Au sujet du voile islamique…

En 2004, était votée la loi encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics.

25127_356502159067_429843_aA l’époque, je n’avais pas voté cette loi car celle-ci m’apparaissait comme un aveu de faiblesse de l’État-nation qui n’avait pas réussi à intégrer des citoyens pratiquant des religions non traditionnelles en France. Si le signe d’appartenance subi est dérangeant, le choix pour une jeune femme de revêtir un vêtement pudique ne peut-être interdit dès lors que l’on tolère des tenues peu décentes. Cette interdiction et cette permission deviennent des discriminations à l’encontre d’une religion. C’est pourquoi j’avais préconisé le port de l’uniforme dans toutes les écoles, afin de résoudre de multiples problèmes, bien au-delà des signes religieux, comme par exemple l’attachement à certaines marques de vêtements ou le port de certaines tenues vestimentaires excentriques. Je trouvais regrettable que le texte exprime une conception agressive de la laïcité, plutôt qu’une conception moderne qui permettrait d’organiser une véritable neutralité respectueuse de toutes les religions.

En revanche, le voile total (niqab, burqa…), qui n’est absolument pas une obligation religieuse contrairement à l’habillement pudique, est, qu’il soit ou non volontaire, une provocation évidente au pays d’accueil. Heureusement, il est loin d’être cas général et ne doit donc être traité qu’avec indifférence sur le plan religieux.

Le véritable problème réside dans la sécurité notamment en raison de l’importance de la vidéosurveillance. De même que l’on ne peut accepter lors de manifestation, la présence de personnes cagoulées -et cela François Fillon l’a déjà entériné par un décret pris la semaine dernière- on ne peut, dans notre société actuelle marquée par le terrorisme et les tensions, accepter la présence de personnes voilées entièrement. Un citoyen doit, dans une démocratie, circuler à visage découvert. C’est l’expression d’une liberté qui n’a pas à se cacher mais qui doit être protégée.

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6 commentaires

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  2. Barbara - 26 juin 2009 5 h 56 min

    Vous avez parfaitement raison. Si on laisse faire, il n’y aura plus de contrôle d’identité possible puisque les femmes sous ce voile refuseront de s’en défaire, que ce soit pour une photo d’identité destinée à une carte d’identité ou un passeport, ou pour un contrôle d’identité.
    Profitant de cette licence, les délinquants ou criminels de tous acabits en profiteront, ayant vite intégré l’équation : burka équivaut à immunité absolue. Nous trouverons sous les burkas, ou plutôt il nous sera interdit de les trouver, des dealers de toutes races, sexes et religions, pour ne parler que du problème de la drogue.
    Sinon, un uniforme dans les écoles me conviendrait, car obligeant à une certaine décence et contenant la tyrannie des marques. Là aussi vouss avez raison. Mais je crois que l’opinion publique est réfractaire.

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  3. seb - 29 juin 2009 11 h 27 min

     » A l’époque, je n’avais pas voté cette loi car celle-ci m’apparaissait comme un aveu de faiblesse de l’État-nation qui n’avait pas réussi à intégrer des citoyens pratiquant des religions non traditionnelles en France. »

    Nuance. Les citoyens en question s’étaient très bien intégrés, puisqu’ils ne faisaient que respecter le fameux « droit à la différence » défendue avec passion par l’UMP !!!! (Alors que par deux fois – 2002 et 2005 – les Français avaient eux exiger le « droit à l’indifférence »…Chose que demanderont les Français en 2006 (émeutes) et en 2007 (élection présidentielle))

    Prenant acte que l’Etat estimait que la France était coupable de tous les crimes de la terre, qu’elle ne méritait pas d’être aimée, et qu’au contraire il convenait de mettre en valeur ses particularismes…On peut difficilement reprocher aux citoyens Français de religions « traditionnelles » ou non, de ne pas préférer l’assimilation (méthode qui a très bien fonctionnée pendant des siècles) à « l’intégration ».

    Rajoutons à cela que les élus locaux (85% des élus au Parlement) faisaient également tout pour discréditer la laicité !!! Ainsi, combien de maires, présidents de régions ou départements, Ministres-maires, ont par clientélisme facile, promu la construction de mosquées avec des fonds publics, au mépris de la loi de 1905 ? Combien sont également allés défiler pour s’insurger contre les violences faites aux mosquées et aux synagogues, oubliant dans le même temps les églises pourtant plus concernées par ces méfaits ? Sans parler des écoles (laiques) ? Des préfectures (laiques) ? Quand on communautarise la Nation, il ne faut pas s’étonner que la concurrence victimaire gagne du terrain ! En traitant différemment les citoyens, selon leur (non) religion, l’Etat a lui même été à la base du délitement de la communauté nationale. Mieux vaut être musulman, juif, que Français…Alors pourquoi ne pas faire primer la religion sur la nationalité, n’est ce pas ?

    « j’avais préconisé le port de l’uniforme dans toutes les écoles, afin de résoudre de multiples problèmes, bien au-delà des signes religieux, comme par exemple l’attachement à certaines marques de vêtements ou le port de certaines tenues vestimentaires excentriques. »

    Excellente proposition. Car il est loisible de discriminer l’étranger dont la pratique religieuse contredit les valeurs essentielles de la communauté française ; du moins, au regard de l’acquisition de la nationalité ou du respect d’un principe inhérent à l’identité constitutionnelle de la France (républicaine), à savoir, en l’occurence, la Laicité.

    Le port de l’uniforme (ou de la blouse) aurait l’énorme avantage de rétablir le tryptique républicain, et de ne pas se faire taxer « d’arrogant occidental » ce qui se passera, si le Parlement ne trouve rien de mieux à faire que de voter des lois en contradiction avec la liberté d’expression ! Principe protégé, comme chacun sait par la Déclaration de 1789.

    « Le voile total (niqab, burqa…), qui n’est absolument pas une obligation religieuse contrairement à l’habillement pudique »

    Le Coran n’oblige en rien. Il s’agit d’une doctrine religieuse. Rien de plus. C’est sous pression de leur entourage, mais en toute liberté, que certaines femmes revêtent des habits qui peuvent choquer une partie de la Société française. Mais en l’occurence, la pression exercée sur une femme musulmane (par sa famille, son entourage, ses amis) n’est pas plus forte que celle qui pèse sur des jeunes filles, qui vêtues trop « sobrement » sont mal considérés par leur entourage, famille, et amis. Idem pour certains actes. Hier, les jeunes garçons Français attendaient le mariage pour « consommer » . Aujourd’hui, si au bout de six mois de fréquentation la fille n’a pas cédée, le garçon la quitte ! La pression est donc tout aussi énorme sur une jeune Française, condamnée à faire un choix difficile, entre préserver sa virginité et consentir (souvent de mauvaise grâce) aux désirs affirmés de son compagnon (sous peine d’être jetée comme une vieille chaussette)…Que sur une jeune fille musulmane, libre de porter une burqa, mais qui si elle ne la porte pas recevra l’opprobe de sa famille, ses amis, ou son entourage, sinon les trois.

    « Le véritable problème réside dans la sécurité notamment en raison de l’importance de la vidéosurveillance. »

    Voilà. L’Exécutif et l’UMP font connaitre leur vraie motivation : l’insécurité. Adieu défense de la laicité !

    Que ne fait on respecter…La loi existante ? A savoir : en dehors des carnavals, pas de possibilité de se cacher le visage ?

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  4. François Miclo - 30 juin 2009 5 h 20 min

    Monsieur le Député,
    vous fondez votre argumentation sur un précepte pastoral paulinien : « Sois grec chez les Grecs, païen parmi les païens… » Et c’est vrai que l’abandon de la politique d’assimilation des populations exogènes nous conduit à la situation que nous vivons, une situation aggravée par cette forme très occidentale de mépris que nous cultivons automatiquement pour nous-mêmes.

    Cela étant, je vois une différence fondamentale entre le hijab et le niqab : la dissimulation intégrale du visage. C’est une question de bonne police, et par conséquent d’ordre public. Mais c’est, surtout, à mon sens, une « attaque anthropologique » (vous me pardonnerez l’expression) : si Levinas a raison et que le visage n’est pas une simple phénoménologie de l’altérité, mais aussi une épiphanie de la subjectivité, alors notre civilisation prend de grandes baffes en travers de la figure… La fille qui porte la burqa ne fait pas que se protéger : elle nie mon existence et mon appartenance à une commune humanité…
    Comment dès lors réagir ? Philippe Muray nous a appris à nous méfier du « désir du pénal », mais quand même… Face aux baffes que prend notre civilisation, nous pourrions dispenser quelques caresses bien républicaines…

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  5. A-T - 21 juillet 2009 11 h 46 min

    Vous imaginez beaucoup de chose sur la motivation du port du voile. Que ce soit le voile classique ou intégral, ce n’est qu’une protection contre l’indécence, il y a pas de volonté contre la femme ou l’humanité, c’est stupide, de la pure invention sauf quand on oblige dans ce cas il y a d’autres problèmes… Maintenant la loi française est différente.

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  6. A-T - 21 juillet 2009 11 h 55 min

    Mais maintenant il est évident que le voile intégral est excessif, mais sachons respecter tout le monde…

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