Tintin au Congo

M. Christian Vanneste interroge M. le ministre de la culture et de la communication sur la demande de censure de l’ouvrage Tintin au Congo par certaines associations communautaristes ou d’extrême-gauche. La société Moulinsart, qui gère les oeuvres d’Hergé, a pour l’occasion les mots justes : « Lire, en plein XXIe siècle, un album de Tintin datant de 1931, demande un minimum d’honnêteté intellectuelle. Celle-ci nous garde de sombrer dans les anachronismes faciles et trop couramment complaisants ». Il aimerait connaître l’avis du Gouvernement sur ce sujet.

Réponse du gouvernement :

Les contestations qui visent actuellement Tintin au Congo s’inscrivent dans le prolongement d’une polémique qui ressurgit à intervalles réguliers. Les demandes d’interdiction de l’album d’Hergé, ou d’insertion d’une mise en garde des lecteurs, font ainsi suite à une action en justice intentée en Belgique et aux décisions prises par des bibliothèques et une chaîne de librairies étrangères, de confiner l’ouvrage dans des sections réservées aux adultes. La version de l’album concernée par ces mesures est celle qu’Hergé a publiée en 1931. L’auteur a entrepris de la remanier en 1946, conscient d’avoir été marqué par les représentations coloniales qui caractérisaient son époque et son milieu. Pour autant, l’album d’Hergé ne révèle ni virulence idéologique ni caractère haineux. Les limites consenties par le cadre législatif français au principe de liberté d’expression sont définies de manière stricte et ne sauraient justifier une systématisation des demandes d’interdiction. Une telle évolution serait contraire tant à l’esprit qu’à la lettre de la loi du 13 juillet 1990 tendant à réprimer les actes racistes, antisémites ou xénophobes. Le cas spécifique des publications à destination de la jeunesse, règlementé par la loi de 1949 qui confère des compétences en la matière à l’autorité administrative, n’autorise pas davantage à banaliser la censure. L’application de ces dispositions appelle une extrême vigilance et un discernement particulier, afin de parvenir à combiner en toute rigueur la préservation de la liberté de création, les sanctions aux atteintes à la dignité humaine et le respect de la pluralité des identités.

Question publiée au JO le : 15/09/2009 page : 8676
Réponse publiée au JO le : 15/12/2009 page : 11990

2 commentaires

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  2. Polux - 4 janvier 2010 13 h 11 min

    En toute logique, on devrait donc pouvoir exiger que tous les passages haineux, antisémites et christianophobes, contenus dans le Coran, au nom des lois françaises censées combattre l’appel à la haine, l’antisémitisme, le racisme… soient censurées, ou qu’au moins un avertissment soit inscrit en première page de chaque Coran vendu en France, voire en Europe ?

    Le respect des lois passant AVANT la Religion, je ne vois pas au nom de quel principe le Coran, ou quelque livre Saint que ce soit, pourrait échapper à nos lois et principes

    Ou sont les associations antiracistes, gauchistes et droitdelhommistes sur ce sujet délicat ???? Comme toujours… bien planqués ?

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