4 jours de mission à Québec et à Ottawa

Vue du Saint-Laurent

Vue du Saint-Laurent

Quand on admire la puissance du Saint-Laurent du haut de la citadelle de Québec, en voyant flotter quelques drapeaux fleurdelisés, une certaine nostalgie vous envahit : celle d’une France plus vaste, plus généreuse, moins enlisée dans les mesquines polémiques du microcosme parisien. Avec mon collègue rapporteur socialiste, René Dosière, je suis allé à la rencontre des organismes qui correspondent au Canada et dans la Belle Province aux autorités administratives indépendantes que le Comité d’évaluation et de contrôle (CEC) de l’Assemblée nationale nous a demandé d’étudier.

Dans un contexte politique extrêmement différent, marqué par le bipartisme entre le parti québécois et le parti libéral (au pouvoir) à Québec, et par ce dernier et le parti Conservateur (au pouvoir) à Ottawa, il y a néanmoins une forte convergence démocratique pour faire naître et développer ces organismes qui ont pour mission « d’allonger le bras du pouvoir », suivant l’expression québécoise, qui signifie non que le pouvoir a le bras long, mais qu’il se tient à distance de certaines décisions, qu’en somme, il se protège contre lui-même à travers des instances qui le contiennent ou le contrôlent : du Montesquieu à l’état pur !

Mme Martha Hall Findlay, députée de Willowdale (Ontario) entourée par René Dosière et Christian Vanneste

Mme Martha Hall Findlay, députée de Willowdale (Ontario) entourée par René Dosière et Christian Vanneste

On retrouve donc souvent des autorités assez proches des nôtres, comparables à la Halde comme la Commission canadienne des Droits de la Personne, ou le Conseil de la Radiodiffusion et des télécommunications canadiennes qui regrouperait à la fois le CSA et l’Arcep. On peut toutefois souligner trois différences : d’abord, une volonté de regroupement pour simplifier et alléger les dispositifs. C’est ainsi que 28 organismes québécois sont appelés à fusionner. Ensuite une volonté d’indépendance à l’égard du pouvoir et de contrôle de celui-ci, particulièrement visible dans un organisme comme le Conseil du statut de la femme. Nommé par le gouvernement et financé par celui-ci, il donne la curieuse impression d’un chien de garde dressé pour mordre son maître. Enfin, on trouve des institutions qui n’ont aucun équivalent chez nous et qui semblent excellentes. C’est le cas du Directeur général des élections qui veille au découpage des circonscriptions, au financement des campagnes et à l’organisation des scrutins dans une totale neutralité. Beaucoup de rencontres donc avec les responsables, avec des parlementaires dont j’ai pu apprécier les exigences éthiques. Un grand moment : celui où nous fûmes salués par l’ensemble des députés de l’Assemblée Nationale du Québec.

J’ai également profité du mardi après midi pour aller voir comment le Québec mettait en œuvre le travail communautaire qui correspond à ce que nous appelons nous le travail d’intérêt général sur lequel je dois également rédiger un rapport. J’ai pu observer là encore une volonté, une cohérence et un pragmatisme qui pour l’instant font encore défaut dans notre pays afin d’éviter les peines d’incarcération courtes ou l’absence d’exécution de celles-ci.

La devise du Québec, c’est « je me souviens » que l’on voit par exemple sur les plaques minéralogiques. Je trouve celle-ci très émouvante et je la fais mienne pour ce voyage qui dans un temps court m’a beaucoup apporté.

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2 commentaires

  1. Louis Cypher - 26 mai 2010 10 h 56 min

    4 jours de « mission » : quel drôle de terme pour dire « tourisme payé par le contribuable ».
    Sinon, ca va ? la vie est belle ? Ca doit être génial de partir en vacances sans payer ni les billets ni l’hébergement ni la restauration…ca me rappelle les colloques que je faisais..sauf que je devais travailler et justifier l’intérêt de ma présence. Au moins, j’avais une utilité sur place.
    Bon, faut admettre, vous avez choisi la bonne saison : pas encore trop de touristes, de quoi profiter sereinement de la petite ville de québec et de son centre ville « à la francaise ».

    Sinon, sérieusement, quel intérêt d’aller en amérique du nord pour une mission sur un truc français ? A part se foutre royalement de la gueule du contribuable ? Prochaine mission, ce seront les bahamas ? l’île de la réunion (mais quand il fera moins chaud, hein) ? Le kenya ?

    Quel bel exemple de gabégie et d’inutilité du travail parlementaire !! Et encore, parler de « travail » pour qualifier ce déplacement est une insulte à tous ceux qui gagnent honnêtement leur salaire par leur compétences.
    Je commence à sincèrement – et non plus de manière provocante – considérer que la suppression des 577 parasites serait un bienfait pour le pays france : vu qu’ils sont pour leur grande majorité parfaitement incompétents, dépensiers et inutiles, autant laisser les lobbys – ou les cabinets des ministères du gouvernement, mais y a t’il une grande différence ? – écrire en ligne directe les textes de lois en laissant le soin à une poignée de hauts fonctionnaires honnêtes et scrupuleux de corriger le tir lors de la rédaction des décrets d’application : pour le même résultat, votre pays gagnera du temps et de l’argent.

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  2. Dan - 28 mai 2010 10 h 00 min

    Puisque nous sommes dans le douloureux sujet des retraites, il y a un insupportable privilège à abolir : la retraite à 1500€ minimum pour chaque député après seulement 5 ans de service!
    Sachant que des millions de besogneux et surtout de besogneuses ayant cotisé 40 ans ou plus ne toucheront jamais 1500 €, c’est scandaleux au pays des droits de l’Homme!
    A notre époque, 1500 € (nets évidemment) c’est le minimum vital – merci la chèreté de la vie en euros où tout a doublé ou plus sauf les salaires – et pourtant des millions de travailleurs et de retraités ne touchent pas ça!

    Donc il faudra bien rétablir l’équité, à commencer par ces privilèges et aussi tous les régimes spéciaux ainsi que les niches fiscales. Il est insupportable que la classe moyenne soit écrasée par le fiscalisme quand bien même elle est pauvre (mais pas « assez » pour toucher des aides). J’ai peur que nous soyons en période anté révolutionnaire tant nos représentants sont éloignés des réalités de la souffrance du peuple.

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