Le 1er tour des Régionales : triple exploit paradoxal !

Les résultats du 1er tour des élections régionales constituent un triple exploit.

À force de confier missions, rapports et responsabilités à la gauche, on est parvenu à faire comprendre aux électeurs qu’il était plus logique de donner directement le pouvoir à celle-ci.

À force de s’enliser sur la question de l’identité nationale, et de laisser traiter ce sujet par des acteurs dans des rôles de composition, on a facilité le retour du Front National.

À force de vouloir paraître plus vert que vert, avec l’absurde taxe carbone, on a permis le succès de l’imposture politique du parti écologiste.

Beaucoup d’électeurs de droite et du centre ne se sont pas sentis mobilisés par des listes trop composites et aux valeurs incertaines. Il faudra tirer de ce scrutin une double leçon pour l’UMP : la présence de candidats « de gauche » sur ses listes ne leur amène aucune voix nouvelle, bien au contraire. La posture idéologique de parti attrape-tout renvoie les électeurs de la copie à l’original, et démoralise le noyau le plus fidèle.

Ce 1er tour constitue un paradoxe : l’apparente victoire de la gauche et le véritable reflux de la droite au travers d’une abstention record expriment d’après les commentaires, la volonté de sanctionner le Président de la République. Or, celui-ci, face à la crise, et durant la Présidence européenne de la France, a pris les mesures les plus efficaces, et a dans bien des cas donné l’exemple. Son soutien constant à l’industrie devrait davantage être perçu dans notre région. En revanche, cette sanction du pouvoir national se transforme en soutien du pouvoir socialiste régional, responsable de hausses d’impôts sans précédent, pour financer des dépenses improductives. Le parti du « dépenser plus pour travailler moins », celui des 35 heures, des délocalisations et de la montée du chômage, est aujourd’hui paradoxalement récompensé des effets particulièrement durs de la crise, qui lui sont pourtant en partie imputables.

Il entend demain diriger nos régions avec la participation des écologistes et des marxistes, alors que sur des questions essentielles comme l’énergie nucléaire ou les infrastructures, la sécurité et la vidéoprotection, la liberté de l’enseignement ou l’apprentissage, ces partis ne sont d’accord sur rien. Vouloir le pouvoir pour le pouvoir relève de l’escroquerie. Le message de l’UMP pour le second tour doit être clair : l’objectif prioritaire de l’action politique est aujourd’hui de redresser notre économie, de protéger nos entreprises, et de lutter contre le chômage. Il ne faut pas que demain les régions appuient sur le frein de la décroissance quand le Gouvernement appuiera sur l’accélérateur de la reprise.

Le vote à l’aveugle dans les élections à la proportionnelle pour des Présidents de Région que personne ne connaît sauf pour des mauvaises raisons, pour des élus qui doivent leur présence sur la liste à la bénédiction de leur parti et non à la connaissance ou à la reconnaissance des électeurs peut conduire à cette absurdité : paraître approuver des élus anonymes dont on ne sait pas ce qu’ils ont fait ou ce qu’ils vont faire pour mieux manifester son mécontentement à l’encontre de celui que tout le monde connaît et dont on sait ce qu’il fait.

Il faut espérer qu’avec la réforme des collectivités territoriales, ce scrutin sera le dernier de ce mode. Même pour quatre ans seulement, il n’est pas nécessaire de faire de nos régions des temples de la dépense publique inutile et de l’opposition à la réforme indispensable pour notre pays.

12 commentaires

  1. Thibault Loosveld - 15 mars 2010 13 h 16 min

    Monsieur le Député,

    Victorin Lurel, l’homme qui était probablement derrière les émeutes de Guadeloupe en janvier 2009, est réélu au premier tour. On sait aussi qu’il avait menti au soir de négociations entre Yves Jégo et les syndicats relativement à la prise en charge de l’augmentation du SMIC par l’Etat…

    Ne pensez-vous pas que ce résultat, conséquence de la perte de la Région Guadeloupe en mars 2004 présidée alors par Lucette Michaux-Chevry, démontre l’iniquité de la loi du 11 avril 2003 ?

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  2. F.F.T. - 15 mars 2010 16 h 01 min

    Cher Mr Vanneste,

    C’est dommage que l’on ne puisse diffuser votre analyse par le canal « envoyer à un ami », car celle-ci est d’une précision incomparable.

    J’ai particulièrement apprécié le quatrième paragraphe : « A force de vouloir paraître plus vert que vert, avec l’absurde taxe carbone, on a permis le succès de l’imposture politique du parti écologiste. »

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  3. Philippe Edmond - 15 mars 2010 20 h 15 min

    « l’objectif prioritaire de l’action politique est aujourd’hui de redresser notre économie, de protéger nos entreprises, et de lutter contre le chômage. »
    C’est le drame de la droite de gouvernement.
    Centrer son discours sur la réussite économique et laisser de champ de la culture, de l’identité, de l’éducation, des valeurs et de la morale à la gauche, au lieu de la combattre sur ce terrain, en proposant avec courage un autre modèle social et moral.
    La « critique de mai 68″ entamée pendant la campagne présidentielle allait dans le bon sens, le revirement qui a suivi s’est payé dimanche.
    Monsieur le député.
    Merci pour votre courage et votre gentillesse par ailleurs.

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  4. Marianne - 15 mars 2010 22 h 25 min

    Promoteurs du traité de Lisbonne, le Peuple Français vous crache à la gueule
    Pour Périco Légasse, le taux d’abstention record à l’occasion de ce premier tour des régionales est le pur effet du déni de démocratie qu’ont subi les Français lors de l’adoption du traité de Lisbonne malgré leur «non» au TCE.

    Régionales: l’UMP est verte. Et ce n’est pas fini.
    Régionales: derniers sondages avant la censure
    Régionales, mépris total Le Peuple Français, dans sa plus totale souveraineté, après avoir subi une campagne de propagande médiatique sans comparaison en faveur du vote oui, avait voté non à plus de 54% au traité constitutionnel européen le 29 mai 2005. Le 8 février 2008, le Parlement français, réuni en congrès, approuvait le traité de Lisbonne, à savoir une copie amoindrie mais reprenant les pires aspects du traité constitutionnel rejeté par les Français. Jamais la République n’avait eu à subir un tel déni de démocratie et tout le monde s’est tu. Tout le monde.

    Que l’on remette en cause le résultat d’un référendum, qui plus est au bout de deux ans seulement, constitue une forfaiture politique inacceptable pour tout démocrate qui se respecte. Certes, Nicolas Sarkozy avait prévenu durant la campagne présidentielle de 2007 qu’il contournerait la décision populaire par une procédure parlementaire, mais cela ne légitime pas pour autant une violation aussi grossière du suffrage universel, particulièrement dans une grande démocratie comme la France. Avec 53,65% d’abstention au soir du 14 mars 2010, notre pays paye le prix lourd de cette violation morale de la souveraineté populaire. Car rien n’est pire que de dégoûter le citoyen de sa mission électorale, rien n’est plus dangereux que de priver un électorat de sa victoire.

    C’est pourtant ce qui s’est passé, en 2008, dans notre bonne vieille république. Les électeurs auxquels les partisans du oui en 2005, l’UMP, le PS, le sommet de l’Etat, ont répondu « cause toujours », en s’asseyant sur leur vote, ont répondu « merde » à l’occasion de ces élections régionales. Ces électeurs constituent à nouveau une majorité, quasiment comparable à celle de mai 2005, manifestant son rejet d’un système qui ne sait plus que passer en force, et les leaders politiques ont beau donner toutes les explications possibles à ce désaveu populaire, aucun n’a eu le courage de reconnaître que cette abstention massive, dramatique, inquiétante, a pour principale origine ce mensonge historique qu’est l’approbation du traité de Lisbonne par ce que l’on hésite encore à qualifier de « représentation nationale ». En se détournant majoritairement des urnes, en ce 14 mars 2010, alors que les enjeux politiques n’étaient pas escamotés, bien au contraire, le peuple Français a craché à la gueule de ceux qui le méprisent. Au delà des analyses politiciennes du moment, navrées ou triomphantes quant aux résultats de ce scrutin régional, cette situation est très grave. Très grave pour notre démocratie, très grave pour la France. Si un débat de fond sur cette tragédie politique ne s’ouvre pas sur la place publique, nous en paierons plus chèrement encore les conséquences.

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  5. Lucia - 16 mars 2010 8 h 35 min

    Je ne veut ni votre Ordre Mondial, ni votre Métissage, je suis contre cette Europe, contre l’immigration extra-européenne point barre, donc pour Dimanche prochain ce sera FN en Paca (j’ai voté en 2007 pour le Zarkozorro!!!!

    http://www.dailymotion.com/video/x87nut_tous-unis-pour-le-nouvel-ordre-mond_news

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  6. Pitch - 16 mars 2010 10 h 17 min

    « À force de s’enliser sur la question de l’identité nationale, et de laisser traiter ce sujet par des acteurs dans des rôles de composition, on a facilité le retour du Front National. »

    S’il y a quelque chose d’appréciable dans ce que l’apatride Sarközy a fait -malgré lui- depuis son accession au pouvoir, c’est précisément cette remontée du vote nationaliste.

    C’est l’occasion de s’en réjouir !

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  7. F.F.T. - 16 mars 2010 11 h 07 min

    Il n’est pas interdit de taper ECOLO…ESCROC sur le moteur de recherche « google » …

    L’écologie, ce parti des anciens de mai 68 qui « attire les rouges chez les verts » …

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  8. Christian Vanneste - 16 mars 2010 11 h 29 min

    @ Philippe Edmond : j’avais déjà émis cette analyse au lendemain des municipales de 2008. Merci de votre bienveillance à mon égard !
    http://www.christianvanneste.fr/2008/03/12/communique-de-presse-du-11-mars-2008/

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  9. Pingback: Le Web, réceptacle des déceptions de l’UMP - La campagne des régionales - Blog LeMonde.fr

  10. fabri - 17 mars 2010 6 h 25 min

    vous faites une tres bonne analyse de l etat d esprit de certains adherents de l UMP et des reproches qu ils font a notre president, car en dehors des qualites que vous evoquez vous auriez pu ajouter au niveau des reproches…polanski l epad proglio villepin et charasse….ce nest pas sa politique qui est condamnee…c est son comportement

    un adherent UMP de marseille

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  11. neps69 - 17 mars 2010 9 h 50 min

    Bonjour,
    Je ne sais pas combien d’électeurs ont consciemment évité d’aller voter à cause de contournement de NS suite au refus du Traîté de Lisbonne, mais cet exemple est une référence majeure du peu de cas que fait notre Président de la République du suffrage universel ou de la démocratie. Peut-être ( ou sûrement) regrette-t-il de n’avoir pas davantage de pouvoir encore. Mais attendons dimanche prochain; le scrutin devrait nous donner quelques enseignements supplémentaires.

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  12. Christian Vanneste - 17 mars 2010 10 h 35 min

    @ Neps69 : Pour votre information, j’ai posé une question écrite au gouvernement sur ce sujet que je vous invite à lire : http://www.christianvanneste.fr/2009/10/22/traite-de-lisbonne-et-celerite-de-la-ratification-francaise-qe/

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