Blocage des facs, et après ?

Alors que les blocages cessent enfin dans les dernières universités (lire mon article du 19 mai 2009), l’UNI a cosigné une tribune avec les Jeunes Populaires (UMP), les Jeunes Centristes, les Jeunes Radicaux et les Jeunes du FRS (Forum républicain Social).

Il y est notamment souligné la très mauvaise image que les blocages ont donné à nos universités, et la nécessité d’avoir une Université française qui donne sa chance à chacun, qui prépare les jeunes à l’emploi et à la compréhension du monde qui les entoure.

Alors que le mouvement dans les universités s’éteint, quelques faits doivent être rappelés. En l’espace de trois mois ce sont près de quarante universités qui ont été perturbées à des degrés divers, allant de la simple rétention de notes à des saccages inacceptables. Ainsi, pendant plus de 15 semaines, la majorité des étudiants de La Sorbonne, Toulouse-le Mirail, Lyon-II, Lille-III, n’a pas pu suivre le moindre cours à cause de quelques individus d’extrême gauche qui se disent « étudiants ». Cette minorité a impunément paralysé des facs en clamant des slogans insensés : à Rennes-II, on a voté la fin du capitalisme ! A Caen, on a détruit le matériel : 21 personnes arrêtées, dont 14 n’étaient pas étudiants !

C’est en effet cela le plus grave. Les contestataires sont, pour nombre d’entre eux, hors du champ universitaire. Tandis que le NPA, la CGT et le parti de gauche se montrent de plus en plus présents, les syndicats traditionnels de gauche sont totalement dépassés. Inutile dès lors de tenter de négocier avec ces bloqueurs, car la loi LRU et les autres réformes ne sont que des prétextes à leur action violente. Quel message adressent-ils aux 50% d’étudiants qui échouent en L1, aux 54 % de de titulaires d’un M1 qui mettent plus d’un an à trouver un emploi ?

Le mal est fait, reste à constater les dégâts et penser à l’après. L’image de certaines facs a été gravement ternie, elles courent à présent un risque majeur. Celui de voir les lycéens les plus volontaires éviter les universités perpétuellement bloquées. Celui de dissuader les étudiants étrangers de venir se former sur des campus où on ne les laisse pas étudier sereinement. Celui, enfin, de voir les recruteurs déserter les universités les plus « dures » et écarter les CV qui en viennent.

Quant à ces étudiants qui ont perdu la moitié de leur année, comment leur rendre ces mois de formation que quelques militants irresponsables leur ont volés ? Qui ira expliquer aux jeunes des classes moyennes, à ceux qui n’ont pas les moyens de perdre toutes ces semaines, qu’il faudra tout recommencer ? Pas ces bloqueurs jusqu’au-boutistes, qui pourtant en sont parfaitement conscients.

Et ils voudraient à présent que cette année soit automatiquement validée pour tous, portant le coup de grâce à la valeur de nos diplômes et à la crédibilité de nos universités. Voici donc leur vision : « inutile de venir en cours car ils n’auront pas lieu, vos crédits seront de toute façon validés ».

Chacun comprend qu’une telle position est dangereuse. Non seulement pour l’image des facs auprès des entreprises et de l’étranger, mais aussi pour le futur immédiat des étudiants, la rentrée de septembre. Offrir ce semestre à tous, ce serait encourager ceux qui se complaisent dans le chaos des AG anti-démocratiques et des manifestations violentes. Nous ne pouvons accepter que nos universités deviennent des camps d’entraînement pour ces militants qui n’ont que faire du rôle essentiel que jouent nos facs dans la formation et le développement de la pensée de ce pays. Nous voulons une Université qui donne sa chance à chacun, qui prépare les jeunes à l’emploi et à la compréhension du monde qui les entoure.

C’est l’avenir de notre génération, et de bien d’autres ensuite, qui se joue en ce moment. Cette génération, ce sont les étudiants d’aujourd’hui, les actifs de demain, l’avenir de la France et son image dans le monde. Nous refusons de penser que l’avenir des jeunes, leur éducation et leur formation, puissent être compromis par l’égoïsme et l’attentisme d’une minorité.

Eric BUYSSECHAERT, Référent Jeunes Pop 10e Nord (d’après la tribune des jeunes de droite et du centre)

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1 commentaire

  1. seb - 26 mai 2009 18 h 16 min

    Pourquoi dire des semi vérités ou semi mensonges ?

    1. La contestation n’est pas française, mais européenne !

    Les étudiants de divers pays membres de l’UE sont très mécontents d’un texte dont nos médias, ni même les « politiques » ne parlent jamais – pourquoi ? – et qui s’appelle le « processus de BOLOGNE ». Laisser entendre que le mouvement serait franco français, est donc pure invention – et est indigne de vous, car vous êtes un député honnête en principe – puisque le « processus de Bologne » (voté en catimini en 99) est contesté dans de nombreux pays européens !

    http://209.85.229.132/search?q=cache:NmAP-Wdn0OYJ:www.cafebabel.com/fre/article/29987/universites-processus-de-bologne-reformes-greves.html+processus+de+bologne+%C3%A9tudiants+m%C3%A9contents&cd=2&hl=fr&ct=clnk&gl=fr

    Peut être aurait il fallu discuter, débattre, ect. Avec les étudiants, les professeurs, les chefs d’université…Au lieu d’utiliser la méthode du « c’est pas moi, c’est Bruxelles ». Evidemment, quand un projet – élaboré en catimini – arrive sur la place publique, et qu’il s’avère mauvais…QUI sincèrement, resterait les bras croisés ?

    Quelle différence entre la contestation du « processus de Bologne » et par ex la contestation du projet de loi HADOPI, ou encore celui de la plaque d’immatriculation, sans référence à la région, au département, etc ? La méthode ?

    Vous dites que « l’image » des universités françaises auraient été dégradées ? Bien étrange souci…Quand on voit le Parlement français, tous les jours, se complaire dans un abaissement régulier du Parlement, de son « image » et de ce qu’il peut véhiculer ! Qu’est ce qui est le pire ? Des parlementaires jouant avec des notes de frais…Et qui se retrouvent à la une des journaux…Ou bien des étudiants manifestants qui contestent un « processus de Bologne » qu’on souhaite les contraindre à adopter…Alors que chacun sait que le « MEDEF » européen est le grand bâtisseur de ce « processus de BOLOGNE » comme derrière la loi HADOPI on trouve les industries « culturelles », ou derrière les « lois répressives » les fournisseurs d’armes en tout genre…Sans parler de la guerre en IRAK, justifiée par les difficultés des majors de l’armement, aux USA, à redresser leurs ventes !

    En la circonstance, ces étudiants – qui ne peuvent pas se présenter aux élections : ils n’ont pas 23 ans – « grévistes » ne sont pas « représentés » au Parlement (sinon, la cause des « jeunes » aurait été mieux entendu lors du vote de l’HADOPI), et qui sont comme moi, face à vos collègues, sur l’HADOPI – en face d’un mur du silence – n’ont aucun autre choix, pour se faire entendre, que de « gêner » le pouvoir…Et M. SARKOZY, dans ses propos malheureux, leur a fait comprendre que la « gêne » s’appelait « grève ». Si on ne « voit pas » de grèves en FRANCE…Le « pouvoir » n’écoute pas. Et la preuve ? Dès qu’il y a eu grève…MME PECRESSE a reculé. Preuve que pour être entendu en France, il faut créer un rapport de force. Ce rapport de force ne pouvant se faire que par la grève, dans notre pays, « le pouvoir » restant sourd sinon. Le rejet de l’HADOPI (lors du premier vote) n’a pas été réellement une « surprise » puisque les citoyens ont manifesté leur mécontentement sur la toile…Et cela a été relayé par les médias « traditionnels ». Rapport de force…Là encore.

    « la nécessité d’avoir une Université française qui donne sa chance à chacun, qui prépare les jeunes à l’emploi et à la compréhension du monde qui les entoure. »

    La même « nécessité » a été évoquée par MME ALBANEL pour justifier sa loi HADOPI, que vous savez nuisible à la SOCIETE. Faut dire conclure qu’à vos yeux, tout ce qui vient de « Bruxelles » (et qui, soyons juste, a été approuvé par une majorité chiraquienne : tiens ! Je croyais que M. CHIRAC représentait les erreurs de la « droite » !) est bon par essence ? Quand les internautes disent « non » à l’HADOPI, vous le comprenez, parce que vous avez le même avis…Mais quand ce sont les étudiants qui contestent un processus de BOLOGNE qui leur parait néfaste – et cela dans toute l’Europe – vous vous attendez à ce qu’ils disent « amen » ?

    « Pendant plus de 15 semaines, la majorité des étudiants de La Sorbonne, Toulouse-le Mirail, Lyon-II, Lille-III, n’a pas pu suivre le moindre cours à cause de quelques individus d’extrême gauche qui se disent «étudiants ». »

    Comment pouvez vous dire qu’ils sont « d’extrême gauche » ? Sont ils encartés ? Et diriez vous que par un mécanisme particulièrement bien trouvé, les Espagnols, les Grecs, les Italiens, les Allemands, les Français…Sont tous reliés à l’extrême gauche ? Ce sont là des allégations sans fondement, et qui manifestement – et je le regrette sincèrement – vous font confondre les partis qui tentent (avec plus ou moins de succès) de manipuler un mouvement, et les étudiants grévistes.

    Cela me fait penser aux journalistes, en 2005, qui assimilaient les Français qui souhaitaient voter « non » au TCE…A de dangereux individus, venus de l’extrême gauche, de l’extrême droite ! Pouvez vous sincèrement croire que 55% des Français sont encartés à de tels partis ? Pourquoi auraient ils votés à 53% pour M. SARKOZY dans ce cas ? Ou encore à ce pauvre homme, qui croupit dans nos prisons, sous l’accusation fallacieuse de « terroriste d’extrême gauche » alors que ses soient disants « complices » ont tous été relâchés par la « Justice » ! Un chef de bande, sans bande…D’extrême gauche, mais qui vote UMP ou NC…Et terroriste, sans armes !

    Que M. Besancenot et cie, que le PS et cie, bien sur essayent d’instrumentaliser un mouvement ou un fait d’actualité – ce que font tous les partis, UMP compris – c’est fort probable. Cela ne fait pas de notre jeunesse le soutien de tels partis ! Pas plus que çà n’en fait les soutiens de l’UMP, du NC, ou que sais je encore…On peut aimer la France et la politique, sans être encarté, et défiler – comme le 29 janvier ou le 19 mars – sans adhérer, pour autant, aux thèses socialistes ou du NPA, pourtant venus en nombre, pour tenter (sans réussir) de récupérer électoralement (ou dans les sondages) le mouvement.

    Même pendant la Révolution française, on a toujours eu des « partis » ou des « coteries » qui tentaient de récupérer les protestations d’un Peuple à bout de nerf. Cela a parfois réussi, cela n’a pas toujours réussi. Mais faire des étudiants grévistes des agents de l’extrême gauche, c’est aussi ridicule que de dire que la Révolution française a été le fait du « divorce » entre les Bourbons et les Orléans ! Ou de réduire la protestation contre le CPE, a un mouvement contre M. De Villepin !

    « la loi LRU et les autres réformes ne sont que des prétextes à leur action violente. »

    Pour ceux qui tentent d’instrumentaliser le mouvement, oui. Pourquoi ne pas faire la part des choses. Vous avez dit « non » à l’HADOPI. Est ce à dire que vous êtes contre toute réforme, opposé au Gouvernement, ou encore favorable au piratage, au « statu quo »? Bien sur que non. Nous le savons tous. Alors pourquoi ne pas considérer ces étudiants, nombreux, qui sont contre le processus de BOLOGNE, mais qui ne sont pas contre une éventuelle réforme bien guidée, et qui ne demande qu’une chose : qu’on les écoute ? Comme vous même tentiez de faire comprendre à vos collègues, à l’Assemblée, que le bon sens vaut mieux que l’idéologie, sinon la courtisanerie ?

    « Quel message adressent-ils aux 50% d’étudiants qui échouent en L1, aux 54 % de de titulaires d’un M1 qui mettent plus d’un an à trouver un emploi ? »

    Rien de plus que : le processus de BOLOGNE ne permet pas de résoudre de manière efficace ces problèmes. De la même façon que la loi HADOPI ne résoud rien aux problèmes liés au piratage.

    « encourager ceux qui se complaisent dans le chaos des AG anti-démocratiques et des manifestations violentes. »

    Si les AG sont « anti démocratiques » que fait le Législateur ? Il suffirait que le Législateur inscrive : « lorsqu’une AG est faite, dans une Université, celle ci doit se faire :
    -à bulletin secret (et non à main levée)
    -lorsqu’au moins 51% des étudiants sont présents (et non 51% des votants)
    -et le vote n’est validé que si, et seulement si, l’ensemble des étudiants a été prévu à temps – 24 h à l’avance – que se tenait une AG

    Et comme rien ne vaut l’ex d’en haut…LE PARLEMENT S’ENGAGE A FAIRE DE MEME…Histoire que les lois ne soient pas votées par 10 députés, sinon moins, à des heures indécentes, sans que les députés soient prévenus, et à bulletin secret.

    « Nous ne pouvons accepter que nos universités deviennent des camps d’entraînement pour ces militants qui n’ont que faire du rôle essentiel que jouent nos facs dans la formation et le développement de la pensée de ce pays. »

    Sauf qu’en plusieurs siècles, on a jamais réussi à interdire à un mouvement politique, religieux, etc. De tenter d’instrumentaliser un mouvement…Et que le « pouvoir » adore lui aussi manipuler « l’opinon »…Et qu’il sera donc difficile, sinon impossible, d’y mettre fin ! Les rois de France disposaient de la « censure », de la « question » et pouvaient dissoudre certains « ordres » (style les protestants) cela n’a jamais empêché la France de faire circuler sous le manteau pamphlets et autres, de manifester sa colère, et même de faire régulièrement la Révolution avec un grand R.

    « Nous voulons une Université qui donne sa chance à chacun, qui prépare les jeunes à l’emploi et à la compréhension du monde qui les entoure. »

    Bien. Mais est on certain que le processus de Bologne soit le meilleur outil pour ce faire ? Ce n’est pas l’avis des étudiants ! Ni des universitaires ! Ni des profs ! Et encore moins des syndicats ! (Qui ne sont pas tous « anti réforme » : posons nous la question ? Combien de « lois » votées dans notre chère France se sont révélées utiles au pays ?)

    Quand les taxis gènent la circulation, pour s’opposer aux propositions Atalli, c’est normal, et à droite on ne dit absolument rien sur « l’instrumentalisation » du mouvement par des « ligues » de droite…Mais quand ce sont des étudiants – qui en plus ont la mauvaise idée de ne pas voter souvent aux élections – là, c’est affreux ? Deux poids, deux mesures…Et l’image de la France bloquée par les taxis, n’est pas moins « mauvaise » pourtant, que celle des étudiants défilant dans les rues.

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