le monopole de la décision. Après un ou deux ans d’expérience, on pourrait étendre la procédure au niveau national. Monsieur le Président, vous souhaitez redonner la parole au peuple et vous avez raison… » Christian Vanneste qui promet une attitude « pugnace » lors des prochaines législatives, est déjà bien décidé à la conserver. « Au nom de quoi me punirait-on ? Une petite phrase contre trente ans de vie politique intense ? » Impossible de le condamner au mutisme. •

1 commentaire

  1. NOURATIN - 18 avril 2012 19 h 20 min

    Vu l’avenir auquel l’UMP semble promise, cette affaire ne revêt plus qu’une importance symbolique.
    Quant au referendum d’initiative populaire, il me semble que c’était une promesse dont la concrétisation était prévue pour 2009.
    Enterrement de première classe. Et ne comptons pas trop sur la gauche pour réactiver, la démocratie c’est pas trop leur truc.
    Encore une occasion d’améliorer les choses de loupée!

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