Des parlementaires, trois jours, à Rome

Monseigneur Rey, évêque de Fréjus-Toulon, a eu l’excellente idée de m’inviter à Rome afin de rencontrer des responsables de l’Église catholique en prévision des débats de l’Assemblée (états généraux de la bioéthique) qui toucheront des thèmes sur lesquels elle a beaucoup à dire.

Comme le disait Nicolas Sarkozy, dans un texte adressé au mois de novembre 2007 aux orthodoxes de France : « la vie ne se résume pas à la recherche du gain, du pouvoir, et de la réussite ». C’est persuadé plus que jamais de cette conviction éthique qui conduit les hommes politiques à placer la recherche du Bien commun au-dessus des intérêts particuliers des individus et des groupes que j’ai rencontré avec quelques collègues, un certain nombre de prélats membres de la Curie romaine. Parmi eux, Mgr Mamberti, Secrétaire aux Relations avec les États, Mgr Fisichella et Mgr Jean Laffitte, respectivement Président et Vice-Président de l’Académie pontificale pour la Vie, Mgr Crepaldi, Secrétaire du Conseil pontifical Justice et Paix, et Mgr Tighe, Secrétaire du Conseil pontifical aux Communications sociales.

Ces rencontres nous ont permis de prendre conscience de l’ouverture de l’Église sur le monde et de l’attention particulière qu’elle porte à notre pays et à son devenir. Nous avons également pu mesurer la qualité de la réflexion morale et de l’information scientifique que déploie le Saint-Siège sur les questions touchant à la bioéthique. Nous avons pu constater que sa volonté de maintenir l’essentiel allait de pair avec un souci fervent de développer les moyens de communication les plus modernes notamment en direction des jeunes (site internet du Vatican pour les jeunes). Au cours de ces entretiens, nous avons dialogué avec une organisation certes considérable, puisqu’elle est tournée vers le monde entier, mais dont les acteurs sont d’une grande simplicité et surtout témoignent de l’âme qui inspire son action.

En somme, au travers de l’action de l’Église pour la paix ou pour réaliser sa Doctrine sociale, ou encore en vue de préserver la dignité humaine comme exigence absolue, nous avons vu se dessiner les contours de ce message si important, et si universel aujourd’hui, des papes Jean-Paul II et Benoit XVI, celui du devoir de « l’écologie humaine », car le respect de la nature doit avant tout comprendre celui de la nature de l’Homme.

Nous avons également rendu visite à l’une des églises qui témoignent de la présence constante de la France à Rome, Saint-Louis des Français, dans laquelle nous nous sommes rappelés que l’Église catholique a toujours entendu marier la Foi, la morale et la beauté, réunies une fois encore au cours de l’audience générale de Sa Sainteté Benoit XVI.

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4 commentaires

  1. Ildiko Letellier - 9 juin 2009 23 h 14 min

    Serait-il possible de savoir qui étaient les autres députés vous accompagnant ?

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  2. seb - 9 juin 2009 23 h 46 min

    Et là, Monsieur Vanneste, je suis obligée de dire : à quoi bon de tels débats…Alors que la Charte des Droits a été ratifié par le Parlement, qui de toute évidence n’a pas lu les « explications » qui accompagnaient le texte ?

    http://www.dailymotion.com/relevance/search/la+charte+des+droits/video/x76yj6_4-special-crise-internationale-2510_news

    Comment embrouiller les citoyens, et les représentants peu sourcilleux avant de voter ! En voilà la démonstration !

    Résumons : la Charte admet ainsi la licéité du clonage «thérapeutique » et n’exclut « que » les pratiques eugéniques et le clonage reproductif. Alors que, s’agissant du clonage, la différence concerne seulement l’objectif poursuivi, mais non pas l’opération de reproduction elle-même des cellules d’un être humain vivant.

    De même, en ce qui concerne les personnes âgées, elle se refuse à leur conférer un droit à une mort naturelle. L’article II-85 se borne à exposer que « l’Union reconnaît et respecte le droit des personnes âgées à mener une vie digne et indépendante et à participer à la vie sociale et culturelle », ce qui va de soi.

    En revanche, indique Guy Braibant (représentant de la France lors de l’approbation de cette Charte), « si plusieurs personnes ont présenté des amendements tendant à préciser que toute personne a droit à la vie jusqu’à sa mort naturelle, cette formule n’a pas été retenue, car certains Etats, comme les Pays-Bas, s’orientent vers une reconnaissance partielle et progressive du droit à une mort digne . »

    La Charte fait également un grand pas en avant dans le sens de la reconnaissance de « familles homosexuelles ».

    Tout d’abord en dissociant explicitement la notion de mariage de celle de famille (« Le droit de se marier et le droit de fonder une famille sont garantis selon les lois nationales qui en régissent l’exercice » – article II-69). Alors que la déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée en 1948 par l’ONU – mais qui n’a toujours pas été rendue applicable en France ! – définit la famille comme l’union d’un homme et d’une femme, et en fait l’élément naturel et fondamental de la société (article 16 de la déclaration), la Constitution de l’Union européenne promeut un modèle neutre à la fois du mariage et de la famille en ce qui concerne le sexe des « conjoints ».

    La porte est donc largement ouverte à une reconnaissance officielle des mariages ou familles homosexuels. Elle l’est d’autant plus que la Charte comporte plusieurs dispositions interdisant toute discrimination à raison de l’orientation sexuelle (comme on le sait) et encourageant au contraire des discriminations positives (cela, c’est moins connu…).

    On citera tout d’abord l’article II-81 : « Est interdite toute discrimination fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur (…) ou l’orientation sexuelle ». Puis l’article II-112 : «Toute limitation de l’exercice des droits et libertés reconnus par la présente Charte doit être prévue par la loi et respecter le contenu essentiel des dits droits et libertés. Dans le respect du principe de proportionnalité, des limitations ne peuvent être apportées que si elles sont nécessaires et répondent effectivement à des objectifs d’intérêt général reconnus par l’Union ou au besoin de protection des droits et libertés d’autrui ».

    Un retour en arrière en la matière sera donc quasiment impossible : jamais la réservation du mariage et de la fondation d’une famille aux seuls couples hétérosexuels ne sera considérée comme « nécessaire et répondant à des objectifs d’intérêt général reconnus par l’Union », les institutions européennes étant déjà acquises à une large extension au profit de la « communauté homosexuelle ».

    Ce n’est pas tout : car l’article III-124-1, après avoir à nouveau posé le principe de la non discrimination à raison de l’orientation sexuelle, ajoutait dans son § 2 que « la loi ou la loi-cadre européenne peut établir les principes de base des mesures d’encouragement de l’Union et définir de telles mesures pour appuyer les actions des Etats membres entreprises pour contribuer à la réalisation des objectifs visés au § 1, à l’exclusion de toute harmonisation de leurs dispositions législatives et réglementaires » .

    Ce qui signifie nécessairement que des mesures seront prises pour assurer l’égalité des couples homosexuels devant le mariage et la famille, par rapport aux couples hétérosexuels. On ne s’étonnera pas, dans ces conditions, de la campagne active des mouvements homosexuels en faveur du « oui », lors de la campagne du référendum.

    Y compris en collaboration directe avec les grands partis politiques français : à titre d’exemple, dans un communiqué commun du 16 mai, l’UMP et Gay-lib, « mouvement associé à l’UMP chargé d’évoquer les problématiques sociales et politiques liées à l’homosexualité », ont co-signé le texte suivant : « Nous appelons à voter « OUI ». Le texte apporte une garantie précieuse que les Gays attendaient depuis longtemps. Voter « OUI » à la (Charte), c’est nous donner les moyens constitutionnels de renforcer considérablement la lutte contre l’homophobie dans les 25 pays membres. C’est aussi faire de l’Europe un exemple pour le reste du monde en matière de respect des droits des gays et des lesbiennes » .

    Dira-t-on que cet article n’a pas été repris dans le nouveau traité modificatif ? Ce serait ignorer les termes mêmes du mandat confié à la CIG 2007 : ce mandat précise en effet, en son § I-4 : « Pour ce qui est du contenu des modifications apportées aux traités actuels (par le futur traité modificatif) les innovations résultant des travaux de la CIG de 2004 (c’est-à-dire rigoureusement celles incorporées au défunt projet de Constitution de 2005), seront incorporées dans le Traité UE et dans le Traité sur le fonctionnement de l’Union, comme indiqué dans le présent mandat. Les modifications à y apporter, pour donner suite aux consultations tenues avec les Etats-membres ces six derniers mois, sont clairement indiquées ci-dessous ».

    Ce qui signifie clairement que les éléments du projet de Constitution qui ne sont pas proposés à la modification pour le traité modificatif seront repris tels quels, quoique à des emplacements différents. Or, non seulement le mandat CIG 2007 ne remet pas en cause le contenu des titres I et II de la partie III de la Constitution de 2005, où figure l’article III-124 cité à l’instant, mais il affirme au contraire dans sa partie II-11 qu’un nouveau titre sera créé au sein du Traité sur l’Union, et que ce titre « contiendra les dispositions agrées lors de la CIG 2004 sur l’égalité démocratique ». Bien plus, en son annexe 2, il indique expressément que les dispositions à reprendre, s’agissant de la citoyenneté européenne, seront celles qui figuraient au titre II de la partie III du projet de Constitution. C’est donc on ne peut plus clair : toute la logique de discrimination positive prévue en 2004-2005 sera reprise telle quelle dans le nouveau Traité ! Là encore, on peut citer utilement le négociateur français de la Charte : « L’interdiction des discriminations négatives ne s’étend pas aux discriminations positives, c’est-à-dire celles qui ont pour objet de rétablir une égalité rompue de fait. La circonstance que ces dernières ont été expressément prévues à propos de l’égalité entre les sexes à l’article 23 n’empêche pas que le même principe s’applique dans d’autres matières. Il faut noter que, selon le préambule du protocole 12 à la Convention européenne des droits de l’homme, « le principe de non-discrimination n’empêche pas les Etats parties de prendre des mesures afin de promouvoir une égalité pleine et effective, à la condition qu’elles répondent à une situation objective et raisonnable » ».

    Le tour est donc joué ! Une fois proclamée l’égalité absolue entre la relation homosexuelle et la relation hétérosexuelle, y compris sur le plan naturel et social – ce que fait la Charte – le reste suivra : toute discrimination positive destinée à forcer cette égalité de traitement, y compris en ce qui concerne le mariage et l’adoption, sera non seulement bienvenue mais devra être regardée comme la simple mise en œuvre de stipulations en fait obligatoires du droit européen.

    A quoi bon de tels débats « bioéthiques » puisque les jeux sont déjà faits ?

    Ha ! J’allais oublier la tarte à la crème ! La reconnaissance, vous savez, des « églises ». Et voilà comment on ouvre la porte à l’église de scientologie, et autres sectes ! Merci !

    Les députés UMP et les sénateurs UMP ont déjà fait leur choix : tous contre le droit naturel…Et tous favorables à une sexualité débridée (pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Allez, ou autorise l’inceste !), à une UE qui tente de toutes ses forces de casser les principes inscrits dans la Doctrine Sociale de l’Eglise, mais aussi dans la plupart de nos lois nationales.

    Promotion de l’avortement (alors que nombre de couples stériles seraient prêts à acceuillir un nouveau né), du « mariage » contrat (et non plus Institution), de l’eugénisme, du clonage humain, etc.

    Si le PS va mal au niveau stratégie économique, financière, etc. L’UMP ne fait pas mieux en courant derrière les thématiques mai 68 qui ont pourtant reçu un camouflet…Mais bon…

    Si les élus pouvaient lire ce qu’on leur soumet, avant de voter…

    Ex : la directive sur les discriminations. Le Sénat s’est élevé (avant de se coucher bien gentiment) sur le contenu du texte, jugeant que cette directive pourrait entraîner la France vers le chemin du communautarisme, et créer de véritables problèmes dans le pays.

    La directive abolit; en effet, un principe essentiel du droit français :

    « Toute différence de traitement ne constitue pas nécessairement une discrimination et certaines d’entre elles sont légales.»

    Le président de la commission des affaires sociales du Sénat, Nicolas About (Union centriste-UDF, Yvelines), a jugé lui aussi «très regrettable» que les gou­vernements français successifs n’aient pas défendu «la conception républicaine de l’égalité» lors de la négociation des directives.

    Conclusion : voilà des sénateurs qui s’aperçoivent, après coup, qu’ils auraient du y réfléchir avant de voter le Traité de Lisbonne ainsi que les traités antérieurs : les directives de l’UE s’imposent désormais à eux. Ils ne leur reste comme pouvoir que celui des les enregistrer. C’est un peu grossier d’accuser les Gouvernements successifs d’avoir mal négocié…Où était les parlementaires, au moment de la négociation ? Au bar ?

    Pour autant, en dépit des inquiétudes bien réelles, suscitées par cette directive…Les sénateurs continuent à applaudir le traité de Lisbonne ! Et les députés de même !

    Et après chacun pleurera, parce que, après coup, il faudra bien approuver la directive sur la biothétique, contraire à celle que le Parlement adoptera prochainement…Il faut toujours lire un texte en entier, et ne pas se contenter de le lire en diagonales, sinon…Les mauvaises surprises arrivent.

    Les sénateurs n’ont, apparemment, pas retenus la leçon. Les députés, avec l’histoire des OGM, non plus. Je m’attends déjà à un « c’est pas nous, c’est Bruxelles ».

    Mais qui a ratifié les traités européens…Sinon le Parlement ? Quand on est constituant…Il faut assumer. Et non ce dire « la France en a connu d’autres…Qu’est ce qu’on s’en tape au fond de ce qui peut lui arriver !!! »

    Franchement, c’est fort sympathique d’aller discuter biothétique à Rome (et d’en profiter pour faire le parcours « Anges et Démons »?)…Mais pourquoi ne pas l’avoir fait AVANT d’aller ratifier un traité si préjudiciable à la loi naturelle ? A la famille notamment ? Et à la dignité humaine ? Les lois changent…Pas les traités. Les majorités passent…La France subie.

    Et pourtant…Contrairement aux assertions de Mme Morano, lors de l’examen de cette directive anti famille, la CJCE ne donne pas raison à la Commission dans 95% des cas. Et je rappelle que le « chantage » çà peut se faire des deux cotés : la France peut très bien vivre sans l’UE (via des bilatérales, par ex, comme la Suisse, qui n’est pas isolée et se porte plutôt bien) alors que l’UE sans la France…C’est le début de la fin !

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  3. Christian Vanneste - 10 juin 2009 9 h 18 min

    @ M. Letellier : vous comprendrez aisément que si ceux-ci n’ont pas désiré rendre public ce voyage, ce n’est pas à moi de le faire.
    Bien à vous

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  4. beniouioui - 10 juin 2009 10 h 32 min

    Belle initiative de Mgr Rey.
    L’Eglise ne donne pas à Dieu ce qui est à César mais elle offre à César un terreau, un tissu de valeurs fondamentales, une conscience de l’Homme et de la Création, l’espérance d’un but, un amour sans ambition, sur lesquels César pourra enfin construire une politique certes plus pragmatique mais jamais déviante.

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