La politique au service du Bien commun

A l’invitation de l’Université San Pablo-Centres d’Etudes Universitaires, je suis intervenu, à Madrid, au cours d’un colloque consacré à « la Politique au service du Bien commun ». Mon intervention portait sur la régénération de la démocratie. J’ai renoué à cette occasion avec un exposé de philosophie politique, évidemment en trois parties (Colloque « la politique au service du Bien commun », Madrid, 19 novembre 2009). Après avoir évoqué les dérives de la démocratie moderne qui résultent toutes d’un détournement d’un principe démocratique littéralement retourné contre l’institution elle-même, j’ai souligné le rôle du langage dans la genèse de l’idéologie qui mine actuellement notre système politique, et j’ai enfin exposé les valeurs sur lesquelles peut s’appuyer la restauration d’une démocratie saine : la Personne, la Famille, la Nation, l’Ecologie humaine, la loi naturelle, et j’ai enfin conclu en citant Jacques Maritain et son exigence de voir dans la démocratie, une forme d’état où la morale l’emporte sur la politique. Je crois ces principes particulièrement nécessaires aux problèmes de notre époque qu’ils soient économiques, sociaux  ou politiques.

J’ai beaucoup apprécié la qualité des échanges durant ces rencontres, l’enthousiasme qui animait les intervenants et la ferveur spirituelle qui était au cœur des travaux jusqu’à la messe finale de dimanche célébrée dans la chapelle de l’université par le cardinal-archevêque de Madrid, à l’occasion de la fête du Christ-Roi.

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9 commentaires

  1. Marc - 24 novembre 2009 22 h 39 min

    Monsieur le Député, j’aimerais lire votre exposé, car le sujet m’intéresse et, d’une façon générale, vos idées m’intéressent. Pourriez-vous le publier ?

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  2. Christian Vanneste - 24 novembre 2009 23 h 33 min

    @ Marc : il suffit de cliquer sur la phrase entre parenthèses : (le colloque etc…) et vous pourrez lire cette intervention. Merci!

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  3. SEB - 25 novembre 2009 2 h 26 min

    Merci pour cette participation !!! Je vais lire aussi car cela m’intéresse aussi.

    Juste une petite demande avant de vous quittez : pourriez vous demander à Mme BACHELOT – ou bien à qui de droit – d’alerter les citoyens sur une exploitation particulièrement détestable des complexes des individus ?

    Ma femme faisait quelques recherches sur le net, quand soudain elle tombe sur le site suivant :
    http://www.bloguedesophia.com/mc.php?t202id=3117&t202kw=mc

    Par curiosité, elle lit…Et comme ma femme estime qu’elle doit perdre du poids, elle clique pour voir ce qu’il en est des produits miracle proposés :
    http://www.absoluteacaiberry.com/lp2/?aid=az&lang=fr&sid=44108

    Là, on vous propose d’obtenir des échantillons « gratuits », vous n’avez plus qu’à payer le transport…D’où l’usage de la CB.

    Ce qui l’a fait tiquer…En premier lieu, c’est le mode de payement. Uniquement la CB…Et sans l’indic « payement sécurisé' » voire « PAYPAL ».

    Alertée…Elle finit par aller sur quelques blogs et sites…Et là ! Surprise !

    Le site de la soit disant chanceuse ayant perdu du poids….A été dupliqué en anglais, italien, espagnol, etc. Et on trouve aussi des témoignages de « chanceuses » en France dont…Le témoignage ne diffère que dans l’usage du prénom !

    Mieux ! Le « règlement » (bien entendu caché sur le site) est uniquement en anglais…On ne peut donc pas lire, de prime abord, que chaque mois la société commercialisant les produits ci dessus prélève une belle somme d’argent !

    Voulez vous annuler ? Impossible ! Le numéro d’appel est…Injoignable ! Et bien sur, le mail…Est une erreur !

    Bref…L’arnaque complète !

    Le problème…C’est qu’au vue des témoignages sur le net…Et même au boulot de mon épouse ! Pas mal de personnes se sont faites avoir…En beauté (c’est le cas de le dire)

    Pourriez vous demander à Mme BACHELOT d’alerter toutes les (plus ou moins naives et jeunes) filles (femmes) qui ont pu, d’une manière ou d’une autre, se faire avoir ?

    Pourriez vous, éventuellement, déposer un message pour répondre aux nombreuses inquiétudes de ces dernières quant aux démarches à faire pour tenter de réparer leurs erreurs ?
    http://forum.doctissimo.fr/nutrition/alimentation-sante/nettoyage-colon-perdre-sujet_159828_1.htm

    Il semble que beaucoup de ces démoiselles ou dames, voudraient avoir des précisions ou informations, relatives au commerce sur le Net :
    –sachant que cette « vente » est par « correspondance » (via une confirmation par mail)…Est ce que les « acheteuses » peuvent se rétracter dans un délai de 7 jours ?
    –le fait que le réglement soit en anglais (alors que la langue de la République française est….Le français) peut il constituer un facteur d’annulation de la commande ?
    –est il possible de se retourner contre la (les) blogueuse(s) qui ont fait de la pub mensongère, en exploitation la détresse des personnes très complexées par leur poids ?
    –ces produits pouvant être comparés à des médicaments – et il me semble que la vente de médic est illégal sur le net ? – est il possible de faire quelque chose ?
    http://cookiemaigrit.canalblog.com/archives/2009/05/09/13664045.html

    Voilà. Ne laissez pas ces (jeunes) dames en détresse s’il vous plait.

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  4. Louis Cypher - 25 novembre 2009 11 h 16 min

    Hélas, pour ce qui concerne la france, la république des lobbys (accolée à la république des imbéciles) est incompatible avec la défense du « bien commun ».
    A moins de considérer que le bien commun se confond avec des intérêts commerciaux, bien sur.

    Quand l’assemblée devient le terrain de jeu de tous les responsables marketing (pudiquement nommés lobbyistes), quand cette assemblée, censée agir par et pour le peuple (article de la constituion, je le rappelle) se résume à une chambre d’enregistrements de textes qu’elle ne lit pas, ne comprend pas et ne rédige pas, quand les rares textes rédigés le sont en réactions à des articles de presse —-> peut-on encore considérer que le législateur travaille pour le bien commun ???
    Et que penser du parti majoritaire, qui a choisi comme porte parole un lobbyiste de métier (sic!) et comme « chef des députés » un arriviste à mi-temps plus concerné par son compte en banque que par son pays ?
    Où est la vraie racaille ? Qui déteste son pays ? Des banlieusards désoeuvrés ou des irresponsables politiques qui appliquent la règle du « petits arrangements entres amis friqués » ?

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  5. seb - 25 novembre 2009 17 h 34 min

    Peut on adopter une Ministre ?

    Ce serait bien…Car notre Ministre de la Santé, très sensible à la cause de l’industrie pharmaceutique, n’a pas le même souci du bien commun que la Ministre de la Santé polonaise.

    Discours prononcé le 5 novembre 2009.

    « Je voudrais dire que ma priorité pendant mes 20 ans de pratique de médecine générale a été « d’abord ne pas nuire » J’ai toujours à l’esprit ce principe en tant que Ministre de la Santé.

    Dans ma pratique, quand je recommandais un médicament à qui que ce soit, je crois comme chaque praticien le ferait, je me posais simplement la question : est-ce que je préconiserais cela pour ma vieille maman, pour mon enfant ?

    Ce type de pensée est révélatrice de toute la prudence que je dois avoir, des vérifications et des garanties dont je dois m’assurer en tant que Ministre de la Santé avant de préconiser un médicament à chaque citoyen polonais

    A des millions de Polonais qui n’ont pas de formation médicale qu’un ministre ou un expert peut avoir comme le professeur Brydack par exemple qui a, en tant qu’expert, travaillé pendant plus de 40 ans sur la grippe.Il travaille dans un des 189 centres de recherche sur la grippe dans le monde, un de ces centres se trouvant en Pologne. Pouvons-nous aujourd’hui être accusés d’un manque de connaissances sur la grippe ?

    Pouvons-nous remettre en question l’opinion d’un professeur qui travaille sur la grippe depuis plus de 40 ans et pas seulement sur un seul type de grippe ? Quelqu’un qui a publié des centaines d’articles sur le sujet ?Je me pose seulement une question fondamentale : voulons-nous combattre la grippe pandémique ?

    Aujourd’hui, nous savons la teneur de différentes clauses des contrats que d’autres, beaucoup de gouvernements de pays riches ont signé avec les fabricants de vaccins.

    Nous savons aussi ce qui a été proposé à l’état polonais. Suite aux négociations en cours, je ne peux pas tout dire aujourd’hui mais je peux dire une chose :

    Notre département juridique a trouvé au moins 20 points douteux dans le contrat.

    Or, quel est le devoir du Ministre de la Santé ? Signer des contrats qui sont dans le meilleur intérêt des Polonais ou bien signer des contrats qui sont dans le meilleur intérêt des compagnies pharmaceutiques ?

    Je sais qu’il y a 3 vaccins disponibles sur le marché aujourd’hui, de 3 producteurs différents. Chacun a unequantité de substance active différente et, étrangement, ils sont tous jugés équivalents ?

    N’est-ce pas suffisamment étrange pour que le Ministre de la Santé et les experts aient au minimum de légers doutes à ce sujet ? Peut-être, si ça se trouve, le produit avec très peu de substances actives n’est juste qu’une « eau miraculeuse » que nous supposons pouvoir agir sur la grippe ? Sommes-nous supposés payer pour cela ?

    Nous avons l’exemple de l’Allemagne qui a acheté 50 millions de doses, seulement 10% ont été utilisées jusqu’ici. 13% des Allemands sont disposés à accepter ce « remède miracle » aujourd’hui.

    Mais c’est vraiment peu parce qu’en Allemagne, il y a un grand pourcentage de gens favorables à la vaccination
    .
    Ainsi, en Pologne, sur 1000 personnes, 52 personnes feront le vaccin antigrippal (classique) alors qu’en Allemagne, ils sont 238 pour 1000 (23%)

    Donc, qu’est-ce qui fait que seulement 10% des Allemands veulent se faire vacciner contre la grippe porcine et pas 23% de la population comme pour la grippe saisonnière ?Leur gouvernement achète ces vaccins et les leur propose gratuitement et les gens ne les veulent pas ? Comment cela se fait-il ?

    Est-ce que ces faits peuvent nous donner des arrière pensées concernant le fait d’acheter ou non ces vaccins ?Des arrières pensées concernant le fait d’introduire un médicament qui serait une sorte de médicament secret ?Il y a des sites internet sur lesquels les fabricants de vaccins ont l’obligation de publier les effets secondaires inattendus des vaccins. La vaccination en Europe a commencé le 1er octobre 2009.Je voudrais que vous visitiez n’importe lequel de ces sites et que vous me trouviez un seul de ces effets secondaires inattendus, ne serait-ce qu’une réaction dermatologique généralisée, ce qui peut arriver même avec des médicaments sûrs.

    Il n’y en a aucun sur ces sites internet.

    Et puisque c’est si miraculeux, pourquoi la firme productrice ne veut pas introduire son produit sur le marché en acceptant d’assumer la responsabilité de celui-ci ? Pourquoi ne disent-ils pas : c’est un produit merveilleusement sûr c’est pourquoi nous prenons la responsabilité de celui-ci, nous allons le mettre sur le marché et tout est clair et transparent plutôt que de mettre la pression sur nous, les acheteurs ?

    Nous n’avons pas les résultats de tests cliniques, pas de détails sur les composants et pas d’informations sur les effets secondaires.

    Les vaccins en sont maintenant à une phase 4 de tests, des tests vraiment très courts et nous ne disposons toujours pas de ces informations. De plus, l’échantillon (de testeurs) était vraiment petit : un type de vaccins a été testé sur seulement 160 volontaires âgés de 20 à 60 ans, tous sains, pas infectés. Un autre type de vaccin a été testé sur 600 volontaires âgés de 18 à 60 ans, tous bien portants. Est-ce que c’est suffisamment consistant pour nous les médecins présents dans cette salle ? Ce n’est pas suffisant à mes yeux.

    Je veux être suffisamment sure avant de recommander cette vaccination.

    Nous ne sommes pas définitivement hors jeu pour l’achat de vaccins.

    Pendant le temps des négociations (en cours), nous voulons prendre le temps et l’utiliser à bon escient pour obtenir autant d’informations que possible sur le vaccin.

    Ensuite, si le comité de lutte anti-pandémique finit par approuver le vaccin, alors nous l’achèterons.

    En outre, il y a 1 milliard de gens qui font la grippe saisonnière chaque année, 1 millions en meurent chaque année. Et c’est le cas non pas depuis 1 an ou 2 mais depuis des années.

    Est-ce que quelqu’un a déjà annoncé une pandémie de grippe saisonnière quelque part dans le monde ? Et pourtant la grippe saisonnière est bien plus dangereuse que la grippe porcine. Il y a même des décès et de graves complications.

    Y a-t-il eu la moindre pandémie (de grippe saisonnière) qui ait été annoncée ?

    Dès lors, à celui qui me pousse à acheter des vaccins (contre la grippe pandémique), je vous demande : Pourquoi n’avez-vous pas crié ou pleuré pour qu’on en achète l’année dernière, il y a 2 ans et en 2003. En 2003, il y a eu 1, 2 millions de Polonais qui ont fait la grippe saisonnière !

    Est-ce que quiconque dans cette salle a alors crié « achetons des vaccins pour tout le monde ! » ?? Je ne peux pas ne pas rappeler cela.

    Et, en conclusion, je voudrais dire seulement une chose : la nation polonaise a beaucoup de sagesse. Les Polonais savent distinguer la vérité du mensonge très précisément. Ils peuvent aussi déterminer ce qui constitue une situation objective et ce qui n’est qu’un jeu. »

    Malheureusement, en France…La santé des citoyens est un jeu ! Où faut il considérer que Mme BACHELOT, dans le secret des Dieux, aurait plus d’info que sa consoeur ?

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  6. Marc - 25 novembre 2009 23 h 39 min

    Merci Seb pour votre citation de la ministre polonaise de la Santé. Son argumentation est en effet très troublante.

    M. le Député, j’ai lu votre discours de Madrid. Bien que je sois d’accord avec beaucoup de vos idées, je ne suis peut-être pas de votre avis sur la notion de démocratie car vous semblez lui préférer une sorte de « gouvernement des sages », autrement dit une forme d’aristocratie morale. Mais a-t-il jamais existé une telle aristocratie qui ne choisisse la défense de ses intérêts plutôt que le « Bien commun » ?
    Par ailleurs, la représentation parlementaire actuelle a voté le Traité de Lisbonne malgré l’opposition claire des Français, celle-ci datant du référendum de 2005 – Je rappelle que le Traité de Lisbonne a été qualifié par V. Giscard d’Estaing de clone de la Constitution de 2005. Vous semblez critiquer l’Europe technocratique. Or c’est bien ce que les Français – et bien d’autres peuples européens s’ils avaient pu voter – n’aiment pas dans cette Europe libre-échangiste, mercantile, mais sans « Bien commun ». Dans ce seul exemple, il me semble voir que la volonté du peuple dans son ensemble, donc la vraie démocratie, est plus lucide, plus près de cette ambition d’un Bien commun qu’une majorité parlementaire – constituée à la proportionnelle ou pas.

    Paradoxe lumineux : c’est l’ « apprenti dictateur » de Gaulle qui a rendu son pouvoir au peuple Français, par l’usage du référendum et par l’élection au suffrage universel du président de la République, alors que des parlementaires comme G. Monnerville qualifiaient cela de forfaiture ! Je crois, pour ma part, que l’apprenti dictateur respectait plus les gens ordinaires que le sénateur, même s’il les a qualifiés de « veaux ». Car les actes comptent plus que les paroles et, en 1969, de Gaulle a encore voulu que le dernier acte soit prononcé par le peuple. Les Français lui en savent gré, 40 ans après.

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  7. seb - 26 novembre 2009 8 h 27 min

    Moi, ce qui me trouble, dans tout ce discours…C’est que vous reprochez à la Société une déresponsabilisation et une infantilisation…Qui en premier lieu se trouve chez les élus !

    Dans une Démocratie, celui qui FAIT LA LOI c’est le Législateur. Or…Depuis maintenant une trentaine d’année, ledit Législateur FAIT DES LOIS et non plus LA LOI.

    Autrement dit, la LOI est devenu un argument politicien au lieu d’être un outil du BIEN COMMUN. Ainsi, je vous renvois à « ubu loi » des textes sont votés…Mais jamais mis en oeuvre.

    Ex : le Législateur promet aux artistes une protection de leurs droits d’auteur, via la loi HADOPI.

    Au final ? Une loi qui est une usine à gaz, sans budget (et oui, le Parlement a oublié d’augmenter les crédits de la Justice !) sans personnel (réduction des postes), et néfaste pour les artistes (tant sur le plan de l’image, que sur le plan financier : puisque la procédure choisie interdit aux artistes d’exiger des dommages et intérêts (cf eolas))

    Le fait que je sois opposé à cette loi ne me rend cependant pas heureux de voir le Législateur voter de mauvais textes.

    Ex : vous critiquez le « politiquement correct », la « police de la pensée ». Mais…Qui a instauré ces deux choses ? Sinon…Le LEGISLATEUR ? Via les lois « anti discrimination » (le Législateur n’a pas demandé des comptes, à ce que je sache, à M. LE MAIRE quand il a signé la directive anti discrimination 1 et 2), la loi Gayssot et j’en passe et des meilleurs ?

    Personne n’a mis de couteau sous la gorge des parlementaires pour qu’ils votent de telles lois liberticides. C’est en pleine conscience qu’ils l’ont fait. De la même façon, le Législateur de 1793 a voté la « loi des suspects » sans coup férir…Tout en sachant sa nocivité ! Avec le résultat qu’on connait ! Seule « excuse » : ils risquaient, eux, de finir sur une pique. Ce n’est pas le cas du Législateur actuel.

    Si le Législateur veut éviter qu’on mette des limites à sa Liberté…Qu’il brandisse la DECLARATION DE 1789 ! C’est le seul texte qui est « politiquement correct » et qui protègera efficacement la Société contre les « minorités » revendicatrices !

    Impuissant le Législateur ? Non…Lâche plutôt. Car les pouvoirs, les outils, et même le soutien du Peuple…Il les a. Reste la volonté politique…Souvent absente.

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  8. seb - 26 novembre 2009 19 h 39 min

    La politique de l’intérêt particulier : quand l’UMP – bravo les parlementaires ! – viole la Constitution pour « protéger » les actes illégaux de M. SARKOZY (faire des sondages est légal, utiliser l’argent public pour de la propagande électoraliste, non)

    « Le seul objectif de cette proposition de résolution n’était pas de contrôler les comptes de l’Elysée, ils le sont déjà par la commission des Finances, c’était tout simplement de s’en prendre à la personne du président de la République et de le mettre en cause », a fait valoir Jean-Luc Warsmann, président UMP de la commission des lois, pour qui cette utilisation de la commission d’enquête, « c’est contraire à la Constitution. » (WARSMANN : président de la commission des lois)

    « Le principe institutionnel qui serait remis en cause (…) est celui de la responsabilité politique du chef de l’Etat qui s’exerce devant le peuple et en aucun cas devant l’Assemblée » (ACCOYER)

    Ces deux là connaissent ils la Constitution de la France ? Apparemment pas.

    1. Aujourd’hui, il est possible – sans qu’il y ait atteinte à la séparation des pouvoirs, ni mise en cause du Président de la République – que la commission des finances à l’Assemblée – présidée par M. Migaud, qui fait partie du groupe socialiste à l’Assemblée – via son rapporteur spécial – M. Launay, qui est aussi affilié au groupe socialiste à l’Assemblée – vérifie et contrôle les comptes de l’Elysée.

    Comment, dès lors, pourrait il y avoir atteinte à la séparation des pouvoirs et mise en cause du Président de la République, quand des parlementaires demandent une enquête plus poussée, sur l’utilisation des deniers publics, gérés par l’Elysée ?

    2. La Déclaration de 1789 fait partie de la Constitution, et même elle supplante toute Constitution – puisque le viol des articles induit le fait que la France n’ait plus de Constitution (article 16) – et elle a une portée encore plus forte que la Constitution elle même – puisque ses principes sont inaliénables, donc non révisables…Alors qu’il est possible que le Législateur révise la Constitution (et il ne s’en prive pas).

    Dès lors, comment peut on considérer qu’une telle enquête parlementaire, portant sur l’utilisation des deniers publics – géré par une administration nommée l’Elysée – est inconstitutionnelle ?

    Les articles 14 et 15 de la Déclaration disent que « la Société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration ».

    Et que : « tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs Représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée. »

    Le Président de la République, son chef de cabinet, ceux qui travaillent pour l’Elysée, ne sont ils donc pas des « agents publics »? Et l’Elysée n’est il pas une administration ?

    3. Atteinte à l’article 67 de la Constitution ?

    Article 67 : « Le Président de la République n’est pas responsable des actes accomplis EN CETTE QUALITE, sous réserve des dispositions des articles 53-2 et 68.

    Il ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction ou autorité administrative française, être requis de TEMOIGNER non plus que faire l’objet d’une action, d’un acte d’information,D’INSTRUCTION ou de POURSUITE. Tout délai de prescription ou de forclusion est suspendu. »

    Le groupe PS a l’Assemblée a t il requis le témoignage de M. SARKOZY ? Non. A t il demandé la Haute Cour ? Non plus. Et a t il intenté une action judiciaire contre M. SARKOZY ? Non plus.

    Où est l’inconstitutionnalité de la demande ?

    L’article 67 de la Constitution n’a qu’une seule utilité : protéger le Président d’une action judiciaire contre sa personne…Pendant son mandat !

    L’invoquer pour interdire une d’enquête parlementaire, n’a donc aucun sens, puisqu’à preuve du contraire, les requérants de cette demande, n’agissent pas en tant que juges (judiciaires ou de la Haute Cour) ni en fonctionnaires…Mais bien en tant que légitimes contrôleurs de l’utilisation des deniers publics !

    Et il n’est, en aucun cas, interdit, au Parlement de demander des explications à M. SARKOZY sur sa gestion des deniers publics ! C’est d’ailleurs lui même qui a réclamé un contrôle des fonds élyséens ! S’en repentirait il ? Peut on gémir des effets de la « transparence » si vantée pourtant par le même ?

    Si « le Président de la République » n’est responsable, ni juridiquement, ni politiquement, devant le Parlement…Le gestionnaire de l’Elysée, l’est…Lui, en tant qu’agent public !

    De même que si « l’héritier de la Nation » était protégé par la Constitution de 1791, Louis Capet, lui, ne l’était pas. Et sa famille non plus. M. SARKOZY prétend t il avoir plus de droits qu’un roi élu par Dieu ?

    L’argument de M. ACCOYER et M. WARSMANN est par ailleurs très bancal, parce que reconnaitre une « atteinte » à la personne du Président…C’est reconnaitre que ce dernier est bel et bien le gestionnaire des fonds élyséens, et que c’est lui tout seul, comme un grand, qui a procédé aux malversations concernant les sondages incriminés.

    Ce gestionnaire est il le Président ? En prétendant à la mise en cause du Président de la République, M. WARSMANN et M. ACCOYER laissent penser que c’est lui, qui personnellement, s’occuperait du budget de l’Elysée.

    Je pense pourtant que M. SARKOZY fort occupé et qu’il n’a peut être pas le temps de jouer les comptables…D’autant que des personnes sont payées pour faire ce travail.

    Je pense que, plus surement, la personne responsable des comptes de l’Elysée, c’est le chef de cabinet. Chef de cabinet qui, lui, n’est pas protégé par la Constitution.

    Pourquoi avoir choisi de rejeter une proposition d’ouverture d’enquête parlementaire, dès lors ?

    De toute évidence, le Président a des choses à cacher…S’il se sert à ce point de la protection que lui procure la Constitution, pour interdire au Parlement un pouvoir légitime, consacré par la Déclaration de 1789.

    Le plus drôle, si l’on peut dire, c’est que le résultat obtenu est l’inverse de celui désiré, puisque cette partie – qui aurait facilement pu être résolu, sans violer la Constitution – a été in fine gagné par le PS.

    Grâce à l’UMP, et à ses lâches parlementaires, toute la France sait maintenant que M. SARKOZY a utilisé frauduleusement l’argent public, pour influencer les Français.

    Si tel n’était pas le cas…On voit mal pourquoi l’UMP est allé jusqu’à justifier la violation de la Constitution, violer un droit fondamental du Parlement (vous avez dit revalorisation ?) et pour finir violer (c’est le pire) la Déclaration de 1789 !

    Pour un résultat nul d’ailleurs…Puisqu’il suffira que M. Launay fasse usage de ses droits, en tant que rapporteur spécial il peut contrôler les comptes de l’Elysée, et faire une enquête sur lesdits sondages élyséens, pour révéler la farce.

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  9. Marc - 27 novembre 2009 22 h 12 min

    Brillante explication Seb, et convaincante.

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