Benoît XVI reçu par Nicolas Sarkozy à l’Elysée

La vie d’un parlementaire est faite de hauts et de bas.

Visite de Benoît XVI à Paris

Commençons par le haut. Ce fut un grand bonheur que d’assister ce midi à la réception donnée en l’honneur de Sa Sainteté Benoît XVI, au palais de l’Elysée, par Nicolas Sarkozy.

D’abord, parce qu’il n’est pas inutile de souligner que la France est bien historiquement « la fille aînée de l’Eglise » et qu’à ce titre, il est toujours réducteur de la faire naître à la fin du XVIIIème siècle voire au début du XXème… C’est d’ailleurs le message qui fut apporté ce matin par le Pape et par le Président de la République.

Celui-ci a prononcé un discours qui m’a totalement satisfait. Il en avait retiré la maladresse sur la comparaison entre l’instituteur et le curé, mais il a rappelé un certain nombre de principes auxquels j’adhère : l’idée d’une laïcité positive qui, au lieu de diviser, rassemble et qui est la véritable expression de la tolérance. Ensuite, le fait que les références religieuses, loin de diminuer la force d’une politique, peuvent lui donner un supplément d’âme. Il a cité à ce propos la Doctrine sociale de l’Église, et rappelé que la société ne peut se réduire « à consommer pour consommer » ou « à croître pour croître ». Il n’y a pas de politique qui vaille sans morale ni dimension spirituelle, parce que les moyens ne valent que par les fins qui les inspirent. C’est dans ce cadre qu’il a évoqué avec beaucoup de justesse les problèmes que pose le progrès des sciences aux responsables politiques, notamment en matière de bioéthique. Enfin, et cela m’a touché tout particulièrement, il a exalté le dialogue entre les religions et le respect mutuel et pris pour exemple de ces attitudes celui qui avait tant aimé l’Algérie jusqu’à en mourir : le Père Christian de Chergé, supérieur des moines de Tibéhirine.

La réponse du Saint-Père, dans un français parfait, a été, comme à son habitude, d’une haute tenue. Je suis toujours frappé par la douceur avec laquelle Benoît XVI exprime des idées extraordinairement fortes. Je retiendrai essentiellement de son propos l’inquiétude qu’il a manifestée à propos des jeunes. Et l’absence d’orientation et de repère dans une société où s’effacent les solidarités familiales a accentué « la fragilité » de la jeunesse. C’est effectivement sans doute l’engagement commun prioritaire des politiques et des religieux que de répondre à cette angoisse et à cette absence, et d’empêcher que cette réponse ne soit apportée de façon illusoire par les replis communautaires. La mise en garde du Pape à l’égard de cette illusion montre combien celui-ci est un homme d’ouverture contrairement à ce que laissent entendre certains… Il suffirait de rappeler deux éléments de son discours, le premier qui consistait à se féliciter de la laïcité positive qui remplace la méfiance réciproque par la sérénité du dialogue, et en second lieu la place qu’il a donnée à la construction européenne dans l’amélioration du monde.

Procès Vanneste c/ Delanoë

La politique, c’est aussi des bas… J’étais hier devant la 17ème chambre correctionnelle du TGI de Paris à la suite de ma plainte contre Monsieur Delanoë qui n’avait pas hésité à me traiter de »délinquant ». Je persiste à penser qu’il est indigne d’un homme politique de confondre comme il l’a fait le délit de droit commun, comme le vol, avec un délit d’opinion qui ne devrait avoir aucune place dans une démocratie, et qui anéantit celle-ci lorsque ce délit interdit à un député, c’est-à-dire à un législateur, de se prononcer sur une loi. L’aberration juridique dans laquelle je me trouve m’empêche d’exprimer des idées qui sont pourtant nécessaires à l’élaboration de lois qui pourraient nous être proposées sur des sujets comme « le mariage homosexuel ». En revanche, n’importe qui, une association ou un autre homme politique qui n’est même plus parlementaire, peut m’insulter, ou plus exactement me diffamer, puisque tant que la Cour de Cassation ne se sera pas prononcée, l’incroyable condamnation dont je suis victime ne sera en aucun cas définitive. Cela n’a pas empêché le parquet de prendre partie contre moi. Que le garant de l’Ordre public puisse à ce point renverser la hiérarchie des normes sur laquelle repose cet ordre public est consternant ! Quant à la manière dont cette absurdité a été exprimée, elle ne peut qu’inquiéter sur le niveau de la formation des magistrats et sur leur capacité à exercer des missions qui manifestement les dépassent. L’habitude entraîne d’ailleurs chez moi une sorte de fatalisme qui se dispute à l’amusement. Outreau ne m’étonne plus…

Conclusion…

A écouter le discours du Saint-Père, je me rassure en me disant que je partage ses références éthiques, qui sont, Dieu merci !, d’une autre exigence intellectuelle et morale que celle qui a inspiré les propos de mes adversaires au TGI de Paris.

NB : Je suis invité dimanche soir, en direct, dans l’émission de Serge Moati, Ripostes, à compter de 17h45, sur France 5.

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1 commentaire

  1. LOOSVELD - 13 septembre 2008 18 h 48 min

    Léonce DEPREZ s’adressait aux étudiants de l’IEJ en février 2008:  » Le juge (Fabrice BURGAUD) qui était assis en commission d’enquête parlementaire, CROYEZ-MOI C’ETAIT UN GAMIN ! […]Combien d’autres affaires mal instruites ? Des scandales comme Outreau sommeillent par centaine dans les tribunaux  »

    La Common Law réserve aux barrister dont l’expérience et la qualité ont été démontrées le right of jurisdiction.

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