A la Poste, il faut être timbré pour s’opposer au changement de statut !

La Poste est une belle institution française qui a été l’une des meilleures du monde, et qui a perdu de son aura, comme souvent en France, parce qu’elle était incapable de s’adapter aux exigences de notre temps.

Les postes allemande et néerlandaise ont assuré leur changement de statut dans les années 90 et ont totalement distancé la poste française à l’international, et même sur notre territoire puisque la TNT Post est aujourd’hui le numéro un en France pour le transport des colis et des documents. La Deutsche Post pour laquelle le courrier représente moins du tiers du CA (en France, la Poste : 60%) a acheté des compagnies comme DHL ou Exel. Son activité se situe à 58% à l’international (en France, la Poste : 15%).

La Poste française subit donc un retard de 15 ans et doit affronter pour cette raison la concurrence dans des conditions qui lui sont défavorables, et qui à terme menacent l’emploi.

C’est donc avec retard que la Poste doit changer de statut et passer de celui d’établissement public à celui de société anonyme afin de réaliser une augmentation de capital et bénéficier de financements complémentaires. Le Président de la République a affirmé l’exigence de garanties fortes qui permettront toutefois à la Poste de demeurer un service public : le capital de la Poste sera 100% public. seul l’État et la Caisse des Dépots et Consignation (CDC) participeront à l’augmentation de capital pour un montant total de 2,7 milliards d’euros, les 4 missions de service public seront maintenus et confortés, le statut des agents de la Poste demeurent inchangés. Par ailleurs, Christian Estrosi, Ministre de l’Industrie, s’est clairement engagé à maintenir la présence de la Poste sur l’ensemble du territoire que ce soit en zone rurale, en zone urbaine sensible ou sur les territoires les plus éloignés. Il s’agit donc d’une opération à la fois juridique et financière nécessaire à la survie et au développement d’une belle entreprise publique dont l’existence était clairement menacée. La situation de la Poste est en effet devenue telle qu’elle ne courait plus le moins du monde un risque de privatisation. Les capitaux privés n’ont pas vocation à s’investir dans des entreprises aussi peu profitables. La Poste affiche une dette de 6 milliards pour un chiffre d’affaire de 18 milliards d’euros. Un simulacre de démocratie est organisé en ce moment pour convaincre les français de l’inutilité d’une mesure absolument nécessaire mais malheureusement trop tardive. Il est assez triste que des responsables politiques soient aussi peu soucieux de l’intérêt général, et à ce point englués dans les manœuvres polémiques qu’ils n’hésitent pas à désinformer le public et à tenter de freiner une évolution positive pour le développement du service public de la Poste et le maintien de ses emplois.

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4 commentaires

  1. seb - 30 septembre 2009 16 h 39 min

    Il faut être timbré pour s’opposer au changement de statut de la Poste ? Ha bon ?

    1. La Poste est une institution française qui a été créé par Louis XI. Depuis le temps, elle a su s’adapter, puisque le parlementaire que vous êtes ne peut ignorer que le soit disant « monopole » de la Poste n’existe pas.

    a) le marché des courriers rapides (à forte valeur ajoutée) est ouvert depuis bien longtemps
    b) la moitié des courriers sont triés par des sociétés privées, seul l’acheminement reste un pilier de l’activité de la Poste
    c) la Poste a changé son statut en 2006, puisqu’elle est devenue la Banque Postale, ce qui, par ailleurs, lui a fait perdre son monopole du livret A (bravo les lobbies bruxellois ou nationaux)

    Surtout, la déréglementation est plus intense en Europe qu’aux USA ! L’US postal service dispose toujours du monopole légal de la distribution du courrier. Ce n’est plus le cas des opérateurs publics nationaux ! Le “modèle” choisi par l’UE (et nos Ministres, et nos députés européens) est celui de la concurrence totale, aveugle, sans discernement.

    2. Qu’entend t on par « adapter » ? En quoi le fait de devenir une société anonyme permettrait il à la Poste de « s’adapter » alors que depuis Louis XI, elle n’a pas eu besoin de devenir PRIVEE pour évoluer ?

    Autant le dire : vous voudriez que la Poste soit « eurocompatible ». “Moderniser” la Poste, revient à accepter, par l’entremise de l’UE – épouvantail préféré des politiques Français – qui est par ailleurs le porte parole des lobbies de toute sorte, la fin organisée de nos services publics.

    Le Gouvernement dit que “La Poste deviendra une société anonyme tout en demeurant une entreprise publique. En clair, le capital de La Poste sera entièrement détenu par l’Etat ou par des investisseurs publics”…Mais cela la Commission et les lobbies ne l’accepteront pas. Et pourquoi ? Parce que si l’Etat continue d’être le détenteur du capital de la Poste, celle ci restera considérée comme infaillible et solvable…L’UE n’aura, dès lors, d’autre choix que d’exiger que l’Etat ne conserve (au mieux) que 25% du Capital. (Quant aux promesses du Président..On se souvient de GDF !!!)

    De toute manière, l’UE dispose d’autres armes pour rendre la Poste “eurocompatible” (”moderniser” la Poste, c’est en faire une entreprise, et laisser payer aux Français le soin de payer les dettes sans profiter du capital) Comment ? Facile ! Via une dette “oubliée” par l’Etat. Celle des fonctionnaires de la Poste. Ou bien, pour le dire autrement, la dette résultant du non provisionnement des retraites des postiers.

    Ce n’est pas le changement de statut qui a permis aux « postes allemande et néerlandaise de distancer la poste française à l’international, et même sur notre territoire puisque la TNT Post est aujourd’hui le numéro un en France pour le transport des colis et des documents » mais les marges desdites postes allemandes et néerlandaises.

    Quand on traîne une dette monstrueuse, parce que des Gouvernements inconséquents, trouvant des complices au sein du Parlement, n’ont pas eu la bonne idée de provisionner la retraité des fonctionnaires de la Poste, il est évidemment plus difficile d’avancer !

    « La Deutsche Post pour laquelle le courrier représente moins du tiers du CA (en France, la Poste : 60%) a acheté des compagnies comme DHL ou Exel. Son activité se situe à 58% à l’international (en France, la Poste : 15%). »

    Et alors ? Est ce que cela en fait des sociétés respectueuses de leurs « clients » puisque bien sur on ne parlera plus « d’usagers » ?

    « La Poste française subit donc un retard de 15 ans et doit affronter pour cette raison la concurrence dans des conditions qui lui sont défavorables »

    Conditions qui lui ont été imposés par l’Etat, on l’a dit, incapable de gérer correctement ses avoirs !!!!!! Et qui trinque au final ? Les citoyens !

    « et qui à terme menacent l’emploi. »

    Excuse bidon. A qui voulez vous faire croire que les postes en France seraient menacés alors qu’une extension à l’étranger, comme chacun sait, ne déplace pas les activités !

    3. « C’est donc avec retard que la Poste doit changer de statut et passer de celui d’établissement public à celui de société anonyme afin de réaliser une augmentation de capital et bénéficier de financements complémentaires. »

    Bref, vous êtes entrain d’expliquer qu’il s’agit là d’un chantage. On s’en tamponne du citoyen, de l’usager, courbons nous devant la sainte loi du marché, qui régule les choses tout seul, comme chacun sait !!!!

    4. « Le Président de la République a affirmé l’exigence de garanties fortes qui permettront toutefois à la Poste de demeurer un service public : le capital de la Poste sera 100% public. seul l’État et la Caisse des Dépots et Consignation (CDC) participeront à l’augmentation de capital pour un montant total de 2,7 milliards d’euros, les 4 missions de service public seront maintenus et confortés, le statut des agents de la Poste demeurent inchangés. »

    Comme si la Poste était un « service public » parce qu’elle est gérée par des fonds publics ! Désolé, mais là ce ne sont pas des garanties d’un service public. Des garanties c’est quand l’Etat se donne les moyens d’assurer, correctement, ledit service public. On en est franchement loin.

    Ce qui nous attend ? Le traitement des Suédois. En Suéde, la “concurrence postale” a été ouverte dès les années 90 (sur le modèle “européen”). Au final ? En 15 ans, une diminution des bureaux de poste de 2000 à 500. Dans le même temps, le nombre de “franchisés”passait de 100 à 4000.

    Si le nombre de “points de contact” a été augmenté, en revanche, la confidentalité de certaines transactions a été plus que mise à mal ! Il y a certains services qu’on n’aime pas forcément demander à son pompiste ! Surtout qu’il y a eu un effet collatéral. Les commerçants remplissant la fonction “postale” ont aussi pu se renseigner sur la solvabilité de leurs clientèles…Et dès lors ont refusé de travailler pour lesdites personnes, en se fiant à leur compte bancaire ! Personnellement, je ne tiens pas à ce que mon pompiste sache combien je gagne.

    Si Posten AB conserve 92% de part de marché, les effectifs ont, eux, fondu…Comme les bureaux de poste. Et sur les employés de la Poste Suédoise, les trois quarts travaillent en temps partiel…Ne pourrions nous donc pas trouver des solutions plus intelligentes que fermer ces bureaux de poste, en faisant profiter d’autres services du maillage territorial ?

    Quand on voit la négligence de l’Etat envers la Poste, on ne peut que comprendre que celle ci ait des difficultés, qui n’ont rien à voir avec une quelconque concurrence, ou des défis « de notre temps » (vive l’arrogance!)

    Les maisons de services publics ? Au point mort (l’Etat s’en préoccupe assurément !)

    La loi de 2005 ? Elle s’inspire grandement du “modèle” suédois, et anglais (points de contacts dans les supermarchés : vive la confidentialité des opérations !) et assortie en plus à cela une couverture minimale du territoire (heureusement, l’Etat est très attaché aux services publics ! Ca se voit !)

    Le décret de 2007 ? Il ressemble à la pub de SFR. 99% du territoire occupé. Sauf que SFR ne précise pas qu’il s’agit du territoire…Urbain. Dans les “coins paumés” personne ne connait SFR…Pas plus que la Poste. (Il faut, au minimum, au simple citoyen accomplir 10 km en voiture : le Gouvernement sait que la population française vieillit ? Il veut augmenter le nombre de morts de seniors sur la route ?)

    Si l’on voulait une dernière preuve de l’attachement de l’Etat aux services publics, il suffit de voir quelle est sa participation. Or…Force est de constater que ce sont les collectivités territoriales qui tentent de sauver les bureaux de poste…Nullement l’Etat (Parlement, Gouvernement, Présidence) A tel point que certains maires sont élus, essentiellement, sur une seule promesse : garder la poste au village.

    Bien sur, on pourrait imaginer des bureaux de poste pouvant servir de relais pour d’autres services nationaux, qui seraient utiles, tant pour les questions sociales que de sécurité. Mais il faudrait une (vraie) implication de l’Etat (en acte, pas seulement en paroles) mais visiblement ce n’est pas son souci. Seulement celui de la Poste et des élus locaux.

    Il est sincèrement dommage que les élus locaux (qui sont aussi, pour beaucoup, des parlementaires : à quoi çà sert le cumul des mandats si les élus ne sont pas capables d’en tirer profit ?) ne s’engagent pas dans le combat (en acte et non pas uniquement en paroles) pour garder les bureaux de poste. Car si une boulangère ou un pompiste peut, au mieux, aider la Poste, via la distribution de colis, ou la vente de timbres…Les personnes qui se servent du livret A comme d’un porte monnaie n’y trouveront sans doute pas leur compte (combien de Français, déjà, dispose d’un livret A ? Ha…La moitié ? Plus ?)

    Quant aux “usagers” ? L’Etat s’en soucie comme d’une guigne ! Car si la Poste doit se “moderniser” ce n’est pas en supprimant des bureaux de poste, ou en devenant euro compatible, mais en étant digne de la mission de services publics qui lui est attachée.

    Un ex ? La loi de 2005 a privé l’ARCEP de toute possibilité d’arbitrage ! Si l’ARCEP doit évaluer la qualité des services rendus par la Poste, elle n’a pas la possibilité d’apprécier la façon dont la Poste exerce “ses missions d’aménagements du territoire”. Bref, assure sa présence sur tout le territoire.

    L’ARCEP ne peut pas non plus (merci les parlementaires) faire la lumière sur les coûts des différents types de “points de contact” et les services qu’ils rendent, ni contribuer aux choix auxquels les élus locaux seront confrontés, et encore moins aider ces derniers à avoir un argumentaire face à l’Etat. (Qui semble oublier l’égalité devant la loi des citoyens)

    Idem, l’ARCEP pourrait faire de petites enquêtes, pour démêler le vrai du faux sur le “coup de sonnette” du facteur. En règle général, le facteur doit sonner. Et si on lui répond, il doit monter le colis du destinataire. Or…Les usagers constatent que le facteur ne sonne pas, ce qui oblige l’usager à se rendre au bureau de poste (s’il y en a un) pour récupérer son colis. Je rappelle que la livraison du colis est censée se faire par la Poste…Et que l’usager n’est pas censé, lui, aller chercher son colis, s’il était présent chez lui, lorsque le facteur est passé…Sans sonner.

    Le maintien du timbre à prix unique ? Cela ne durera pas longtemps. Juste le temps de mettre à plat la Poste. Nos partenaires sont hostiles à cette égalité tarifaire sur un territoire donné. Pourquoi croit on que dans l’espace européen, il soit plus cher d’envoyer une lettre en Irlande qu’en Italie ?

    Tant que l’égalité tarifaire et la péréquation tarifaire ne sont pas inscrites dans la directive – je rappelle : le Parlement peut amender une directive. Ses collègues ne se gènent pas pour le faire – je tiens cela pour nul.

    5. Pas de privatisation ?

    Que les choses soient claires : l’UE n’impose pas la privatisation de quoi que ce soit. Elle ne demande “que” la dérégulation la plus complète, avec les sourires magnifiques, de l’Etat, qui s’empresse de lui complaire.

    Les “privatisations” sont le fait de décisions nationales, et d’aucune autre. Un ex ? La privatisation des autoroutes.

    Contrairement à d’autres pays (Allemagne, Angleterre) la France a fait le choix, dans les années 60, de faire payer ses autoroutes. Cela avait du sens : d’une part, la France était (et reste) le pays le plus touristique au monde (et un impôt touristique, un) et d’autre part, en concédant à des sociétés de gestion les autoroutes, l’Etat pouvait améliorer le reseau routier, tout en utilisant l’argent public pour financer des grands travaux.

    Or…Depuis les années 2000, la gestion du reseau routier est bien moins onéreuse qu’au moment des années 60. L’Etat, en toute logique, aurait donc pu espérer recevoir, en tant qu’actionnaire public, entre 20 et 30 milliards d’euros de dividendes jusqu’à la fin des concessions, date à laquelle les autoroutes lui reviennent (en principe) de plein droit.

    Mais voilà. L’Etat est à la recherche d’argent. Comme jadis la Monarchie. Et a dès lors besoin d’argent couramment. C’est pourquoi, en 2002, M. Jospin ouvrit le capital des sociétés de gestion…49% du “marché” des autoroutes donc ! En 2004, rebelotte avec M. Raffarin. Et pour finir, M. De Villepin, qui ceda le reste du capital d’ASF !

    Soucieux du court terme, mais pas du long, l’Etat a même laissé aux sociétés d’autoroute privée le droit de fixer le montant des péages…Comme jadis les “fermiers généraux” pouvaient le faire, au nom du roi. (Et dans une imitation parfaite de la Monarchie, l’Etat n’a rien trouvé de mieux que de ne pas affecter les sommes obtenues par la privatisation de nos autoroutes, au remboursement de la dette, ou au financement des retraites…Louis XIV aussi préférait financer des châteaux plutôt que rembourser les dettes du pays.)

    Depuis 1986, l’Etat ne fait que çà : privatiser nos services publics…Pour trouver de l’argent frais, qu’il gaspille au passage, n’importe comment. Parce que l’Etat n”a pas de vision du long terme, mais seulement de l’instant.

    Mais en 2000, l’Etat a inauguré une nouvelle “tendance” : il ne fait pas que vendre nos bijoux de famille, il cède ses “droits”. Les sociétés d’autoroute ne sont pas bien différentes des fermiers généraux de jadis.

    Car…Qu’a fait l’Etat, sinon vendre le droit de percevoir les péages à des sociétés privées ? A quand la mise aux enchères du droit de percevoir la TVA ? L’IR ? Ou bien la taxe professionnelle ?

    Qui peut croire que contre quelques argents, la privatisation de la Poste n’aura pas lieu ? Que conscient qu’il est dans l’incapacité de respecter ses devoirs sociaux (en tant qu’employeur) vis à vis des fonctionnaires de la Poste, l’Etat ne s’empressera pas de donner, corps et biens, un édifice financé et aimé des Français ?

    Quant à “graver” dans la loi certaines sécurités pour les agents de la Poste…Je pense qu’on peut faire confiance à l’actuelle majorité. Chacun a pu voir à quel point le référendum obligatoire sur l’adhésion de la Turquie a été “gravé” dans la Constitution. Il a suffit d’une révision constitutionnelle pour l’effacer ! Au mépris des engagements parlementaires…Je rappelle, au passage, que la “majorité” est censée être contre l’adhésion de la Turquie à l’UE. Ce qui ne l’empêche pas, à l’évidence, de voter chaque année les budgets de pré adhésion (sic !), d’avoir nos diplomates en Turquie pour négocier cette adhésion (sic !)

    D’ailleurs, l’actuelle majorité nous montre son double jeu. Elle nous dit que la Poste va devoir être confrontés au développement en Europe d’opérateurs puissants et animés d’ambitions internationales.

    Or…Ces opérateurs existent déjà ! Et comme on l’a dit plus tôt, son statut actuel n’est, en aucun cas génant…Sauf pour lesdits concurrents justements, qui s’avèrent être des lobbystes consciencieux.

    Car pour garantir qu’il n’y ait pas de privatisation, il n’y a qu’un seul moyen : la Constitution.

    Le neuvième alinéa du préambule de 1946 – qui fait partie du corpus constitutionnel de la France, faut il le rappeler – aurait dû nous préserver de privatisations injustifiées. Or…Il n’en a rien été. Pourquoi ? Parce que le Parlement s’est empressé d’enlever toutes les contraintes juridiques, au mépris des droits pourtant reconnus par ce préambule ! Ou bien par la Déclaration de 1789 (droit à la propriété : le Peuple est propriétaire de services publics, par ex)

    Logiquement, si une entreprise est déjà publique, elle doit a fortiori le rester, si elle présente des caractères de “service public national”. C’est donc, en théorie, une limite aux privatisations.

    Mais en pratique ? Il suffit de retirer lesdites caractéristiques via une loi. Et parce qu’une législature ne peut engager une autre législature (sauf en ce qui concerne les traités) il est impossible de “graver” quoi que ce soit dans la loi ou la Loi.

    Une seule exception ? Les services publics constitutionnels. Problème ? Personne ne s’est jamais donné la peine, sans aller jusqu’à restreindre ceux ci, de définir ce qu’on entendait par “services publics constitutionnels”. Par conséquent…Demain, rien n’empêche un Gouvernement, assisté d’une majorité parlementaire compréhensive, de voter la privatisation de la Justice, des Affaires Etrangères, de la Police…Ou de la Poste. Pas plus qu’il n’est interdit de privatiser l’Enseignement, la Santé, les Retraites, etc.

    Pour les aéroports, idem. La loi ne prévoit pas, expressement, leur privatisation. Mais c’est en “bonne” voie. Gaz, électricité, eau, tout ce qui faisait la gloire des Etats s’en va vers le marché total.

    De leur coté, plus malins, les USA se gardent du “modèle” européen. Si les Européens ne veulent plus rien maîtriser, libres à eux…Pendant ce temps là, les USA veillent, eux, à leur indépendance alimentaire, énergétique, etc. Mais bon…Quand on fait aveuglément confiance au marché pour tout réguler…On obtient une hausse de 23% sur le prix de son péage ! Ca a du bon…La concurrence ?

    Systématiquement, l’Etat explique que ces privatisations sont “nécessaires”, et quelles vont contribuer à rembourser notre dette, et à tenir ses engagements sur les retraites. Au final ? Croissance exponentielle de la dette (7,5% du PIB !!! Et le Président qui veut un emprunt national ! Il est fou ?) et 10 milliards sur 82 utilisés pour rembourser la dette…

    Nous avons un Etat qui se bat autant pour les services publics, que le Parlement ne le fait pour être considéré par l’Exécutif.

    Le Parlement détient énormément de pouvoirs (via la Déclaration de 1789) mais il ne les utilise pas. Ce n’est pas l’Exécutif qui est puissant, en France, c’est le Parlement qui refuse d’utiliser ses pouvoirs. Ce n’est pas la même chose.

    Là, on est dans la même logique. L’Etat, pour des raisons y ou y, estime que notre “modèle” français est “has been”. Et non content de faire une analyse de la crise, et de ses conséquences, poursuit droit dans le mur. Sous couverts de “Bruxelles” mais convaincu (apparemment) que son rôle est de pallier les soucis du présent, et non de prévenir l’avenir.

    Le changement de statut de la Poste en société anonyme, dites le M. Vanneste, soyez honnête, c’est seulement le moyen de permettre la privatisation de la Poste. Et rien d’autre.

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  2. seb - 30 septembre 2009 16 h 44 min

    En vérité, voilà vingt à trente ans que nous assistons à un double jeu. D’un coté des discours flamboyants sur une Europe politique, une Europe puissance, une Europe sociale…De l’autre coté des choix frileux, une impuissance de l’État, et une dénonciation globale de « l’Europe de Bruxelles », de « l’Europe des technocrates », accusée de tous les maux, mais qu’il faut en même temps glorifier comme l’œuvre quasi parfaite d’une coalition d’États désireux d’apporter paix, prospérité, et bonheur, au continent européen.

    Chaque citoyen doué de bon sens pourrait se demander les raisons d’un tel grand écart entre ce soutien tacite à l’idée européenne, et à sa version actuelle : l’UE (via la signature des traités), et cette dénonciation constante de ce qu’est, à l’heure actuelle, l’UE…Et cet appel, tout aussi régulier, à un « changement de l’Europe » qui ne s’éloigne guère du « demain on rase gratis ».

    Le fonctionnement de l’UE est un fonctionnement qui peut paraître, à première vue, démocratique, mais qui dans les faits s’avère intergouvernemental, ce qui ne serait pas encore si grave, s’il ne s’accompagnait d’une irresponsabilité (quasi) totale des « décideurs » et de l’absence d’un véritable contrôle démocratique, exercé tant par les citoyens que par leurs représentants légaux, que cela soit au niveau européen, ou au niveau national, via les principes de subsidiarité et d’attribution.

    60, 70, 80% de nos lois sont « d’essence » européenne, dit on fréquemment, pour nous prouver par des chiffres simples, et sans qu’aucune étude sérieuse n’ait été faite pour départager ces hypothèses, à quel point l’UE est présente dans notre vie, et à quel point nous sommes dépositaires des décisions prises à Bruxelles. Nos Parlements nationaux en sont donc réduits, en apparence, à ne faire que de la figuration, du travail de moine copiste, puisque seules 20% de la législation nationale resterait donc, essentiellement, nationale…Encore qu’on puisse supposer que nos élus n’étant pas des rebelles nés, ils n’auraient pas l’insolence de créer des lois risquant l’anti conventionnalité, c’est à dire entrant en conflit avec le droit communautaire ou le droit international.

    Mais comment expliquer que nos parlementaires, si rigides, à l’idée qu’on puisse toucher à leurs prérogatives, ou leurs privilèges, acceptent de si bon cœur d’adopter des traités, qui semblent signer, les uns après les autres, leur arrêt de mort ? A quoi bon des Parlements nationaux, si peu à peu le pouvoir législatif leur échappe, et peut être bientôt aussi le pouvoir constituant ?

    Comment expliquer que l’exécutif, de son coté, brade ses compétences et ses pouvoirs, les uns après les autres, sans sourciller ? Et qu’il s’insurge contre l’UE, tout signant tous les traités qu’on lui soumet à ratification, sans même respirer ?

    Connait on un seul pouvoir qui ait accepté, sans rechigner, de faire don de ses atouts, même lorsque ce pouvoir est doté de plus de vertu que d’autres ? Non, de toute évidence. Alors pourquoi un tel soutien à l’UE, à qui l’on transfert nombre de compétences ? Au détriment, en apparence, des Institutions nationales ? La réponse se trouve dans le fonctionnement de l’UE.

    L’UE fonctionne sur un « modèle » qu’on appelle « la gouvernance » et qui s’oppose à ce que dans les États on peut appeler « le gouvernement ».

    Celui qui fait de la « gouvernance » est chargé, au nom d’un petit groupe d’individus, (par ex un Conseil d’administration) de faire fonctionner un organisme (par ex une entreprise), et pour cela de mettre en œuvre des politiques visant à favoriser ce petit groupe d’individus. (Et il bénéficie lui même de ces politiques : par ex via les stocks options) Pour ce faire, le responsable de la mise en œuvre de ces politiques, peut s’appuyer sur une équipe (par ex des cadres) qui doivent faire passer ces décisions auprès de la base (par ex des salariés), y compris si cela signifie un passage en force.

    Celui qui « gouverne », dans un régime démocratique, est chargé, lui, de mettre en œuvre une politique, décidée par le plus grand nombre. Pour ce faire, il peut compter sur une équipe, qui est responsable devant une Assemblée élue (au moins) et devant le chef de l’exécutif, lui même responsable devant le Souverain du pays. (Via les élections)

    Ce système de gouvernance, calqué sur le « modèle de gouvernance» d’une (grande) entreprise, fait l’unanimité auprès de nos élus, Ministres, Présidents, Premiers Ministres. Pour une raison très simple : l’absence d’une règle claire de séparation des pouvoirs, et de contrôles démocratiques, brouille la perception des citoyens, à qui on envoie un leurre – la Commission – pour mieux leur cacher qui tire véritablement les ficelles, dans l’organisation. De la même manière qu’on place les cadres en fusibles, face à la colère des salariés, pour mieux taire le rôle des Conseils d’administration.

    Dès lors, il est très facile de se défausser. De pratiquer la « stratégie de l’évitement » qu’on pourrait aussi appeler de « la non annonce ». En quoi consiste t elle ? A faire accroître aux citoyens qu’ils vivent dans une bulle, puis soudain à lever le voile, tout en justifiant des politiques qui nous sont « imposées » par « Bruxelles » en arguant de « l’impuissance » de « l’État » à s’y opposer, ce qui démobiliserait ainsi toute tentative de rébellion, voire même de débat.

    Avancer masqués, attendre le moment où les contraintes extérieures ne laisseront plus le choix de changer, et s’abriter derrière l’Europe : tel est bien le credo de nos Ministres, qui ont fait leur la remarque de M. De VILLEPIN selon qui : « la France ne peut être que « réformée que par surprise ». Ou celle de M. MINC pour qui « La France se modernise d’une façon très particulière qui est l’acceptation…D’une contrainte internationale à laquelle la Société n’aura pas d’autre choix que de s’y adapter. »…Un peu comme les salariés d’une entreprise étrangère ou française, dont la direction est lointaine, et qui n’ont dès lors pas d’autres choix que de s’adapter ou de subir les frais d’une rébellion, de toute manière inefficace, car les « dirigeants » politiques n’estiment plus nécessaire d’aider, ou de protéger, tant leur apparaît cruciale, et nécessaire, l’adaptation…Tant qu’elle ne les concerne pas eux mêmes.

    M. Rocard va même encore plus loin : « un débat de Société sur le caractère néfaste des médias sur la politique doit être ouvert ». (sic !) « Trop de transparence conduit à des blocages » (sic!) ce qui « se traduit notamment en France par le fait que depuis vingt cinq ans les majorités sortantes ne sont pas reconduites ». (sic !)

    Qu’il se rassure ! A ce petit jeu, qui se fait à l’encontre des citoyens, qui ne savent dès lors « qui » est responsable, « qui » est à l’initiative de tel projet, et « qui » doit en assumer les conséquences, Conseil Européen, Conseil des Ministres, Commission Européenne, et même Parlement Européen, se prêtent la main. Et ils sont aidés en cela par les médias français, détenus majoritairement par des groupes industriels, qui bien évidemment n’ont pas l’intention d’alerter les Français sur ces petites cachotteries bruxelloises.

    La raison est bien simple : plus nombreux sont ceux qui participent aux débats, plus la responsabilité paraît diluée. Cela arrange nos Ministres qui peuvent ainsi se retourner contre « Bruxelles », mais aussi nos parlementaires nationaux, qui se dédouanent ainsi de « réformes » impopulaires…Et ce double jeu est d’autant plus confortable que la Commission Européenne, qui n’est pas élue, n’a que faire de l’avis des citoyens, et le PE peut toujours se décharger sur la faiblesse de son pouvoir, au profit de ladite Commission.

    La longue procédure dite de co-décision entre le Conseil des Ministres et le Parlement Européen est certes un progrès démocratique, mais d’une extraordinaire complexité. Elle implique une série d’allers retours entre la Commission, le PE, et le Conseil des Ministres, qui s’étale sur plusieurs années, et où l’on n’a jamais tout a fait la certitude d’avoir trouvé le point décisif dans l’une ou l’autre de ces Institutions.

    Si la Commission détient un rôle moteur, au sens où elle a le monopole des « lois » encore faut il qu’elle arrive à persuader le PE et le Conseil des Ministres de la suivre, ce qui là encore peut demander des années. Or entre la proposition de la Commission Européenne, et l’adoption d’un texte, les choses ne restent pas figées. Si les membres de la Commission restent « stables », les majorités gouvernementales peuvent évoluer soit en raison d’élections, soit parce qu’un remaniement est programmé, et cela est possible dans 27 pays. Au final, comment savoir qui a donné son accord et à quel moment pendant toutes ces années ?

    Prendre des engagements, dont les effets concrets ne tomberont que dans un, deux, trois, quatre, sinon dix ans, entre temps faire comme si on ne les avait pas pris, ou comme si rien n’était fixé, ne rien dire des conséquences (positives au moins) de l’accord laborieux obtenu…Voilà une stratégie bien rodée par nos Ministres, Premiers Ministres, et Présidents.

    Il est regrettable que les parlementaires – qui sont aussi à 85% des élus locaux – participent à ce détestable double jeu, contre les citoyens. Et notamment contre les citoyens Français.

    Car la “modernisation” (non nécessaire, mais approuvé par un petit nombre) de nos “services publics” (où rodent, comme chacun sait, des fainéants…Alors que bien sur dans le privé tout est formidable !) c’est souvent çà : désastre sociétal et double jeu étatique.

    -Telle ligne de train, telle maison de la Poste, est en sursis…Et voici que les élus locaux protestent très légitimement.
    -S’ils font preuve de ténacité, le Ministre aux Transports, voire le Premier Ministre lui-même, sinon le Président…Leur font écho, via de belles (et creuses) déclarations sur l’importance du service public, et la nécessité de la solidarité nationale. Si nécessaire, on va jusqu’à rappeler combien l’on débourse pour subventionner telle ou telle entreprise publique.
    -L’entreprise publique concernée est alors invitée à faire preuve de modération, et finalement va retarder l’échéance des suppressions de lignes ou de bureau de Poste.
    -Eventuellement, les élus locaux peuvent se tourner vers un juge, mais cette action n’est, en vérité, que très symbolique.
    -Et au final, ce sont les citoyens qui trinquent. Et tout le monde constate, impuissant, que nos services publics se flétrissent jour après jour. Pendant ce temps là, nos Ministres signent des traités qui tapent encore plus durement sur nos services publics, et le Parlement les approuvent les yeux fermés…Avant que ses membres retournent dans leurs “circonscriptions” où avec les citoyens ils pourront pleurer sur la fin des services publics nationaux, tels qu’ils sont définis en France. Puis rebelote.

    Bref…La privatisation de la Poste nous guette, mais le premier pas a été franchi avec l’approbation du PS – via M. Jospin qui a donné un “oui franc et massif” à la directive européenne ouvrant le “marché” postal…Et si dans l’idée dudit Jospin cette ouverture ne devait pas entraîner la privatisation de la Poste, on peut s’étonner que presque dix ans plus tard, le PS n’ait pas clairement affiché que la décision est purement nationale, et non européenne, en ce qui concerne la privatisation d’un de nos joyau national.

    La privatisation n’a aucune légitimité, ni attrait pour la Société. Bien au contraire.

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  3. Xavier Collet - 7 octobre 2009 17 h 10 min

    Plutôt que de faire de longs commentaires qui ne seront pas lu, disons que la manip coco de la votation est bien dans leurs manières.
    Effectivement dans l’état où se trouve la Poste qui voudrait l’acheter ? A moins qu’à l’exemple des privatisations polonaises on ne rende chaque Français propriétaire de ce qui leur appartient par un système de voucher.

    Une autre question est de savoir si des moyens publics ont été donnés pour cette mascarade, si tel est le cas il ne serait pas inutile de porter l’affaire devant les tribunaux administratifs en particulier quand des maires y ont participé avec les moyens de la commune.

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  4. P. L. - 19 octobre 2009 12 h 31 min

    Petit commentaire destiné à Xavier Collet : est-ce justement parce que le commentaire est long que vous ne souhaitez pas le lire ? J’apprécie ce genre de paresse intellectuelle qui vous ramène à utiliser des expressions « la manip coco » toutes aussi réductrices que démagogiques…

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