L’affaire Eric Raoult versus Marie Ndiaye ou le ridicule au cube

Il est assez consternant qu’un écrivain qui bénéficie de la renommée fugace et souvent infondée d’un prix littéraire puisse exprimer des idées aussi caricaturales et superficielles que celles que le récent Prix Goncourt a pu émettre à l’encontre de la France et de son Président de la République. Tout cela sent la mode, l’esprit médiatico-mondain et correspond peu à l’idée que l’on se fait de la finesse et de l’intelligence d’un grand romancier.

Il est tout aussi contrariant qu’un élu de la République, mon ami Eric Raoult en l’occurence, puisse si peu que ce soit imposer une censure ou un devoir de réserve à un auteur qui n’a reçu au demeurant aucune mission de la République. Il s’est depuis ravisé et je l’en félicite.

Il est enfin stupéfiant que l’on puisse accorder tant d’importance aux dires d’un prix littéraire, comme si celui-ci dessinait le profil du grand écrivain. La compétition commerciale, la course entre les casaques Gallimard, Grasset ou Albin Michel, les uns gagnant plutôt à Longchamp/Goncourt, les autres à Auteuil/Renaudot, les troisièmes à Chantilly/Interallié, sans parler du Fémina. Depuis belle lurette, chacun sait que ce ne sont pas les grands prix qui font les grands écrivains. Ils assurent seulement un certain tirage et c’est tant mieux pour la lecture !

Le Ministre de la Culture a bien fait de ne pas ajouter un quatrième volume à cette collection.

5 commentaires

  1. maxime - 14 novembre 2009 14 h 38 min

    Cette fois, je suis entièrement d’accord avec vous, M. Vanneste. La liberté d’expression ne peut être limitée (hors cas de diffamation, appel au meurtre…). Et puis, imposer un devoir de réserve à un lauréat d’un prix littéraire, comme aux fonctionnaires, c’est une logique soviétique.

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  2. Voconce - 15 novembre 2009 18 h 03 min

    Je partage tout à fait votre opinion sur ce pseudo-événement médiatique : l’avis d’un écrivain jusqu’ici méconnu ne mérite pas tant de commentaires. Les médias s’intéressent à peine, ou bien avec mépris, à l’avis des Français. Ils n’aiment pas la « démocratie d’opinion », mais les Français leur rendent bien : ils n’achètent plus leurs journaux et ils ne votent plus pour les politiques qui méprisent tant la « démocratie d’opinion ».

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  3. grégory - 16 novembre 2009 16 h 04 min

    Le pauvre Eric Raoult ne sait plus quoi faire pour exister médiatiquement et faire parler de lui,mais à force de frapper aussi fort sur sa grosse caisse il va finir par la casser…
    Je comprends tout à fait le point de vue de Marie Ndiaye.
    A plusieurs reprises,Nicolas Sarkozy et le gouvernement ont tout simplement ridiculisé notre pays,le soit-disant pays des droits de l’Homme. Renvoyer des gens en Afghanistan,quelle honte! Bien évidemment la France ne peut accueillir « toute la misère du monde »,mais si tant d’Afghans,d’Irakiens ou d’Africains,c’est parce que les pays occidentaux ne proposent que des aides au développement ridiculement faibles.
    On ne peut tout de meme pas ne pas aider les pays pauvres et s’étonner ensuite que leurs habitants cherchent par tous les moyens à entrer dans les notres en espérant y avois une vie meilleure!…

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  4. pariente - 18 novembre 2009 16 h 48 min

    difficile d accuser quelqu un « d exprimer des idées caricaturales » lorsque les representant de ce pays sont d estimables et parfois risibles caricatures elles mêmes. M. Vanneste en est un exemple « Arlequinesque ». Il faut que nos politiques arrêtent le genre comedia del arte, et recommencent à exister par leurs idées et conviction; J ose esperer que le discours de M. Vanneste se refere à ce genre et non à ses convictions sincères et profondes. Sinon où se trouverait l’intelligence????

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  5. Xavier Collet - 20 novembre 2009 18 h 41 min

    C’est vrai que les écrivains à concours ne m’inspirent guère. Le conformisme bobo de cette dame et la médiocrité de sa plume (j’ai pourtant essayé d’en lire des extraits) explique ses réflexions. Il y a fort à parier que ceci explique cela, à savoir le prix qu’elle a reçu.
    Maintenant elle a le droit de dire des conneries nous en sommes bien d’accord.

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