De Fofana à Orelsan, l’ignoble ou les infortunes de la République

Le fonctionnement de la Justice dans notre pays offre un bien triste spectacle. Il n’y a plus guère de procès qui n’en révèle les faiblesses. Depuis « Outreau » jusqu’au « Gang des barbares », en passant par « Colonna », les décisions de justice sont critiquées soit en raison des défaillances des magistrats, soit parce que la réponse judiciaire ne répond pas à l’attente des uns ou des autres.

C’est à cette seconde catégorie qu’appartient la polémique qui a suivi le procès des assassins d’Ilan Halimi. J’aurais souhaité, moi aussi, des peines plus sévères pour des actes ignobles qui suscitent la honte pour leur barbarie comme pour leur veulerie. Comme il l’avait déjà fait à propos de Mathurin, Philippe BILGER a demandé avec son talent coutumier l’application de la Loi et s’est félicité de l’équité avec laquelle le jury avait répondu à ses réquisitions.

C’est donc le système et sa double carence qui doivent être fustigés, avec des peines incompressibles insuffisantes, et qui deviennent des plafonds alors qu’elles devraient êtres des planchers. On a trop écrasé la hiérarchie des peines depuis l’abolition de la peine capitale. On a trop transformé les libérations possibles en libérations nécessaires.

Mais, comment ne pas être troublé par l’origine politique de l’appel de ce jugement ? J’y vois une double remise en cause des fondements de notre démocratie : que reste-t-il de la séparation du pouvoir politique d’avec l’autorité judiciaire ? L’appartenance communautaire de la victime ne devrait ni augmenter une horreur qui paraît déjà absolue, ni laisser penser que des revendications d’un groupe et les intérêts politiques qu’il représente puissent jouer un rôle déterminant dans une décision de Justice. Il y aurait donc des français plus égaux que les autres ? Remise en cause de la séparation des Pouvoirs et du principe de l’égalité des Citoyens : deux entorses aux principes de la République qui trahissent le trouble et l’incertitude qui habitent notre société.

Le lamentable débat sur l’éviction d’un rappeur de la programmation du Festival de la Rochelle, les Francofolies révèle un autre symptôme. Pour ma part, je défends la liberté d’expression. Mais le malaise n’est pas illusoire. La loi a multiplié les « catégories sociales » (comme dit curieusement DARCOS à propos des femmes) qu’il faut protéger particulièrement non seulement des agressions physiques, mais aussi des atteintes verbales, en restreignant du même coup la liberté de penser. Bizarrement, ce sont souvent les mêmes qui se portent au secours du rappeur outrancier et dénoncent sexisme, racisme ou homophobie à la première infraction au politiquement correct. Comment font-ils pour résoudre ce paradoxe ? C’est simple : ils le dissolvent dans l’air du temps, saturé par le brouillard du microcosme médiatico-mondain. Pour ces beaux esprits, l’homme politique ne doit à l’évidence qu’user avec modération de la parole qu’il détient en toute légitimité de ses électeurs. Le rappeur, lui, a tous les droits, et d’autant plus que le premier ne fait que participer aux débats d’idées, si accessoires en démocratie, tandis que le second s’appuie sur l’immunité croissante des sentiments égotiques, si possible éphémères et malsains. C’est ce que nous apprend l’ineffable et nouveau Ministre de la Culture : Frédéric MITTERRAND qui à l’encontre de Valérie LÉTARD qui avait trouvé le texte de « sale pute » ignoble, considère lui, que « c’est l’expression d’un dépit amoureux ». Ce n’est donc pas la liberté d’expression que l’on défend, mais la « catégorie sociale » des rappeurs. Il est vrai que chez les Rois aussi, le bouffon avait seul le droit à la parole libre. S’avisera-t-on que nous sommes en République…?

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10 commentaires

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  2. Barbara - 17 juillet 2009 19 h 58 min

    Personnellement, je trouve ignoble la « chanson » d’Orelsan. Et ce n’est certainement pas l’expression du dépit amoureux. L’amoureux dépité pourrait effectivement traiter l’être aimé de tous les noms, voire même sale pute, cela dépend de son niveau d’éducation. Il peut lui souhaiter de souffrir ce qu’il a souffert lui-même, l’abreuver de malédictions. Mais là, il planifie froidement sa mise à mort, dans un raffinement de barbarie, si l’on peut rapprocher ces deux termes. J’estime que ces développements psychologiques pourraient trouver place dans un roman. On suivrait le personnage sombrant dans la folie homicide suite à sa déception, avec sans doute à la suite le remords, ou la folie complète.
    Mais une chanson ne fonctionne pas ainsi. L’effet de répétition agit comme une publicité ou un slogan. Tout le monde n’y est pas perméable bien sûr. Mais l’idée véhiculée est bien qu’il est normal de torturer une femme qui vous a trahi.

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  3. Tennent's - 17 juillet 2009 21 h 56 min

    A propos d’Orelsan: je rejoins votre comparaison du bouffon. Oui, c’est un bouffon. Je l’ai vu en festival, il ne fait pas vraiment parti de ces rappeurs engagés. Mais là n’est pas le problème, ses textes ne sont pas politiques, c’est des textes d’artistes, ou de bouffon, question de point de vue. Là réside la liberté d’expression que vous avez raison de défendre, et Frédéric Mitterrand aussi. Ce n’est pas la catégorie sociale que l’on défend, cet argument est une extrapolation abusive qui vise à soutenir une thèse vaseuse sur la toute puissance du « médiatico-mondain ». Non, si l’on défend le rap, c’est que c’est un art, un moyen d’expression. L’homme politique a quant à lui des responsabilités, ce qui donne à ses mots un pouvoir de réalisation que n’a pas l’artiste. L’artiste propose une vision du monde, le politique applique sa vision du monde. Voilà la différence. Voilà pourquoi on condamne le politique qui critique l’homosexualité et qu’on ne se soucie pas du rappeur qui chante « sale tarlouze ». On reste en république tant que seul le bouffon a la parole libre. Si les rois s’y mettent (que de merveilleux exemples avec Sarkozy et son franc-parler), la parole atteint un niveau différent, de la sphère individuelle (« sale pute » se refère à une experience personnelle) à la sphère collective (« sale pute » n’est alors plus l’expression d’un sentiment, mais une idée politique). La parole devient effective, et donc violente.

    Ceci dit, je soutiens la liberté d’expression chez les politiques également, mais qu’ils comprennent « qu’un grand pouvoir implique de grandes responsabilités » (citation tirée de Spiderman et j’assume difficilement).

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  4. L WORD - 20 juillet 2009 20 h 59 min

    J’ai honte du ministre de la culture, lui une minorité (homosexuel), devrait défendre bec et ongles la dignité des femmes, traitées en vile minorité! j’ai honte des artistes qui défendent une liberté d’expression partiale!

    La liberté d’expression totale n’est possible qu’aux USA, pas en France! donc, les pleutres ou pire les porcs consentants, n’ont pas à pleurer sur une liberté d’expression censurée concernant ce triste sire d’Orelsan.
    En effet, s’ils défendent la liberté d’expression, alors qu’ils défendent les « pauvres nazillons » baillonnés? les fascislamistes ne pouvant prêcher les « vertus » de la lapidation? ETC….

    Remplaçez « pute » (toujours au féminin alors que « putassier » existe aussi dans notre langue) par « juif », « arabe », « noir », « blanc », « musulman », « chrétien », « homosexuel » etc…et vous verrez le tollé PARTIAL de ces mêmes pleutres défendant l’indéfendable Orelsan. Je signale qu’il s’est aussi bassement illustré dans un autre clip sur la Saint-Valentin encore très rabaissant pour la dignité féminine. Quand je vois ce genre d’être humain (?), je pense à la zoophilie 🙁

    La femme est un être humain, faut-il le rappeler? « libres et égaux en droits et en dignité », ce PREMIER de tous les commandements laïcs, s’applique à toute l’Humanité, femmes et hommes, même si en pratique, la femme est TROP SOUVENT traîtée soit en esclave sexuelle (pornographie moralement sadique à son exclusive encontre) dans nos pays occidentaux, soit en esclave domestique et sexuelle dans les sociétés patriarcales exacerbées (avec obligation de « pondre » inlassablement), quelles que soient leurs cultures religieuses ou non-religieuses.

    Alors ceux qui proclament que d’autres avant Orelsan ont bafoué les femmes (Brel, Brassens), il y a un abîme entre « vache » et criminel! que fait la famille de Marie Trintignant?
    Se faire « marie-trintigner », pour les esprits très faibles, les primates qui raffolent de parole sexistes, c’est pris littéralement!
    Pensez aux trop nombreux jeunes et moins jeunes (adultes immatures), qu’ils soient issus de sous-culture salafiste hyper sexiste ou du lumpenprolétariat type « famille Groseille », la femme reste un vil objet sexuel doublée d’une esclave domestique 🙁

    Encourager la liberté d’expression PARTIALE non!!!! soit elle est totale comme aux USA (avec parti nazi autorisé par ex, parmi les nombreux immondices), soit elle condamne toute incitation à la haine non seulement raciste mais aussi sexiste et homophobe mais surtout pas minimiser une discrimination/abjection au profit d’une autre! en l’occurrence, le racisme ne doit pas occulté le sexisme!
    Que ce genre de propos orduriers et surtout incitateurs à la haine et pire à l’agression physique et sexuel d’un genre humain, en l’occurrence la femme, deviennent une fois pour toutes illégaux comme le sont légitimement les propos orduriers et incitateurs de haine raciste et aussi homophobe!
    Pas de différence de traitement surtout entre racisme, sexisme et homophobie!
    Je sais bien qu’on ne change pas les gens malgré eux mais il faut qu’ils soient muselés : ils pensent ce qu’ils veulent mais qu’ils ne l’expriment pas de façon publique! même les nazillons rétrécis du bulbe ont compris qu’ils ne pouvaient clamer leur « amour » d’Adolf et ses putrides théories en place publique. Idem pour les vils salafistes prônant lapidation et autres supplices indignes, il faut aussi que les propos de machistes violents le soit désormais (comment laissez-dire « marie-trintigner »????).

    Merci M. Vanneste de faire remonter cela à un gouvernement de droite, parce qu’à gauche j’ai déjà constaté que ceux qui pleurent sur le sort des « pauvres gosses de banlieues » oublient trop souvent le comportement barbare des mêmes victimisés-crapules envers la gent féminine (voir comment a été traité le juste film avec Adjani, « la jupe »).

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  5. A-T - 21 juillet 2009 10 h 33 min

    @ Barbara :
    Vous savez quand l’homme est en colère il peut prononcer ce genre de mots à l’encontre d’un homme, pourquoi pas contre une femme? Les filles aussi disent ces grossièretés. Barbara vous entretenez une illusion, une chanson comme n’importe quel média ne porte pas atteinte à la liberté d’expression tant qu’il y a a pas d’encouragement à des infractions comme dans le Hellfest. Pour Oreslan même si c’est quelque fois vulgaire, il n’y a que l’expression d’une déception amoureuse et pas une légitimité de la violence qui revient en boucle comme vous dites, c’est pour exprimer sa perdition, c’est une situation normale. La loi française à raison sur ce point. Qu’elle hypocrisie!

    @ L WORD :
    A voilà le retour de l’homosexuelle croyante défendeuse des minorités. Mais sans compétence c’est difficile. La femme n’est pas une minorité que je sache, elle est au moins à part égale avec l’homme dans le monde et puis les abus contre les femmes commis à travers le monde n’ont rien à voir avec les chansons d’Oreslan. Le problème avec la France c’est qu’elle est partiale dans sa défense de la liberté d’expression, laissons les artistes ce sont les politiques qui posent le plus gros problème et la justice aussi. Effectivement comme vous dites maladroitement si ces mots auraient touchés d’autres gens comme les Juifs, Arabes, homosexuels… Cela aurait sans doute créé plus de problème parce que là la société ne comprends pas que ce n’est qu’une histoire ici. Vous avez remarquez qu’on a fait des progrès avec les homos. Oreslan s’exprime mais n’encourage pas à tabasser la femme, bien qu’il soit choquant des fois. Ce n’est pas la dignité des femmes qui est en cause va dans ses clips, mais on parle que des envies. Des hommes aussi connaissent un vil sort mais là on dit rien! Quand il s’agit des femmes ou des homos vous êtes tout d’un coup bien partiale L WORD et vous êtes pas la seule je vous rassure. Mais vous parlez beaucoup des homos vous hein, dès qu’il y a une occasion. Il faut dire que la société française qu’il s’agisse des femmes ou autres problèmes à d’énormes progrès à faire oui ça c’est sûr…

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  6. L WORD - 23 juillet 2009 18 h 04 min

    C’est vous qui vous montrez partial avec vos préjugés à mon encontre…je suis féministe qui pour moi est simplement synonyme d’abolitionniste car, désolée, le sexisme et sa violence physique comme verbale, se décline envers les femmes à 95% au moins! mais j’ai connu aussi au sein de ma famille un homme battu par une femme porté sur l’alcool et lorsque l’on prenait légitimement sa défense (car la violence est inacceptable et je suis égalitariste, ne souhaitant surtout pas un renversement des rôles en termes d’involution dominatrice), il avait les mêmes « réflexes » que nombre de femmes battues : il prenait sa défense en pleurant 🙁

    Non la femme n’est pas une minorité numérique MAIS elle est traité en minorité discriminée, elle est « mineure à vie » dans la majeure partie des pays du globe et chez nous ce satané code sexiste Napoléonien n’a pas été corrigé depuis longtemps!
    Pensez à Olympe de Gouges qui disait à la Révolution, revendiquant la liberté pour les citoyennes : une femme est mineure à vie sauf pour monter à l’échaffaud 🙁

    Oui la liberté d’expression est partiale en France et c’est bien ce que je dénonce! il y a eu des progrès pour les homos mais je ne veux pas être communautariste même si l’homophobie fort persistante y oblige souvent, je dit que le sexisme est le dernier des immondes défouloirs à INTERDIRE ! puisque les propos racistes sont condamnés, un peu moins les propos homophobes selon l’endroit public ou privé où l’on se trouve, j’affirme que certains se croient autorisés (puisque le sexisme n’est pas condamné) à déverser leurs frustrations sur les femmes…cela les conforte et ils en rajoutent toujours plus!

    C’est cela qui est inacceptable quand un genre humain sert de « punching-ball » au sens figuré (comme au sens propre… »marie trintigner ») aux frustrés/looser/déchets de la société et qu’aucune loi ne vienne sanctionner cette indignité : qui ne dit mot consent.
    Cela entérine dans les esprits faibles l’idée que certains genres humains sont vils (homos par ex) ou inférieurs (femmes essentiellement, homos ensuite, handicapés parfois, etc).

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  7. A-T - 23 juillet 2009 22 h 30 min

    @ L WORD :
    Je lis votre texte plein de confusion, moi la partialité j’aime pas. Derrière ces 95%, il y a des choses qui se passent aussi contre l’homme ou l’enfant à cause des femmes. Mais on en parle beaucoup moins c’est ce que je veux dire donc ce pourcentage n’est pas bon. J’espère néanmoins que la situation de la femme dans le monde s’améliora, cela dit Oreslan lui est bien loin de se préoccuper de ce genre de problème dans ses chansons, il y a que le sexe qui l’intéresse, c’est différent du sexisme ça. Quand je dis progrès en ce qui concerne l’homosexualité, je veux dire qu’on a redonné notre liberté d’expression pour qualifier ce comportement, seulement. Rassurez-vous il n’y a que les imbéciles qui profitent des différences pour foutre le bordel, la loi elle…

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  8. L WORD - 26 juillet 2009 21 h 00 min

    A-T, moi confuse? où?
    Vous êtes pas mal non plus!
    Je ne dit pas que les hommes ne souffrent pas de certaines dragonnes/matrones ou pire de profiteuses du féminisme quand ça les arrange. Ex : exiger cette condescendance nommée galanterie et exiger l’égalité pour le reste!
    Mais dans les faits ce sont quand même plusieurs millions de femmes qui sont battues dans les ménages, sans compter toutes celles qui meurt quotidiennement sous les coups d’un homme faible qui ne peut être qu’immature?

    Orelsan « aime » le sexe mais fait l’apologie du porno et même du « gonzo » (violence physique en prime) et cette forme de « zoologie humaine » comme je la nomme est TOUJOURS sadique envers l’image de la femme, constamment dégradée! donc, oui c’est bien du sexisme de faire la promotion d’une attitude aussi discriminatoire, répugnante et involuante!

    Quant à l’homosexualité, veuillez précisez car les lois sont faites pour évoluer et notre patrie « DDH » a bien du retard, donc je ne m’inquiète pas et je ne pense pas devoir m’exiler provisoirement dans un état US pour y bénéficier d’un droit fondamental, celui de marier avec la femme que j’aime.

    Et nous ne sommes pas une poignée d’imbéciles (très charitable), nous nous battons pour nos droits civiques : mêmes devoirs? alors mêmes droits, aussi simple que ça.

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  9. A-T - 27 juillet 2009 10 h 09 min

    LWORD, confusions sur confusions… J’ai seulement dis n’oublions pas les hommes qui connaissent eux aussi toute sorte de sort vil, relisez plus haut, c’est tout je sais bien que la femme subie plus les violences. Ensuite cest ça Oreslan n’est pas un tendre mais, cette vie cette violence sous toute les formes apparaissant dans ses clips, encore une fois ne sont que fictifs et c’est le reflet d’une réalité, il n’y a pas d’apologie. Cependant il y a des détails choquants c’est vrai, mais à parler de « zoophilie humaine », vous êtes un peu perturbé je pense et en plus ça n’existe pas. Et quelle partialité! Même dans ses clips les plus vulgaires, les hommes sont pas mieux représentés alors cessez de voir du sexisme partout, c’est du cul c’est tout! Pour ce qui est de l’homosexualité, relisez à force de lecture on fini par comprendre. Et puis les imbéciles c’est clair, je visais les fauteurs ceux qui à cause des différences font des méfaits (1 ex: ceux qui frappent une personne parce qu’il est juif)… Mais vous êtes dans un état comme disais Nietzsche ici dans l’un de ses post, vous êtes dans la confusion mais avec un peu de travail vous pouvez vous en sortir…

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  10. L WORD - 27 juillet 2009 19 h 10 min

    J’aimerais bien répondre à A-T sans être censurée! deuxième fois en 1 mois que je ne peux lui répondre : je n’ai pas été incorrecte il me semble. Laissez moi lui répondre et concluez/fermez notre discussion en le signalant textuellement.
    Merci.

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