Les fonds souverains : péril pour notre souveraîneté ?

Pendant vingt cinq ans, les propositions de la gauche en matière économique ont eu des conséquences désastreuses, affaiblissant systématiquement notre pays et l’exposant à des risques toujours plus importants.

La gauche nous a en effet affaibli en renchérissant le coût du travail et en privilégiant les retraites anticipées, là où la démographie de notre pays réclamait au contraire un allongement de la durée de cotisation. En diminuant le temps de travail alors qu’il a augmenté partout ailleurs, elle nous a placés dans une situation économique nous exposant à une concurrence favorisée.

La gauche a par ailleurs empêché le développement de fonds de pension pour financer au moins partiellement nos retraites, ce qui nous a mis en situation de faiblesse par rapport aux fonds de pension étrangers ou des fonds souverains a qui nous avons, de fait, offert sur un plateau la possibilité de peser sur notre économie.

Alors que la crise du « subprime » est encore sur toutes les lèvres, un risque autrement plus grave est donc celui des intentions à moyen et long terme des fonds souverains concernant nos pays occidentaux et du danger potentiel que ces fonds représentent.

Les fonds souverains, ces fonds d’investissements mis en place par des Etats souverains pour gérer l’épargne nationale, permettent aux gouvernements qui les ont créés d’investir un surplus de richesse pour garantir un revenu futur. L’épargne nationale dégagée provient, selon les cas, soit de la rente pétrolière et gazière, comme dans le Golfe persique et en Russie, soit de réserves de changes accumulées par des pays, comme la Chine.

Abu Dhabi possède le plus important fonds souverain, d’un montant d’environ 625 milliards de dollars, on estime le fonds souverain russe à 128 milliards, le fonds koweïtien à 213 milliards de dollars, le fonds chinois à 200 milliards, une somme qui pourrait croître rapidement, car le montant total des réserves chinoises est astronomique (1.400 milliards de dollars). En 1990 les fonds souverains détenaient probablement 500 milliards de dollars tout au plus ; il sont actuellement estimés à 2 500 ou 3 000 milliards de dollars et, compte tenu de l’évolution probable des comptes courants de ces pays, ils pourraient atteindre 10 000 milliards de dollars d’ici à 2012 .

Ces chiffres donnent le vertige et posent une question grave pour l’économie mondiale car ces fonds, gérés par des Etats pourraient être utilisés à des fins géopolitiques et non commerciales. Une défiance d’autant plus justifiée que la majorité de ces fonds souverains appartiennent à des états loin d’être des modèles en terme de démocratie !

Aujourd’hui ces fonds agissent dans l’opacité la plus totale, à l’exception peut être de la Norvège, ne divulguant pas le montant exact de leurs ressources et encore moins les actifs dans lesquels ils investissent. Il est dans ce contexte très difficile de prédire les intentions de ces fonds dont les intérêts ne correspondant pas toujours à ceux de l’Occident.

Chercheront-ils uniquement la rentabilité maximale de leurs investissements ou poursuivront-ils aussi des objectifs politiques moins avouables, en prenant le contrôle d’entreprises occidentales pour avoir accès à telle ou telle technologie ou en menant une nouvelle forme de guerre économique en investissant tous nos secteurs stratégiques ?

De telles actions entraîneraient des conséquences dévastatrices pour nos économies occidentales. Jacques Lesourne a affirmé qu’à une certaine époque, la France s’apparentait à une URSS qui avait réussi. Cette riche démocratie disposait en effet d’un secteur public fort, avec des dépenses publiques importantes et de forts taux de prélèvements obligatoires. Aujourd’hui cette triple originalité s’est retournée contre nous.

Aujourd’hui, l’enjeu majeur est de permettre à la France de retrouver la maîtrise de son économie et donc son indépendance dans un environnement très concurrentiel. La richesse c’est le travail ; le travail c’est l’emploi et durant vingt cinq ans la gauche n’a eu de cesse d’affaiblir le pays en faisant passer toujours plus de français dans la situation de travailler à celle d’assisté.

La visite de Nicolas Sarkozy en Chine, pays exportateur et qui contrôle des fonds souverains gigantesques, est à cet égard un double symbole : celui de la situation nouvelle de notre économie et de la volonté du Président de redresser le pays, en le rendant plus compétitif et plus attractif.

3 commentaires

  1. Charly - 29 novembre 2007 12 h 42 min

    Très bonne analyse Monsieur le député.Il est en effet étonnant que nos media et nos hommes politiques ne parlent jamais de ce problème. C’est évidement un énorme souci pour notre souveraîneté.

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  2. Lea - 29 novembre 2007 20 h 37 min

    Honnêtement, critiquer les fonds souverains c’est une chose. Mais alors donner des conseils sur leur utilisation géopolitique… Je trouve que la France n’est pas juste un modèle de transparence. Un exemple ? Les contreparties négociées avec la Libye ne sont pas connues par l’opinion publique non plus de façon sincère et transparente. Quant aux fonds de pension, imaginez si une crise boursière comparable à celle sur les crédits immobiliers se produisait dans ce domaine : des milliers futurs retraités y perdraient gros dans l’affaire. Notre système de retraites par répartition me paraît quand même bien plus sûr.

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  3. Barbara - 1 décembre 2007 8 h 49 min

    D’accord avec vous Léa, le système par répartition est à conserver car il met à l’abri des aléas économiques. Il me semble que l’on a oublié un peu trop vite ces milliers de retraités américains qui ont du retourner travailler à 70 ans car ils n’avaient plus rien.

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