Je suis noir et je n’aime pas le manioc…

Hier après-midi, réunion de la Mission d’information sur les Questions mémorielles. Les parlementaires auditionnaient le Ministre de l’Education, Xavier DARCOS. Celui-ci a pris position, suivant en cela plusieurs historiens et « intellectuels », pour que le Parlement se saisisse des Lois mémorielles. Ainis, «est-ce qu’il ne faudrait pas qu’une bonne fois pour toutes ce que nous considérons comme devant être enseigné aux élèves soit prescrit par la représentation nationale ?», s’est interrogé Xavier Darcos, dans une allocution très écoutée.

Je ne peux que me féliciter de cette prise de position, néanmoins je ne peux m’empêcher de constater une certaine incohérence du Gouvernement sur ces questions de Mémoire et d’Histoire. En effet, celui-ci subit les vents dominants de ceux qui dominent la communication : les journalistes, les historiens…

Le problème est que ce vent souffle dans tous les sens au gré des modes intellectuelles et des revendications victimaires de communautés plus ou moins fantasmées. Hélas !

En défendant l’amendement qui a conduit à la rédaction de l’article 4 de la loi de février 2005 sur les Rapatriés, j’avais tenu à ce que soit enseignée la place éminente des troupes issues de l’Outre-Mer dans la Libération de notre pays. Dois-je rappeler que cet article voté à quatre reprises par le Parlement (et par des parlementaires de gauche…) a été jeté dans un cul-de-basse-fosse par le Conseil constitutionnel sur ordre d’un précédent Président de la République mais que penser alors de la venue à Reims, le week-end prochain, du Secrétaire d’Etat en charge des Anciens combattants, Jean-Marie BOCKEL, afin de commémorer la « force noire » et qui n’a pas manqué de faire allusion à son collègue Rama YADE à cette occasion.

Il est pour le moins consternant de voir que l’on promeut aujoud’hui ce que l’on a condamné hier… Il est tragique que ce changement d’attitude corresponde en fait à une complète inversion de l’intention.

Dans l’article 4, je songeais à rendre positif les services réciproques que s’étaient rendus notre pays et les populations d’Outre-mer. Je crains qu’aujoud’hui on ne songe avant tout à battre une nouvelle fois notre coulpe sur notre ingratitude.

En insistant sur le terme « force noire », on reconnaît bien sûr le rôle joué par ceux que l’on appelait alors les tirailleurs sénégalais mais c’est oublier par exemple les troupes issues d’Afrique du Nord, le goumier marocain, les tirailleurs algériens et tunisiens, bref, ceux qui participèrent d’une manière héroique à la victoire de Monte-Cassino.

Je m’associe pleinement à cet hommage que j’avais souhaité mais je crains qu’il n’y ait en filigrane de celui-ci que le désir plus ou moins avoué de reconnaître une prétendue communauté noire, celle qui correspondrait peu ou prou aux revendications du CRAN.

Je m’inscris personnellement à ce point de vue dans la pensée de Gaston KELMAN.

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3 commentaires

  1. LOOSVELD - 30 octobre 2008 0 h 05 min

    Le complot qui aboutit le 16 juin 1940 à la demande d’armistice n’est pas enseigné aux terminales; le sens d’un serment de fidélité à Pétain non plus.

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  2. Joan Antoni Estades de Moncaire - 1 novembre 2008 0 h 13 min

    Je pense qu’il n’y a rien a ajouter à ce commentaire de Loosveld.
    Honneurs à ceux qui blancs ou noirs ont donné leur vie pour la France ! Paix aux trèpassés.

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  3. Gaston KELMAN - 29 décembre 2008 11 h 09 min

    Bonjour Monsieur Vaneste et meilleurs voeux à vous, à votre famille (notamment votre fils qui nous a mis en contatct) et à tous vos administrés, en sachant que je suis toujours à votre disposition.

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