L’identité : du Royaume Uni à l’Europe

Hier, j’ai participé au déplacement à Londres de la mission parlementaire sur la nationalité, conduite par son président, Manuel VALLS (PS). Nous avons rencontré successivement l’attorney général, en fait un ministre conservateur qui est le conseiller juridique du gouvernement, le président (travailliste) de la commission des affaires intérieures de la chambre des communes puis les principaux responsables de la « UK border agency ». Entretiens riches qui ont montré à la fois les profondes différences qui séparent nos deux pays, et la convergence plus récente de leurs politiques en raison des problèmes identiques rencontrés. Parmi les différences, on retiendra une conception plus « féodale » de la nationalité, davantage fondée sur le serment personnel à la Reine, que sur une identité culturelle difficile à définir. Dans ce pays qui n’appartient pas à l’Europe de Schengen, l’immigration a été retenue pendant les vingt dernières années du siècle précédent comme un avantage économique, plutôt que comme un risque social. L’immigration a culminé dans les années qui ont suivi 1997, c’est-à-dire l’arrivée des travaillistes au pouvoir, avec deux millions et demi d’immigrés supplémentaires, dont un million à Londres. Désormais, et avec l’arrivée des conservateurs au pouvoir, la position britannique se rapproche de la nôtre. Il est devenu nécessaire de restreindre considérablement le flux des entrées, qui doit passer de 160 000 par an à quelques milliers, le nombre des étudiants étrangers va être réduit de 300 000 à 160 000. L’immigration par le travail est privilégiée par rapport au regroupement familial, avec l’utilisation du système australien qui classe les travailleurs étrangers en cinq catégories en fonction de leur qualification, afin de favoriser l’arrivée des travailleurs les plus qualifiés. L’exigence de connaissance de la langue anglaise est désormais primordiale. Enfin, comme chez nous, le problème de l’identité nationale, de la britishness, la « britannicité », est posée sans complexe par des anglais traumatisés par les attentats de 2005 et par l’attitude de certaines minorités envers les soldats britanniques morts en Afghanistan. Dans le fond, cette évolution de la politique du Royaume Uni montre à quel point la sauvegarde de l’identité et la maîtrise de l’immigration sont des objectifs qui appartiennent à l’Europe toute entière.

6 commentaires

  1. Marie - 17 décembre 2010 19 h 04 min

    Tiens l ‘UMPS était de sortie!

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  2. grégory - 17 décembre 2010 22 h 34 min

    la belle hypocrisie des pays développés…nous vidons les pays pauvres de leurs éléments les mieux formés. ajoutons à cela la baisse des aides au développement,et on s’étonnera après qu’ils restent pauvres…

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  3. Courouve - 18 décembre 2010 0 h 06 min

    Le Royaume-Uni est incontournable dans la construction de l’Union européenne. Son évolution récente est rassurante, après une période de complaisance regrettable envers un communautarisme envahissant et hostile aux libertés fondamentales dont l’Angleterre est la véritable patrie (Magna Carta, 1215 ; Habeas Corpus, 1679 ; Bill of Rights, 1689).

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  4. matthieu - 18 décembre 2010 2 h 32 min

    « Il est devenu nécessaire de restreindre considérablement le flux des entrées, qui doit passer de 160 000 par an à quelques milliers… »

    Croyez-vous, parce que certains haïssent notre pays ? Notre République ? Notre Histoire ? Nos valeurs ? Et nos aspirations nationales ? Que nous devons fermer la porte et prendre en otage ceux, prêts, à respecter nos lois, à découvrir notre passé, à aimer notre pays et à agrafer dignement dans leurs cœurs, notre cocarde ?

    Souvenez-vous M. Vanneste, de la parabole du Christ, où parmi les vignes se trouvait un figuier. Un figuier dont les branches, ne donnaient pas de fruits et qu’un vigneron décida de couper. Que nous suggéra le Christ ?

    « Peut-être donnera-t-il des fruits à l’avenir » disait t-Il. Et aussitôt de reprendre : « Sinon tu le couperas.»

    Et bien oui M. Vanneste vous avez raison aujourd’hui il faut couper. Mais avant de couper, essayons de ne pas nous tromper de figuier car certains étrangers à l’avenir pourraient nous apporter de bons fruits. Coupons-là, où nous sommes sûrs déjà que les figuiers n’ont rien donné…

    En aparté je voulais rajouter, pourquoi les chefs d’orchestre de l’UMP refusent-ils l’idée de croire, que l’islam prend ostensiblement, de plus en plus de place dans notre société ? Partent-ils du postulat, que l’islam est au-dessus de toute critique ou que ce n’est que du clientélisme que de le dénoncer ou de s’interroger dessus ?

    Jeune Populaire,

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  5. seb - 19 décembre 2010 16 h 31 min

    Les « conservateurs » ont, eux, le mérite de mettre leurs actes en lien avec leurs propos.

    Ce n’est pas le cas de votre « majorité » M. VANNESTE…

    Sinon, comment expliquer que des cours sur « l’histoire du pays » de l’enfant (né en France tout de même, donc Français !) soit donnée…Avec le soutien de l’Education Nationale ? Pour assimiler cela va de soi ?

    http://s2.noelshack.com/uploads/images/1611601323750_img010.jpg

    Comment expliquer aussi – du propre aveu de M. BESSON – que la France continue d’être le pays qui, en Europe, a le système de traitement des étrangers en situation irrégulière le plus protecteur ?

    Le Législateur protégeant ceux qui violent la Loi ! Il n’y a qu’un pays qui peut avoir de tels parlementaires ! Devinez qui ?

    Le même – Besson – expliquait récemment que la facture de la couverture médicale des sans-papiers s’envolait. Son rythme de progression est trois à quatre fois supérieur à celui des dépenses de santé de tout le pays: + 13% en 2009 (530 millions d’euros pour 210.000 bénéficiaires) et encore + 17% au début de cette année. De toute évidence, l’enveloppe de 535 millions d’euros prévue en 2010 sera largement dépassée.

    Pour l’an prochain, ce sont 588 millions d’euros que Bercy a mis de côté pour l’AME. Soit, à peu de chose près, le montant des recettes fiscales que le Gouvernement veut récupérer sur les mariés/pacsés/divorcés, ou encore le coût global du bouclier fiscal !

    Que fait le Législateur ? Rien…!

    Il suffit de prendre connaissance de la dernière « loi » sur l’immigration…En réalité transposition européenne. Or, l’UE est la première à défendre une immigration massive…Et M. FILLON a récemment signé l’ouverture de Shengen…Aux pays n’en faisant pas partie…Mais appelés – soit disant – à devenir bientôt membres !

    Vous parlez d’actes « de concordance » ?

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  6. Marie - 19 décembre 2010 23 h 24 min

    Après avoir lu l’article ci dessous, je m’inquiète du devenir de la France et de l’Europe qu’on nous impose par la force:
    La Commission européenne sort un agenda sans Noël mais avec des fêtes juives, musulmanes, hindoues, sikhs…

    décembre 17, 2010 par admin · 22 Commentaires
    Dans la catégorie: Brèves
    La Commission européenne a produit plus de trois millions d’exemplaires d’un agenda aux couleurs de l’Union européenne pour les écoles secondaires qui ne contient aucune référence à Noël, mais qui comprend la mention de fêtes juives, hindoues, sikhs et musulmanes.

    La page du 25 décembre est vide et en bas, figure ce message: « Un véritable ami est quelqu’un qui partage vos préoccupations et votre joie ». Difficile de faire plus « religieusement » correct !

    Le calendrier comprend les fêtes musulmanes, hindoues, sikhs, juives. Entre autres… Sans oublier la Journée de l’Europe et d’autres dates clefs de l’Union européenne. Aucune fête chrétienne n’est signalée alors que le christianisme est la religion la plupart des Européens. Johanna Touzel, porte-parole de la Commission des Episcopats de la Communauté Européenne (COMECE) a jugé la sortie de cet agenda « incroyable ». Un porte-parole de la Commission a parlé de « bourde ». Il a précisé que les prochaines éditions de cet agenda ne mentionneraient plus aucune fête religieuse… Plutôt tout retirer que parler du Noël des chrétiens !

    Côme Dubois (source : La Stampa via C)

    > La production des 330 000 exemplaires de l’agenda réservés aux collégiens et lycéens britanniques a coûté 4,7 millions de livres.

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