Jacques Mesrine était bien un meurtrier… (QE)

M. Christian Vanneste interroge Mme la ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales sur le film « Mesrine » de Jean-François Richet. Robert Broussard, le  » tombeur  » de Mesrine, interrogé dans l’Express, affirme que l’interprétation donnée par le film sur la mort du truand est  » mensongère et partisane sans que cela ne suscite de réactions du côté des pouvoirs publics. Au-delà de ma seule personne, c’est la police dans son ensemble qui est salie. De ce point de vue, nous ne pouvons que regretter le silence radio du ministère de l’intérieur « . Il aimerait donc connaître l’avis du Gouvernement sur ce sujet.

Réponse de Michèle Alliot-Marie, Ministre de l’Intérieur :

Le long métrage évoqué dans la question du parlementaire ne constitue qu’une oeuvre de fiction. Elle a cependant suscité une émotion, compréhensible, parmi certains policiers. Il n’appartient cependant pas à la ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales de porter un jugement sur une oeuvre cinématographique. Pour autant, la ministre tient à rappeler qu’une fiction ne saurait faire oublier que la réalité, tout autre, a été établie, de manière définitive, par la justice. Par un arrêt du 1er décembre 2005, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a confirmé l’ordonnance de non-lieu rendue le 14 octobre 2004 sur les plaintes de parties civiles, contre personne non dénommée, du chef d’assassinat sur la personne de Jacques Mesrine. Il a ainsi été clairement écarté tout « projet de tuer » de la part des forces de sécurité, et établi que celles-ci avaient au contraire « apporté une réponse proportionnée et pertinente face aux menaces imminentes que Jacques Mesrine leur faisait encourir, et face aux risques qu’une telle intervention, sur la voie publique, pouvait présenter pour les passants ». La justice a donc jugé que « les forces de l’ordre [s’étaient] effectivement trouvées au moment des tirs dans les conditions de la légitime défense ». De surcroît, la Cour de cassation, par une décision du 4 octobre 2006, a déclaré irrecevables les pourvois formés contre l’arrêt de la chambre de l’instruction. Il importe également de souligner, s’agissant de M. Robert Broussard, chef de la brigade de recherche et d’intervention de la préfecture de police en novembre 1979, que la ministre, qui attache le plus grand prix à la défense de l’honneur de la police nationale, a eu l’occasion de souligner que cet ancien haut fonctionnaire, qui fut commissaire de police puis préfet, mérite aujourd’hui, comme hier, l’estime et la reconnaissance de tous pour l’action qu’il a conduite afin de mettre un terme aux agissements d’un malfaiteur qui était aussi un meurtrier et, au-delà, pour son engagement exemplaire au service de la police nationale, de l’État et de la sécurité des Français.

Question publiée au JO le : 23/12/2008 page : 11058
Réponse publiée au JO le : 24/02/2009 page : 1865

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3 commentaires

  1. Louis Cypher - 25 février 2009 11 h 58 min

    il serait temps de rétablir le bras armé de la censure : il est intolérable qu’un film ose critiquer les si vaillantes forces nationales. Il est encore plus intolérable que des deniers publics aient servis a financer ce brulot mensonger.

    Je pense qu’un député de formation philosophique serait l’homme idéal de la situation, afin de moraliser ce que l’on appelle si vulgairement le 7e art, mais qui n’a rien d’artisitique quand on voit la médiocrité des réalisations et le peu de sérieux des sujets traités.
    Une commission de personnalités connues pour leur bon sens moral serait à même de ré-éduquer les moeurs de la nation. Comme toute bonne commission qui se respecte, un budget de fonctionnement / salaires / logements / petits fours de 100 000 000 euros me parait tout a fait raisonnable.

    J’ai juste, là ?

    Un point malgré tout intéressant dans cette non-intervention : « la ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales ».
    Oui, vous avez bien lu, il y a un ministre de l’outre mer en france ! Muet, certes, transparent, je vous l’accorde, mais il y en a un !

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  2. Christian Vanneste - 25 février 2009 13 h 06 min

    Je vous rappelle que MAM a devant les parlementaires à l’AN et au Sénat pris plusieurs fois la parole…

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  3. Louis Cypher - 25 février 2009 14 h 29 min

    Ah ben c’est gentil de prévenir, tiens ! Maaadaaaammme le ministre daigne parler devant 500 personnes, la parole de maaadaaamme le ministre est trop précieuse pour la lacher devant la miserable et misereuse population de la bas. Maaadaaaaame la ministre a parfaitement raison d’envoyer un sous-fifre parisien pour ces sous-citoyens : une poignée de ces gens la ne vaut pas la peine que maaadaaaame la ministre se charge elle meme du dossier, maaadaaaaaaame la ministre a mieux a faire.
    Mes hommages respecteux a maaadaaaame la ministre, qui gere si magnifiquement et efficacement cette crisounette qui ne vaut pas un frémissement de déplacement ministériel (les symboles, ca a de l’importance, des fois : ca s’appelle le respect. )

    PS : il faudra alors préciser aux médias étrangers qu’il existe un ministre de l’outre mer : mr jego est présenté tour a tour comme ministre des affaires étrangères (ca m’a bien fait rire, et ca m’a rappellé douste blazy, tiens !), ministre des territoires (ouh, l’imposteur !), envoyé spécial du président (ca, pour etre spécial, il l’est !), et, quelques fois, secrétaire d’etat. Ca fait un peu brouillon, non ?

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